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mercredi 27 avril 2016

Hollande, Valls et Cie : je vais bien, tout va bien (billet invité)

Billet invité de l’œil de Brutus

Si les Français avaient encore des doutes sur l’éclat de l’action de l’équipe au pouvoir, ils peuvent se rassurer : le gouvernement agit pour eux (et bien sûr pour inverser la courbe du chômage). Et il le montre. On retrouve ainsi sur le site du gouvernement ce magnifique tableau de bord :


samedi 6 septembre 2014

Le rêve fou des entreprises sans usines (billet invité)


Billet invité de L’œil de Brutus

L’ensemble des faits relatés ci-après sont extraits de La Caste cannibale de Sophie Coignard et Romain Gubert (Albin Michel 2013).



Serge Tchuruk est parti d’Alcatel-Lucent en 2008 avec un confortable chèque de 5,6 M€ et une retraite de près de 1M€ annuel, tout en laissant derrière lui 3,5Mds€ de pertes, 15 000 suppressions d’emploi et une action dont le cours oscille entre 1 et 3 euros[i].

Tout a commencé lorsque, en 2001, il a voulu transformer Alcatel en une entreprise « fabless », une entreprise sans usine. Il annonce alors qu’il va fermer la centaine de sites industriels d’Alcatel pour que le groupe n’emploie plus que des chercheurs et des commerciaux afin de ne produire qu’une chose : des brevets. Cette stratégie, outre les multiples destructions d’emplois industriels en France et ailleurs, a été un échec patent pour le groupe.

dimanche 17 août 2014

Pierre Richard : on se relève de tout, même de Dexia (billet invité)


Billet invité de l’œil de Brutus

L’ensemble des faits relatés ci-après sont extraits de La Caste cannibale de Sophie Coignard et Romain Gubert (Albin Michel 2013).



Pierre Richard arrive à l’Elysée dès 1974, à 33 ans, dans les valises de Valéry Giscard d’Estaing. Il suit alors les dossiers des collectivités locales et de l’aménagement du territoire. 4 ans plus tard, il est directeur général des collectivités locales au ministère de l’intérieur. Il résiste à l’alternance en 1981 et prend en 1983 la tête de la CAECL (Caisse d’aide à l’équipement des collectivités locales), un organisme de la Caisse des dépôts. Nouvelle alternance en 1986 et nouveau maintien à l’occasion duquel, sous l’impulsion d’Edouard Balladur, il transforme la CAECL, qui devient Crédit local de France-CAECL,  en société anonyme. En 1996, l’entité, progressivement partiellement privatisée, fusionne avec le Crédit communal de Belgique (CCB) pour prendre le nom de Dexia. Pierre Richard en est bien sûr le patron.  Avec la volonté de faire de Dexia un leader du secteur, il se lance dans des crédits indexés sur les produits dérivés qu’il fait renégocier des plus en plus souvent : « vendre régulièrement de nouvelles formules d’emprunt fait partie de la stratégie. C’est ce que certains dirigeants appellent élégamment entre eux « trouiller l’encours » : chaque nouveau prêt rapporte une commission à la banque, et permet surtout d’allonger les délais de remboursement, donc de tenir les clients captifs ». Ainsi, le Crédit local de France commercialisait seulement trois types de prêts en 1995, Dexia était passé à 43 en 2000, puis 167 en 2006, 282 en 2008 (page 188) !

mardi 5 août 2014

Dexia et l’économie-casino au (dé)service des collectivités locales (billet invité)


Billet invité de l’œil de Brutus

L’ensemble des faits relatés ci-après sont extraits de La Caste cannibale de Sophie Coignard et Romain Gubert (Albin Michel 2013).




Comme de nombreuses autres collectivités, Saint-Cast-le-Guildo (Côtés d’Armor, 3 400 habitants) s’est vu offrir, par Dexia, des prêts absolument incompréhensibles du profane.

Cela a commencé en 2004 avec « TIPTOP EURO » (!), un prêt fixe à 4,64% si l’EURIBOR est inférieure à 5,50% et à la moyenne de celui-ci sur les 12 derniers mois plus 0,15% s’il dépasse ce seuil. Tout juste un an plus tard, Dexia revient à Saint-Cast pour remplacer TIPTOP EURO par EUROTECH, celui-ci indexé sur la différence entre l’EURIBOR et le TEC10 (l’indice moyen des rendements des bons du Trésor français à 10 ans).

samedi 2 août 2014

Carlos Gohn, ce « cher » patron (billet invité)


Billet invité de l’œil de Brutus

L’ensemble des faits relatés ci-après sont extraits de La Caste cannibale de Sophie Coignard et Romain Gubert (Albin Michel 2013).



