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vendredi 9 janvier 2015

Euro moins cher et conséquences





Le cours d’une monnaie pour les nuls

Dans le zoom éco d’Europe 1, Axel de Tarlé s’est lancé dans un décryptage effarant de qui profiterait de la baisse de l’euro. Dans son monde, les entreprises (exportatrices) seraient les gagnantes : on dit qu’Airbus gagne 1 milliard pour une baisse de 10 cents de l’euro. En revanche, les ménages y perdraient puisque ce que nous importons serait 15% plus cher, Axel de Tarlé évoquant les téléphones et le pétrole, tout comme le tourisme aux Etats-Unis. Dans sa bulle, il confond les classes moyennes avec les quelques pourcents de la population qui peuvent voyager outre-Atlantique. Et ses exemples sont bien mal choisis puisque le prix de l’essence baisse et que le prix des téléphones est stable…

C’est ainsi qu’il fait un parallèle ridicule avec les mesures du gouvernement en disant que la baisse de l’euro revient à prendre aux ménages pour donner aux entreprises. D’abord, il oublie que la la majorité de nos importations viennent de la zone euro, où rien ne change. Puis que le pétrole représente un quart du reste et voit son prix baisser. Bref, l’impact de la baisse de l’euro concerne à peine 7 à 8% de la consommation. Ensuite quand nos entreprises vendent plus, elles embauchent plus et peuvent payer un petit peu plus. Bref, les ménages perdent bien moins que suggéré et gagnent aussi, contrairement à ce qu’Axel de Tarlé dit en récitant le catéchisme de soutien à une monnaie chère.

Les conséquences de l’euro moins cher

samedi 27 décembre 2014

La chute de l’euro et du pétrole au secours de la croissance ?


Bien sûr, la politique menée par le gouvernement le mène dans une impasse, illustrée par le nouveau record du chômage en novembre. Néanmoins, la croissance aux Etats-Unis, la hausse du dollar et la forte chute du prix du pétrole pourraient apporter un léger regain de croissance en 2015.



2014 depuis le rétroviseur


Il faut bien reconnaître que nous nous situons dans le bas de la fourchette puisque les dernières prévisions font état d’une croissance de 0,4% pour l’année en cours en France. On peut penser que le ralentissement des pays émergents et un rebond mécanique plus limité peuvent expliquer le léger écart. Mais globalement, j’ai l’impression de ne pas avoir trop à rougir de ces prévisions qui avaient souvent déclenché des débats passionnés. C’est d’ailleurs sur ce rebond mécanique que François Hollande parie pour essayer de sauver son mandat et pouvoir se représenter dans des circonstances plus favorables en 2017 et ne pas être balayé même si depuis quelques mois, cette stratégie semble très aléatoire.

Vents plus favorables ?

dimanche 16 novembre 2014

Hausse du dollar et conséquences


Depuis quelques années, le dollar reprend des couleurs, après avoir atteint un point bas peu après la crise. La relative bonne forme économique des Etats-Unis, la fin du programme d’assouplissement quantitatif de la Fed et la baisse du pétrole accélèrent une hausse qui n’est pas anecdotique.



Un mouvement structurel

La hausse du dollar devrait sans doute se poursuivre. En effet, de puissants facteurs l’expliquent. D’abord, la fin du programme de rachat d’actifs de la banque centrale étasunienne alors même que la BCE et la Banque du Japon semblent vouloir accélérer le leur, va limiter la croissance de l’offre de dollar alors même que l’offre d’euro et de yen va augmenter, poussant à la hausse le prix du premier. Et, même si elle n’est pas sans grandes limites, la croissance semble solide outre-Atlantique, alors que l’Europe n’échappe pas à sa torpeur et que les pays émergents semblent moins prometteurs. Du coup, les investisseurs sont attirés par les placements en dollar.



Bien sûr, on pourra répliquer que cela est contradictoire avec la persistance du déficit commercial de Washington. Mais d’abord, il est moins important qu’il y a quelques années, du fait, entre autres, de l’exploitation des gaz et pétrole de schistes, qui a eu aussi pour effet de diminuer le coût de l’énergie et donc attirer des industries fortement consommatrices. Certes, il est vrai que cela pourrait contribuer à augmenter à moyen terme le déficit en poussant les délocalisations, mais les Etats-Unis le tolèrent depuis longtemps, d’autant plus que ce déficit vient en bonne partie de l’achat de produits fabriqués à l’étranger par des entreprises étasuniennes, ce qui fait relativiser.

