Après avoir
étudié en quoi les constats de
François Lenglet sont étonnamment proches de ceux des milieux alternatifs sur
l’analyse de la crise financière, de celle de la zone euro et de son
traitement et ses
critiques sur la monnaie unique, il faut bien souligner quelques points de
désaccord.
Sur
l’Europe, il reste au bord du Rubicon
C’est tout
le paradoxe de ce livre, comme celui de
Paul Krugman : il développe longuement ses arguments contre la
monnaie unique et sur les problèmes qu’elle a créés mais finit malgré tout par
conclure en plaidant pour plus d’intégration européenne. L’argumentation, très
courte, est à la limite de l’indigence. Il soutient ainsi que l’euro nous
apporterait une augmentation des échanges commerciaux, une solidité financière
et monétaire et nous permettrait de peser plus dans le monde. Le premier
argument est contestable puisque le taux d’intégration du commerce européen n’a
pas vraiment progressé depuis la monnaie unique. L’évocation d’une plus grande
solidité financière et monétaire semble une blague au regard des
trois dernières années. Enfin, sur le fait de peser davantage, cela
fait des décennies qu’on évoque cette tarte à la crème théorique sans pouvoir
en faire la moindre démonstration sur un quelconque sujet.
S’il admet
que l’euro est trop cher pour nous, il affirme que l’euro apporte à la France
des taux d’intérêts faibles. Mais un regard outre-manche permet de contester
cet argument puisqu’avec un
déficit deux fois plus important, Londres emprunte au même taux que nous…
Ses arguments pour dénoncer les exemples avancés par les opposants à la monnaie
unique sont tout aussi fragiles. Il critique la monétisation
de la Grande-Bretagne, des Etats-Unis et du Japon en évoquant l’inflation
et une nouvelle bulle. Mais l’inflation n’a pas dérapé dans un seul de ces
pays, malgré des
programmes de monétisation massifs. Mieux, l’absence de monétisation
ne garantit pas d’éviter les bulles, comme on l’a vu avant 2008… Il affirme que
les cas suédois et danois (hors de l’euro, et qui ne semblent pas s’en
plaindre) ne sont pas représentatifs car ces pays sont compétitifs, bien gérés,
petits et avec un marché du travail flexible.
Un
problème de monnaie et de compétitivité

