Il n’y a de classe dirigeante que courageuse. À
toute époque, les classes dirigeantes se sont constituées par le courage, par
l’acceptation consciente du risque.
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Dirige celui qui risque ce que les dirigés ne
veulent pas risquer.
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Est respecté celui qui, volontairement, accomplit
pour les autres les actes difficiles ou dangereux.
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Est un chef celui qui procure aux autres la
sécurité en prenant pour soi les dangers.
Jean JAURES Dépêche de Toulouse, 28 mai 1890
Aujourd’hui, un homme qui n’est resté que deux ans à la tête de
l’entreprise dont il avait la charge s’apprête à toucher plus de 13 millions
d’euros pour cet exercice. L’essentiel de son action a consisté en une fusion
entre Alcatel-Lucent et Nokia, accompagnée d’un « cost killing », une
réduction des coûts de production et des frais de fonctionnement s’étant
traduite par 10.000 licenciements dont 600 en France.
Le débat d’opinion de ces derniers jours a rapidement
tourné autour de la hauteur de cette rémunération et de son caractère justifié
ou non. Comme souvent, se sont affrontées les accusations de
« rémunération folle », de « démesure », opposées à celles
de « jalousie », de « haine du succès », selon le camp d’appartenance des protagonistes. Mais est-ce bien là le débat
véritable ?