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vendredi 6 novembre 2015

Renault, Alstom, Areva, EDF, Alcatel, PSA : la France en solde




Nos joyaux industriels en solde

Ces dernières années, de nombreuses entreprises françaises ont été rachetées par des groupes étrangers. Souvent, on parle de fusion, mais cela cache une prise de contrôle quand un des deux partenaires pèse plus que l’autre. Cela a été le cas pour Arcelor, dont la fusion avec Mittal était contestable du point de vue de la concurrence en outre. On peut aussi déplorer le rachat de Péchiney par Alcan, et certains contestent même les modalités de la constitution d’EADS, qui aurait été plus favorable aux Allemands. Mais dernièrement, les rachats se sont multipliés. General Electric a bouclé l’acquisition d’une grande partie d’Alstom, avec l’aide d’un Arnaud Montebourg dont on peut alors trouver après coup une forme de logique à ce qu’il ait tant vanté le « made in France » et non le « fabriqué en France ».

Puis, c’est l’autre moitié de l’ancien Alcatel-Alsthom, qui vient d’être gobé par Nokia, tournant définitivement la page d’une des plus belles entreprises de notre pays à la fin du 20ème siècle. Et il y a aussi des évolutions plus insidieuses, dont on peut se dire qu’elles représentent une forme de ver dans le fruit. A ce titre, la prise de participation dans le capital d’Areva par le Chinois CNNC, défendue par le gouvernement, est effarante. Qui peut penser une seconde que les intentions de ce partenaire servent la France ? Soit la Chine vise une prise de contrôle à terme, soit la facilitation de transfert technologique pour nous concurrencer. A ce titre, il est très inquiétant qu’EDF s’appuie sur un partenaire Chinois pour construire ses EPR en Grande-Bretagne. Ainsi, la Chine s’achète un apprentissage à bon compte.

Les bisounours de la globalisation

lundi 26 octobre 2015

Alcatel et Alstom : signes de l’abandon de l’industrie par nos dirigeants

Il y a 20 ans, Alcatel-Alsthom était un de nos fleurons industriels, une des premières entreprises du CAC 40 par la capitalisation. Après les errements de Serge Tchuruk, qui voulait inventer l’entreprise sans usine, elle a été coupée en deux, avant d’être rachetée et dépecée sous le mandat de Hollande.



Dernière ligne droite du dépeçage

Il est assez effarant que le gouvernement ait laissé General Electric racheter et dépecer un de nos fleurons industriels, à qui on doit notamment le TGV, se contentant d’arbitrer entre deux maux, le rachat par Siemens ou par le géant yankee. Bien sûr, certaines choses ont été négociées, GE a annoncé quelques embauches et Emmanuel Macron se pose en garant des accords dérisoires passés par l’Etat. Mais dans le fond, ce que l’Etat a laissé faire, c’est le rachat d’une de nos plus belles entreprises industrielles par un groupe étranger, et on sait ce que cela signifie pour nos intérêts, quand on voit le destin d’Arcelor, désormais contrôlé par Mittal ou Pechiney, racheté par Alcan. Ici, droite comme gauche sont responsables de ce désastre industriel, mais cette majorité est responsable de la disparition d’Alcatel et Alstom.


Le sens de cet abandon

dimanche 6 septembre 2015

Prime de Michel Combes : Quand le montant nous fait oublier la vraie question (billet invité)

Billet invité de Marc Rameaux, qui vient de publier « Portrait de l’homme moderne »



Il n’y a de classe dirigeante que courageuse. À toute époque, les classes dirigeantes se sont constituées par le courage, par l’acceptation consciente du risque.

·       Dirige celui qui risque ce que les dirigés ne veulent pas risquer.
·       Est respecté celui qui, volontairement, accomplit pour les autres les actes difficiles ou dangereux.
·       Est un chef celui qui procure aux autres la sécurité en prenant pour soi les dangers.
Jean JAURES Dépêche de Toulouse, 28 mai 1890

Aujourd’hui, un homme qui n’est resté que deux ans à la tête de l’entreprise dont il avait la charge s’apprête à toucher plus de 13 millions d’euros pour cet exercice. L’essentiel de son action a consisté en une fusion entre Alcatel-Lucent et Nokia, accompagnée d’un « cost killing », une réduction des coûts de production et des frais de fonctionnement s’étant traduite par 10.000 licenciements dont 600 en France.

Le débat d’opinion de ces derniers jours a rapidement tourné autour de la hauteur de cette rémunération et de son caractère justifié ou non. Comme souvent, se sont affrontées les accusations de « rémunération folle », de « démesure », opposées à celles de « jalousie », de « haine du succès », selon le camp d’appartenance des protagonistes. Mais est-ce bien là le débat véritable ?

samedi 18 avril 2015

Après Alstom, le gouvernement abandonne Alcatel



L’abandon de notre industrie

Il y a une vingtaine d’années, Alcatel-Alstom était un des fleurons industriels de notre pays, une des toutes premières capitalisations boursières de France, un groupe qui faisait notre fierté, le General Electric national. Après des erreurs de stratégie, l’ancien conglomérat a été débité en morceaux : Alcatel, Astom et Nexans. Alstom réunissait les activités de production de trains (notamment le TGV) et d’énergie. Mais l’année dernière, le petit poucet français a fait saliver les deux mastodontes Siemens et GE. Après une féroce bataille politique, le géant étasunien l’a emporté, et, contrairement aux belles promesses d’Arnaud Montebourg, a bien croqué Alstom et l’a découpé en morceaux.

Malheureusement, le même scénario se répête avec Alcatel-Lucent. Ici, le groupe français s’était rapproché d’un rival étasunien pour peser dans le marché des équipements de télécommunications. Mais il semble que l’ancien géant du téléphone portable finlandais veut faire subir à Alcatel ce que GE fait à Alstom. Bien sûr ce rachat est présentée comme une fusion et « Nokia s’engage à maintenir les emplois chez Alcatel en France durant deux ans », mais après ? Ces engagements ont toujours une durée de vie limitée, et nous sommes bien placés pour savoir que les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent, que ce soit pour Péchiney (dévoré par Alcan), Arcelor (digéré par Mittal), ou Alstom.

Nos dirigeants aux abonnés absents

samedi 6 septembre 2014

Le rêve fou des entreprises sans usines (billet invité)


Billet invité de L’œil de Brutus

L’ensemble des faits relatés ci-après sont extraits de La Caste cannibale de Sophie Coignard et Romain Gubert (Albin Michel 2013).



Serge Tchuruk est parti d’Alcatel-Lucent en 2008 avec un confortable chèque de 5,6 M€ et une retraite de près de 1M€ annuel, tout en laissant derrière lui 3,5Mds€ de pertes, 15 000 suppressions d’emploi et une action dont le cours oscille entre 1 et 3 euros[i].

Tout a commencé lorsque, en 2001, il a voulu transformer Alcatel en une entreprise « fabless », une entreprise sans usine. Il annonce alors qu’il va fermer la centaine de sites industriels d’Alcatel pour que le groupe n’emploie plus que des chercheurs et des commerciaux afin de ne produire qu’une chose : des brevets. Cette stratégie, outre les multiples destructions d’emplois industriels en France et ailleurs, a été un échec patent pour le groupe.