La dureté de
la crise et la
concentration du secteur dans des parasites fiscaux devraient pousser nos
dirigeants à des réformes radicales. Las, ils se mettent d’accord sur une union
banciare chétive et hors sujet et croient bon de relancer
la titrisation qui a mené au désastre des subprimes.
Créer une
nouvelle bulle de crédit
Michel
Barnier, dont l’image avait grandi suite à sa
passe d’armes avec Christian Noyer, de la Banque de France, au sujet de la
réglementation financière, vient de faire une déclaration hallucinante. En
effet, la croissance de la zone euro est encalminée par la diminution du volume
de crédits au secteur privé (en
baisse de 2,2% sur un an selon la BCE à fin février) quand
Londres retrouve des couleurs avec l’envolée du crédit bancaire. Même si
nos dirigeants devraient prendre en compte le caractère parfois artificiel et
dangereux des bulles de crédit, le commissaire européen a fait son choix.
Il a déclaré
que la titrisation « a
le potentiel de débloquer des sources de financements supplémentaires pour
l’économie réelle », notant que « beaucoup d’actions ont été menées par les autorités pour mieux
standardiser et rendre plus transparentes les transactions titrisées ».
Si la première partie est juste (en vendant la créance qu’elle a accordé, une
banque gagne une nouvelle capacité à prêter), en revanche, la seconde est plus
douteuse sachant que nos
hiérarques européens osent affirmer que l’union bancaire nous protège d’une
nouvelle crise financière alors même qu’il n’y aura création que d’un fonds de
55 milliards d’euros en 2025, somme largement inférieure au coût de la crise.
Un criant
manque de régulation

