« Permettre
ces fusillades est un choix politique » : c’est par ce réumé
bien senti que Obama a commenté une nouvelle turie. A défaut d’avoir agi pour
proposer à son pays un nouveau choix politique, arrivera-t-il à recadrer le
débat pour remettre en cause cet
élément mortifère de l’idéntité étasunienne ?
Un
massacre régulier et accepté ?
Vu d’Europe,
il est sans doute un peu compliqué de comprendre la relation des Etats-Unis avec
les 300 millions d’armes à feu de la population (plus d’une par adulte…).
Le fait que ce soit le second amendement qui garantisse le droit d’en avoir en
dit long dans la place que cela a pris dans la construction du pays, et
à quel point les armes à feu font profondément partie de sa culture. Au
point que le sujet n’a jamais vraiment été évoqué dans les campagnes présidentielles,
tant
il semble y avoir une solide majorité de la population qui soutient ce droit et
que s’y opposer semblerait disqualificatoire pour tout candidat à la Maison
Blanche. D’où le fait, sans doute, que Barack Obama ne se soit jamais
aventuré plus loin sur ce sujet, même si, avec le temps, il se fait plus
critique, comme
il l’a indiqué dans cette phrase.
Pourtant,
les chiffres parlent d’eux-même. Obama
a évoqué la comparaison entre le nombre d’étasuniens tués dans des attaques
terroristes et ceux tués avec des armes à feu. Avec plus de 10 000 décés
par an, les chiffres font froid dans le dos par rapport aux pays européens (quelques
centaines par an en France ou en Allemagne). Le taux d’homicide aux
Etats-Unis est quatre
fois supérieur à l’Europee. Et la comparaison est encore plus cruelle quand
on note qu’il est équivalent à la Palestine, deux fois plus haut qu’en Israël
et trois fois plus qu’en Afrique du Nord ! Pour Barack Obama, « nous
ne sommes pas le seul pays sur Terre où il y a des gens qui sont malades et qui
veulent faire du mal aux autres. Mais nous sommes le seul pays développé sur
Terre où l’on voit aussi souvent de tels massacres ».
Révélateur
de loi de la jungle ?

