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samedi 26 août 2017

Natacha Polony décrypte les racines de Charlie

Dans « Nous sommes la France », Natacha Polony se fait procureur. Mais ce livre va bien au-delà et propose une analyse essentielle des raisons qui font que nos sociétés produisent de telles horreurs, refusant l’angélisme des uns et les dérives xénophobes des autres : une analyse qu’il faut avoir lu !


Le vide de nos sociétés, rempli par le djihadisme ?

dimanche 13 novembre 2016

Un an après




Et je pense aussi que les débats que nous avons démontrent la vitalité de notre démocratie. Si je persiste à penser que « Je suis Charlie », merci à Sapir et Berruyer d’avoir fait entendre un autre son de cloche, sans les dérives auxquels certains ont pu céder. La démocratie, c’est aussi le pluralisme, et savoir le rester, même dans ces moments, est sans doute la meilleure réponse à apporter aux terroristes, pour démontrer qu’ils ne nous changeront pas. Merci à Emmanuel Todd pour son livre sur le sujet, (chroniqué en plusieurs parties, un, deux, trois, quatre et cinq), qui stimule notre pensée. En ce jour hommage, pensons aux victimes, mais aussi à cette belle idée qui nous unit, la France, nos valeurs et comment faire pour continuer à les défendre, et les renforcer.

vendredi 25 décembre 2015

Todd et Charlie (1ère partie) : de l’hystérie, du blasphème et de l’islamophobie

Au printemps dernier, Emmanuel Todd a secoué le débat politique avec son livre « Qui est Charlie ? », bien chroniqué par Coralie Delaume ou Edgar, du blog La lettre volée. Après les attentats de novembre, il n’est pas inutile de se replonger dans ses analyses, foisonnantes, parfois passionnantes, mais aussi d’autres fois extrêmement biaisées et dans l’erreur, notamment sur le centre de sa thèse.



Curieuse vision des manifestations

Pour le manifestant que j’ai été, parler « d’accès d’hystérie (…) comment dire que la mobilisation de masse, loin d’être ‘admirable’, révélait un manque de sang-froid et, pour tout dire, de dignitié dans l’épreuve » me semble incroyable, pour ne pas dire plus. Que pouvait-il donc y avoir d’hystérique dans cette manifestation sobre, recueillie et fraternelle ? Je n’arrive pas à me souvenir de la moindre trace d’hystérie dans ce qui était un bel hommage pour les victimes, mais aussi pour nos valeurs dans une défense de la liberté d’expression nécessaire à toute démocratie. C’était au contraire un moment de large rassemblement des Français, autour de la Marseillaise, par-delà les clivages, même si l’exclusion du FN était une faute (corrigée en novembre). Il parle aussi de « foules, convoquées par le gouvernement, qui défilaient à travers toute la France », sans doute une extrapolation abusive des motivations des manifestants.

D’ailleurs, Todd tempère son propos en notant que la plupart des manifestants « justifiaient leur présence par leur attachement général à la liberté d’expression et défendaient un idéal de tolérance ». Puis il dit que « beaucoup ont vécu le ‘Je suis Charlie’ comme un épisode d’aliénation par la pensée d’autrui » (comme sur le blog d’Olivier Berruyer), je persiste à penser que la grande majorité des Français l’ont vécu au contraire comme un moment de communion nationale. Enfin, il va quand même très loin quand il fait un lien entre les manifestations et Zemmour, Houellebecq ou la « Manif pour tous », comme si tous les manifestants étaient favorables à leurs vues. Je suis un exemple que ce n’était pas le cas et personnellement, j’ai l’impression que c’était même plutôt l’inverse qui était le cas en janvier.

De l’islam et de l’islamophobie

samedi 28 novembre 2015

La Belgique, dure avec Dieudonné, tendre avec les djihadistes ?




Laisser faire les islamistes radicalisés

Il faut reconnaître qu’il semble que les révélations du rôle joué par le pays dans l’organisation des attentats ont provoqué une remise en question, illustrée par les trois reportages diffusés cette semaine sur la RTBF, un sur le parcours de deux terroristes, un autre sur la tristement célèbre ville de Molenbeek, puis un autre sur les parents de djihadistes belges. D’ailleurs, la presse internationale a accordé une forte attention à la situation de ce pays, au cœur de l’Union Européenne, comme le rappelle Courrier International. Le journal se demande même si le pays n’est pas « devenu un sanctuaire » rappelant que le phénomène est ancien et que l’on trouve des premiers signes il y a 20 ans. Pire, la presse espagnole souligne qu’un organisateur des attentats de Madrid en 2004, avait séjourné à Molenbeek.

