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jeudi 30 avril 2015

Daniel Cohn-Bendit : le totalitarisme bien pensant

« Le discours de vérité ne peut pas avoir la majorité (…) les peuples aiment qu’on les fasse rêver » : voilà ce qu’a dit Daniel Cohn Bendit mardi matin sur Europe 1 au sujet de la Grèce et des promesses de Syriza lors de la campagne de début d’année. Un jugement révélateur à plusieurs titres.



Un aristocrate xénophobe

Daniel Cohn Bendit est une personne que beaucoup trouvent sympathique, même quand ils ne sont pas d’accord avec lui. Pourtant, voici un jugement d’une suffisance toute aristocratie, dont il est difficile de ne pas sentir une forme de mépris pour le peuple, implicitement trop stupide et manipulable par les démagogues pour saisir ce qu’il faudrait faire. Car dans le jugement de Daniel Cohn-Bendit, il y a un profond sentiment de supériorité, pas même bourgeois, mais bien plus digne des nobliaux et des aristocrates du Moyen-Age qui se croyaient infiniment supérieurs au petit peuple. Il n’est pas peu ironique de constater l’évolution idéologique de celui qui portait la révolte de 1968 et qui dit implicitement que ce qu’il pense, comme le reste des élites, a plus de valeur que ce que ressent le bas peuple.

En fait, on peut même distinguer une forme de racisme de classe, ce qui n’est pas peu ironique non plus de la part d’une personne toujours aussi prompte à dénoncer la xénophobie réelle ou supposée de quiconque critique des étrangers ou des immigrés, ou, encore pire, semble conserver le moindre attachement à cette notion qu’il ne semble plus saisir, la nation. Par cette phrase, Daniel Cohn-Bendit est dans la même logique que Jean-Marie Le Pen quand il dérape sur les noirs, les juifs ou les étrangers. Quelle serait sa réaction si le président du FN affirmait que les noirs étaient moins intelligents ? Mais ici, personne ne va s’émouvoir du fait que Daniel Cohn-Bendit juge le peuple un peu stupide

La fin de la démocratie ?