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lundi 5 septembre 2016

Tout ce qui ne va pas avec le redressement d’Apple

Cela a été une des informations principales de la semaine dernière : la commission européenne demande à Apple un redressement 13 milliards d’euros d’impôts à l’Irlande. Les passes d’armes entre l’UE et les Etats-Unis peuvent être prises comme une bonne évolution de la construction européenne. Mais en réalité, cette condamnation pose beaucoup plus de problèmes qu’elle n’en résoud.



Légitimation de la désertion fiscale, effacement des Etats

samedi 22 août 2015

De la croissance et Hollande, du réalisme et du dogmatisme




En aucun cas un blanc-seing à Hollande

D’abord, je veux remercier Marianne et le FigaroVox de publier un papier qui n’allait pas dans le sens initial de leur analyse, signe d’une ouverture d’esprit pas toujours partagée dans les médias. Certains ont parlé d’une bienveillance à l’égard du pouvoir et beaucoup d’autres en sont restés au seul chiffre global du 0% de croissance au second trimestre pour rejeter l’analyse que j’avais faite. Avant tout, je tiens à préciser que je n’ai aucune indulgence pour François Hollande, mon blog démontrant que je suis en opposition complète avec les politiques menées depuis son arrivée au pouvoir. Je peux même rappeler que, malgré un très fort rejet de Nicolas Sarkozy, j’ai préféré voter blanc en mai 2012 (contrairement à 2007), signe du peu d’estime que j’ai toujours porté au locataire actuel de l’Elysée.

Mais je ne conçois pas l’opposition à François Hollande d’une manière dogmatique, même si je me suis opposé à quasiment toutes les politiques menées depuis trois ans. Car être en opposition ne signifie pas non plus qu’il faille s’opposer pour s’opposer ou interpréter de manière malhonnête ou malhabile les chiffres de l’actualité. Après une croissance de 0,4% l’an dernier, Hollande compte sur une accélération progressive, à 1 ou 1,2% cette année, puis 1,5% l’an prochain, une dynamique (même si elle est limitée et illusoire) qui pourrait permettre une stabilisation du chômage (voir une légère baisse, entre contrats aidés et statistiques ajustées). La question qui se pose, c’est de savoir si les résultats du second trimestre confortent ou non le plan de l’exécutif et c’est la question que j’ai traitée.

Un résultat qui conforte bien Hollande

dimanche 2 août 2015

En Grèce, la troïka rançonne encore les retraités pour épargner les millionnaires




Protection des millionnaires, nouvelle ponction des retraités

Mais que se passe-t-il dans la tête de la troïka pour pousser des idées aussi révoltantes ? D’une part, après avoir déjà obtenu une réduction de l’effort demandé aux entreprises bénéficiaires (par la réduction d’un tiers de la contribution supplémentaire demandée au titre de l’Impôt sur les Sociétés), la troïka exige maintenant que « l’impôt de solidarité soit ramené de 8% à 6% maximum pour les revenus supérieurs à 500 000 euros. Car, selon eux, le taux actuel encouragerait l’évasion fiscale ». D’abord, il faut noter que ce sont les règles imposées par cette même troïka qui permettent cette désertion fiscale… Ensuite, il est plus que révoltant que ceux qui ont demandé une baisse du salaire minimum de 22% (et 32% pour les jeunes) et de 45% de certaines retraites demandent un allègement de l’effort des millionnaires.

Pire, la troïka veut aussi « accélérer la suppression des retraites anticipées ou celle d’une prime spéciale aux faibles retraites (et) raccourcir le délai de la mise en place du départ à la retraite à 67 ans ». En clair, baisser plus encore des retraites dont certaines ont déjà chuté de 45%... Même le Monde souligne que « le gouvernement grec estime qu’il lui appartient de choisir comment répartir l’effort de l’impôt » et qu’une source de Syriza dénonce une mesure où « on voudrait de nouveau épargner les plus riches ». Tout ceci souligne à nouveau le caractère humiliant et totalitaire de la façon de faire de cette troïka avec la Grèce, dont on se demande bien pour quelle raison elle demande à réduire la contribution des millionnaires ou des entreprises bénéficiaires tout en demandant plus aux simples citoyens.

Alexis Tsipras, apprenti négociateur ?

dimanche 15 septembre 2013

Impôts : quand le gouvernement fait le lit des néolibéraux


Il y a quelques jours, Le Monde avait recensé pas moins de 84 nouveaux impôts qui ont été créés par Nicolas Sarkozy et François Hollande depuis 2011. Pas un jour ou presque ne passe sans l’évocation d’un nouveau projet, nourrissant un profond ras-le-bol fiscal, pas totalement injustifié.



Blanc bonnet et bonnet blanc

Les décomptes du Monde sont assez édifiants. Sur les budgets 2011 et 2012, la majorité sortante avait déjà voté pour 32 milliards d’impôts supplémentaires (et 4 milliards de baisse). Le nouveau gouvernement socialiste a chargé la barque de 28 milliards pour 2012 et 2013. On attend encore la note pour 2014, qui pourrait atteindre une dizaine de milliards. Mais ce qui est stupéfiant, c’est le choix de le faire par le biais de pas moins de 84 mesures différentes, soit 84 nouvelles occasions pour les Français de débattre de ce choix mais aussi de bien sentir la douloureuse dans leur porte-monnaie.

La raison de ce double choc fiscal est simple : le choix d’essayer de réduire rapidement le déficit budgétaire à 3% du PIB en 2013 pour se conformer aux objectifs européens. Au final, ce déluge de taxes n’a fait que casser la croissance, imposant de repousser l’objectif de deux ans, à 2015. Et avec la baisse du pouvoir d’achat, cette forte hausse de la pression fiscale pèse sur les ménages. Il faut noter ici que la Grande-Bretagne parvient à afficher 7% de déficit budgétaire cette année, sans subir les foudres des marchés, parce qu’elle a conservé sa monnaie, comme l’explique Paul Krugman.

Le lit du néolibéralisme ?