Même si elles ne justifient en aucun cas les actes barbares des terrorstes, on évoque beaucoup de facteurs qui ont créé un terreau propice au développement de ces mauvaises herbes empoisonnés : ghettoïsation, chômage, communautarisme sans doute d’autant plus exacerbé que le pays vascille, ce qui est peu propice à un sentiment national fort. Ensuite, la suppression des frontières place la Belgique dans une position très stratégique puisque le pays peut être traversé en peu de temps, et il est possible de passer rapidement de pays en pays pour brouiller les pistes, tout en étant proche de grands pays. Il faut aussi se poser la question des islamistes radicalisés, de ce qu’on laisse faire et qui les pousse dans ce sens, et de ce qu’il faut faire pour en protéger la population, sans tomber dans l’excès.

Mais emprisonner un antisémite ?

jeudi 26 novembre 2015

Valls fait toujours du Sarkozy

Depuis qu’il s’est installé place Beauvau, il n’est pas difficile de voir à quel point Manuel Valls s’inspire de celui qui l’a précédé de 2002 à 2007, étant donné que cela lui a servi de tremplin pour l’Elysée. Et même à Matignon, il continue à faire du Sarkozy, comme le révèle les derniers jours.



Bonnet blanc et blanc bonnet

Pour qui a regardé l’interview donnée par Manuel Valls au Petit Journal, il est difficile de ne pas imaginer le président des Républicains tenir peu ou prou les mêmes propos que le chef de la majorité. D’abord, il y a le ton, martial, sévère, même si on peut penser que c’est un peu surjoué et que les ficelles communiquantes ne sont pas toujours très discrètes. Puis, il y a le volontarisme affiché, les mesures annoncées et défendues, les promesses faites : toute une panoplie soigneusement étudiée, veillant à répondre aux horreurs d’il y a quelques jours et au besoin de réponses des Français. Ce faisant, le gouvernement a largement repris les propositions de l’opposition, dont la ligne de différenciation ne semble plus tenir qu’au reproche de ne pas avoir pris ces mesures après les attentats de janvier.


Le sens de cette convergence

dimanche 22 novembre 2015

Après l’horreur, les ombres

Mercredi, j’ai voulu souligner les motifs d’espoir qui apparaissent sous les décombres des attentats. Bien sûr, une part d’optimisme peut l’expliquer, mais j’ai la conviction profonde que ces horreurs peuvent finalement créer, malgré elles, des réactions positives et je pense qu’elles sont plus nombreuses que les réactions négatives que je vais étudier ici, même si elles ne sont pas négligeables.



Concours Lépine néocon

Il n’est pas anormal qu’après de tels attentats, la société dans son ensemble pousse à des propositions très sécuritaires, au point de remettre en cause certaines libertés. D’ailleurs, c’est ce qui ressortait d’un sondage du Figaro opposant libertés individuelles et sécurité, et au sujet desquelles les Français se déclarent prêts à faire des compromis sur les premières au nom de la seconde. Bien sûr, il ne s’agit que d’un sondage, où le choix de la question joue un rôle dans les résultats, et le moment choisi pour le faire est sans doute le plus favorable à une telle conclusion. Et cela va influencer les décisions prises, souvent assez rapidement après les attentats du 13 novembre. Depuis vendredi, nous avons assisté à un véritable concours de propositions, dont le sommet a été atteint lors de la consultation des partis.

D’ailleurs, la majorité ne s’est pas privée pour piocher dans les idées des autres partis, dépouillant presque la droite de l’argument sécuritaire, au point que Sarkozy se retranche derrière l’argument de la perte de temps, quand Juppé égratigne sa réduction des effectifs de la police. Si certaines idées sont intéressantes, d’autres semblent sorties de l’arsenal mis en place aux Etats-Unis après le 11 septembre. Laurent Wauquiez détient le ponpon avec ses centres de détention pour les fichés « S », dix mille personnes à enfermer sans qu’ils aient commis le moindre délit, au mépris des règles du droit, mais sans torture, cela lui semble acceptable. D’autres évoquent une opération militaire terrestre, oubliant un peu rapidement les résultats de celle d’Irak (dont Daech est sans doute un enfant) ou de Libye.

Compromission démocratique ?

samedi 21 novembre 2015

De l’information à la série-télé-réalité




Quantité et rapidité ou qualité ?

