Depuis
quelques semaines, les exemples de disfonctionnements de la libéralisation de
ce qui devrait être des services publics se multiplient, avec
notamment le scandale de l’écotaxe. Pourtant, pas grand monde ne semble
tirer des leçons de ces innombrables fiascos consécutifs au recul de l’Etat.
Cinq
exemples et une leçon
Le dernier
exemple est l’ubuesque
partenariat public-privé pour la collecte de l’écotaxe, sur
lequel la justice vient d’ouvrir une enquête. Alors que l’Etat consacre 1%
des recettes fiscales à la collecte des impôts, dans ce cas, le contrat signé
par l’équipe Sarkozy était de plus de 20% ! Il est difficile de ne pas y
voir une
rente indue pour l’entreprise EcoMouv, largement détenue par des capitaux
étrangers. Idem pour l’optique, sortie largement de la sphère publique. Malgré
une concurrence entre les lunettiers et les mutuelles, leur
intérêt collectif bien compris a permis une envolée des prix dans notre pays,
démontrant que marché ne rime pas forcément avec baisse des prix et efficacité,
mais parfois plus avec rente…
Il en va de
même avec le système de santé étasunien et la
mise en place très cahotique de l’Obamacare, preuve que la sous-traitance
au privé n’a fait que produire un système complexe et dysfonctionnel. On
retrouve le même scénario dans le secteur énergétique, dont la gestion est
devenue extraordinairement complexe du fait de la libéralisation de la
distribution, qui impose des contrats byzantins avec les anciens services
publics, mais aussi des objectifs environnementaux, qui ont abouti à une
explosion de subventions publiques pour les énergies renouvelables et une
envolée des prix.
On pourrait
également évoquer le cas des universités étasuniennes, auxquelles
The Economist a consacré de nombreux
dossiers démontrant que l’envolée
des frais de scolarité est totalement délirante (cinq fois plus que
l’inflation depuis 35 ans). Il est tout de même assez piquant de constater que
le privé peut aboutir à une envolée des frais administratifs. En
1976, on comptait deux professeurs pour un administratif. Aujourd’hui, le
rapport est d’un pour un. Pire, dans le même temps, les professeurs et les
étudiants travaillent de moins en moins ! A côté, nos universités seraient
presque exemplaires !
Quand
privatisation égale complexité, rente et gaspillage

