Il y a huit
jours, un
raid des forces étasuniennes sur un hôpital de Médecins sans frontières à
Kunduz, en Afghanistan, a fait pas moins de 22 victimes. Qu’aurait-on dit
si c’étaient les forces Russes qui avaient fait cela en Syrie ? Mais ce
triste raid est révélateur à bien d’autres titres.
Une
triste bavure reconnue par Obama
Dans un
monde où le moindre mot de travers, souvent plus ou moins sorti de son
contexte, peut déclencher de gigantesques polémiques, il peut sembler
paradoxale que la bavure des Etats-Unis en Afghanistan n’ait pas déclenché
davantage de réactions, en France en tout cas. En revanche, un
quotidien Ecossais, The Herald, s’est
demandé en une s’il s’agissait d’un « crime de guerre ». Alors
que dans un premier temps, le
chef de mission de l’OTAN a affirmé que la frappe avait été réalisée « à
la demande des forces afghanes », Médecins Sans Frontières, a dénoncé les
contradictions des déclarations étasuniennes. L’ONU a jugé le raid « inexcusable » et même « potentiellement
criminel », les bombardements ayant
continué 45 ministres après que l’ONG ait averti les armées engagées qu’elle
était touchée.
Du coup, le
président des Etats-Unis a été contraint de contacter la présidente internationale
de Médecins sans Frontières pour « s’excuser
et présenter ses condoléances ». Mais subsiste un point de
désaccord qui n’est pas neutre : la question de l’enquête sur cette
bavure, MSF
ayant demandé une enquête internationale indépendante, ne faisant pas confiance
aux enquêtes du Pentagone, de l’OTAN et de l’armée afghane, dont on peut craindre
qu’elles ne soient pas complètement objectives, étant parties prenantes. La
présidente de MSF souligne qu’il s’agit d’une « attaque
contre les conventions de Genève », ce qui pourrait permettre de demander
une investigation de la Commission d’enquête internationale humanitaire
puisqu’il suffirait qu’un des 76 Etats ayant reconnu ces conventions en demande
une.
Ce que
cela dit de notre époque