Il faut bien reconnaître que les les dernières années ne facilitent pas le travail des journalistes, entre une activité dont les équilibres économiques ont été bouleversés par l’apparition d’internet, et une accélération incroyable du temps, où les différents médias se livrent à une course permanente à l’information pour être les premiers à diffuser la dernière nouvelle nouvelle, pouvoir buzzer et être ensuite repris. Mais à force de privilégier le buzz, c’est rarement la qualité qui gagne. Depuis quelques jours, nous sommes abreuvés par un déluge de faits ou témoignages plus ou moins intéressants et rarement remises en perspective. Bien sûr, il est sans doute important de se souvenir de cette horreur, mais on peut se demander si nous ne cédons pas un peu à une forme de voyeurisme un peu malsain.

En réalité, les journaux télévisés finissent par ressembler à un croisement improbable entre séries télévisées et télé-réalité. Des premiers, on retrouve le côté spectaculaire, les rebondissements fréquents et montés en épingle pour s’assurer que le téléspectateur continue à regarder, le passage d’un endroit à un autre, parfois sans véritable transition. Des seconds, on retrouve les témoignages de plus en plus fréquents des individus, les reportages sur les proches, la valorisation des réactions individuelles sur les réseaux sociaux. Ce faisant, nous avons perdu les reportages de fond (qui ont le défaut de coûter cher) ou alors les débats plus ou moins contradictoires, où l’on donne véritablement du temps aux différents protagonistes, ce qui est devenu une exception, à part quand on parvient à créer le buzz…

Victoire du fait divers, défaite du collectif

vendredi 20 novembre 2015

Attentats, migrants : ci-gît l’espace Schengen ?

Alors que Nicolas Sarkozy avait caressé l’idée quelques fois, c’est bien François Hollande qui a réinstallé les contrôles aux frontières suite aux attentats de vendredi. Mais sera-t-il possible de revenir un jour en arrière pour un bon bout de temps ? Et si l’espace Schengen avait vécu ?



La fin des frontières passoires ?


Il est très significatif que l’une des premières mesures annoncées par le président dès le vendredi soir soit le rétablissement des frontières. Parce que le djihadisme traverse les frontières, mieux vaut multiplier les filtres pour les arrêter avant qu’ils ne commettent l’irréparable. Pire encore pour les opposants à tout contrôle, il est vite apparu que la Belgique était un point névralgique du djihadisme en Europe, impliqué dans l’organisation des attentats en France. Bref, il apparaît aujourd’hui essentiel de remettre en place des filtres aux frontières avec ce pays pourtant apparemment si proche et si inoffensif. Et on peut croire que ce besoin n’est pas prêt de se dissiper : qui pourra prendre demain la responsabilité de supprimer les contrôles à la frontière belge et ainsi livrer la France aux djihadistes venus de Molenbeek ?

2015, l’année des frontières ?

mercredi 18 novembre 2015

Après l’horreur, l’espoir ?

Et si, malgré l’horreur innommable des attentats de vendredi, ou peut-être à cause, notre pays accouchait d’une société meilleure ? Car si l’on oublie de vrais excès, la réaction de notre beau pays me semble à la hauteur du drame, comme si l’horreur révélait et renforçait la grandeur de la France.



Ce qui me frappe dans les évènements des derniers jours, ce sont tous les gestes de solidarité : voisins abritant des passants, piétons donnant leurs vêtements pour faire des bandages, habitants du quartier hébergeant les malheureux qui n’ont pas pu rentrer chez eux, les milliers de personnes qui ont fait la queue pour donner leur sang, puis des milliers de Français, de toutes les confessions - ou sans - qui se sont déplacés au Bataclan ou ailleurs pour témoigner leur émotion et leur attachement à tout ce qui fait notre beau pays, se rassemblant en chantant la Marseillaise ou en revendiquant fièrement les couleurs de la République, ce bleu-blanc-rouge que tant de pays ont affiché sur leurs monuments dans un bel hommage à ce qui fait la France et un témoignage de solidarité face aux attentats.

dimanche 15 novembre 2015

Après l’horreur




La barbarie dans Paris




Ce qui est frappant, c’est le caractère extrêmement préparé des terroristes, plus encore qu’en janvier, ce qui est forcément inquiétant pour l’avenir. Il est donc possible d’organiser des actions terroristes de très grandes ampleurs en France, avec plusieurs attaques réalisées au même moment dans des endroits différents de Paris, ce qui ne permet pas aux forces de l’ordre de répliquer. Heureusement, il semble que les contrôles de sécurité du Stade de France n’aient pas permis aux terroristes de rentrer dans l’enceinte du stade. Dans la soirée, François Hollande est intervenu pour annoncer l’état d’urgence et la fermeture des frontières. Nous commençons aujourd’hui trois jours de deuil national. Le président de la République interviendra devant les parlementaires réunis à Versailles, pour la seconde fois de l’histoire.

Garder la tête froide