Les conséquences d’un dollar plus cher

mercredi 30 juillet 2014

Un pas vers la fin de l’hégémonie du dollar ?

C’est un évènement passé un peu inaperçu, mais qui représente pourtant potentiellement une avancée majeure dans la remise en cause de la suprématie monétaire étasunienne : la Chine, l’Inde, le Brésil et la Russie ont monté une banque concurrente du FMI dotée de 100 milliards de dollars.

 

Une remise en cause de l’impérialisme étasunien

« Le dollar, c’est notre monnaie mais c’est votre problème » : c’est par cette phrase que le secrétaire d’Etat au Trésor de Richard Nixon, John Connally aurait accueilli une délégation européenne inquiète des fluctuations du dollar depuis que l’administration étasunienne avait décidé de le laisser flotter. Il faut dire que, comme le rapporte Michel Aglietta dans la Tribune, le statut du billet vert est ambigu : à la fois monnaie d’un pays mais aussi principale monnaie des échanges internationaux, capitaux comme biens. Keynes avait promu une autre organisation (avec le bancor) au sortir de la guerre, mais Washington n’était guère partageur et avait préféré capitaliser sur sa domination du moment pour pousser à la mise en place d’un système monétaire à son avantage.

La réforme du Système Monétaire International est un serpent de mer depuis les évènements du début des années 1970. L’euro a logiquement échoué dans sa remise en cause du dollar comme la monnaie des échanges internationaux. Les Etats-Unis bloquent toute réforme du FMI qui remettrait en cause leur suprématie (donnant de facto un droit de regard à Washington sur tout plan du FMI). Mais l’absence de prise en compte du poids grandissant des pays émergents (les BRICS cumulent 10% des droits de vote pour 24% du PIB) a fini par les pousser à créer cette Nouvelle Banque de Développement, dotée de 100 milliards de dollars, basée en Chine et présidée par un Indien, une décision qui pourrait préfigurer un nouvel ordre monétaire.

Vers un nouvel ordre monétaire


samedi 5 janvier 2013

Comment remettre de l’ordre dans la finance ?


Après avoir étudié les raisons qui justifient une réforme de la finance, puis les principes de cette réforme et enfin le contenu qu’elle pourrait prendre, il est essentiel de se poser la question de comment mener cette réforme. Est-il possible de la mettre en place en France seulement ? Faut-il passer par l’Europe ? Quelles sont les mesures essentielles pour la rendre possible ?

Première étape : la démondialisation financière

La première condition à toute réforme est de sortir du système financier mondialisé car il est illusoire de vouloir changer les règles qui régissent le système financier en restant intégré au système actuel. Comme je l’avais précisé dans le papier sur les principes d’une telle réforme, il convient de re-compartimenter la cale mondiale avec des cloisons étanches. Cela suppose donc un retour au contrôle des changes car l’anarchie dans les mouvements de capitaux est un puissant obstacle à la réforme. Si la France mettait en place les réformes vues hier en conservant la liberté de circulation des capitaux, les capitaux fuiraient hors de France (c’est ce qui a fait échoué la taxe Tobin en Suède).

C’est d’ailleurs ce qu’ils font largement aujourd’hui en Europe où Londres, la Suisse ou le Luxembourg attirent une grosse partie des capitaux français, allemands, italiens ou espagnols en recherche d’une fiscalité plus clémente, agissant comme des parasites fiscaux, comme l’explique The Economist. Mieux, la liberté de circulation des capitaux est gravée dans le marbre des traités non seulement pour l’UE, mais aussi à l’extérieur et ne peut être réformée qu’à l’unanimité de ses membres, formant un verrou extrêmement solide pour imposer définitivement la mondialisation financière.

Pourtant, la crise de 2008 démontre l’intérêt d’instaurer des cloisons étanches entre les marchés financiers. Si nous étions moins connectés avec les Etats-Unis, alors nous aurions été protégés de la crise des subprimes. Car ce que les partisans d’une mondialisation anarchique oublient de dire, c’est que quand on mondialise, on mondialise aussi les crises. Et les pays moins intégrés aux marchés financiers internationaux (comme la Chine) se sont en partie protégés de la crise. Mieux vaut donc conserver des marchés financiers beaucoup plus indépendants les uns des autres.

L’Europe : obstacle ou aide ?