Mercredi,
j’ai voulu souligner les motifs d’espoir qui apparaissent sous les décombres
des attentats. Bien sûr, une part d’optimisme peut l’expliquer, mais j’ai
la conviction profonde que ces horreurs peuvent finalement créer, malgré elles,
des réactions positives et je pense qu’elles sont plus nombreuses que les
réactions négatives que je vais étudier ici, même si elles ne sont pas
négligeables.
Concours
Lépine néocon
Il n’est pas
anormal qu’après de tels attentats, la société dans son ensemble pousse à des
propositions très sécuritaires, au point de remettre en cause certaines
libertés. D’ailleurs, c’est
ce qui ressortait d’un sondage du Figaro
opposant libertés individuelles et sécurité, et au sujet desquelles les
Français se déclarent prêts à faire des compromis sur les premières au nom de
la seconde. Bien sûr, il ne s’agit que d’un sondage, où le choix de la
question joue un rôle dans les résultats, et le moment choisi pour le faire est
sans doute le plus favorable à une telle conclusion. Et cela va influencer les
décisions prises, souvent assez
rapidement après les attentats du 13 novembre. Depuis vendredi, nous avons
assisté à un véritable concours de propositions, dont le sommet a été atteint
lors de la consultation des partis.
D’ailleurs, la
majorité ne s’est pas privée pour piocher dans les idées des autres partis,
dépouillant presque la droite de l’argument sécuritaire, au
point que Sarkozy se retranche derrière l’argument de la perte de temps, quand
Juppé
égratigne sa réduction des effectifs de la police. Si certaines idées sont
intéressantes, d’autres semblent sorties de l’arsenal mis en place aux
Etats-Unis après le 11 septembre. Laurent Wauquiez détient le ponpon avec ses
centres de détention pour les fichés « S », dix mille personnes à
enfermer sans qu’ils aient commis le moindre délit, au mépris des règles du
droit, mais
sans torture, cela lui semble acceptable. D’autres évoquent une opération
militaire terrestre, oubliant
un peu rapidement les résultats de celle d’Irak (dont Daech est sans doute un
enfant) ou de Libye.
Compromission
démocratique ?