Le bilan de Carlos Ghosn à la tête de Renault n’est en fait guère glorieux. Il surfe essentiellement sur les réussites de son prédécesseur (Louis Schweitzer, qui a notamment été à l’origine du succès Dacia). Cela n’empêche toutefois pas Carlos Ghosn d’émarger à 8,9 M€ sur l’exercice 2012-2013 en tant que seul patron de Nissan, soit 5 fois ce que gagne le PDG de Toyota, celui-ci ayant pourtant fait retrouver sa place de 1er constructeur mondial à son entreprise. Mais ce n’est pas tout : en tant que patron de Renault, il émarge aussi à près de 3 M€/ an. Le moralisme du gouvernement n’a donc visiblement pas encore atteint le conseil d’administration de Renault, dans lequel siègent pourtant trois représentants de l’Etat. Les méthodes de management de la marque au losange n’ont en outre pas grand-chose à envier à celles de France Telecom : on a dénombré de nombreux suicides qui seraient liés à la pression managériale.

samedi 12 juillet 2014

La caste cannibale (Coignard – Gubert) : PS, UMP et LBO (billet invité)


Billet invité de l’œil de Brutus.

Le leveraged buy-out, abrégé en LBO, terme anglais pour acquisition avec effet de levier, ou encore acquisition par emprunt ou rachat d'entreprise par endettement1, est une technique financière parfois utilisée pour acheter une entreprise. Le « LBO » consiste à financer une fraction du rachat d'une entreprise en ayant recours à l'endettement bancaire ou obligataire, ce qui permet d'augmenter la rentabilité des capitaux propres. La dette d'acquisition, bancaire ou non, est remboursée par une ponction plus importante sur les flux de trésorerie de la société achetée[i].



L’ensemble des faits relatés ci-après sont extraits de La Caste cannibale  de Sophie Coignard et Romain Gubert (Albin Michel 2013).

Les victimes …

En 2006, Novasep, une société lorraine en pointe dans la chimie fine, est rachetée par un fonds néerlandais. 5 ans plus tard, l’entreprise est en difficulté … L’Etat s’en mêle et vient à son secours par le biais du FSI qui y injecte 30M€ tout en laissant les hedge funds américains qui avaient prêtés l’argent de l’acquisition prendre le contrôle de Novasep. Pourtant Minafin, un autre spécialiste français de la chimie, avait un projet de reprise. Mais le FSI lui a préféré les Américains !

Pages Jaunes représentait un fleuron de l’internet français et dégageait de forts bénéfices. Jusqu’à ce que Goldmans Sachs et  KKR  s’en empare par le biais d’un LBO. Complètement vampirisées par ce système qui l’a contraint à rembourser le coût de l’investissement de ses nouveaux actionnaires, Pages Jaunes est tombé au plus bas et ne s’en est jamais remis.

Le LBO a eu ses précurseurs en France : Les frères Willot avaient fait de même dans les années 1970 pour créer un empire qui sera par la suite repris par Bernard Arnault pour devenir LVMH. Saut qu’à l’époque ces pratiques étaient illégales et que les quatre frères ont fini en prison (pages 278-279) !

Le système des LBO est d’autant plus aisé que les cadres dirigeants de la proie sont complices, ce qui peut aisément s’arranger en les intéressant à l’opération par le biais de carried interest. Et c’est parfaitement légal !

Les prédateurs …

mardi 1 juillet 2014

La caste cannibale (Coignard – Gubert) : le PS et ses meilleurs « ennemis » de la finance (billet invité)


Billet invité de l’œil de Brutus.

L’ensemble des faits relatés ci-après sont extraits de La Caste cannibale  de Sophie Coignard et Romain Gubert (Albin Michel 2013).



Comme Nicolas Sarkozy, pour Dominique Strauss-Kahn la retraite politique forcée s’est muée en juteuse reconversion. Il est ainsi au conseil de surveillance de la Banque russe de développement des régions (BRDR), organisme financier des plus opaques, proche de l’oligarchie russe. L’ancien directeur du FMI a également pris la tête d’Anatevka, rebaptisée LSK (!), une société financière basée au Luxembourg avec bureaux à Genève et à Monaco.

Mais pas besoin d’être retiré des affaires pour cultiver ses liens avec les milieux de la finance. Lorsque l’Elysée a annoncé en juin 2014 plusieurs départs et arrivées parmi les conseilleurs du Président,  François Hollande fait du changement pour ne rien change : un ancienne de Barclays, débauchée de Bank of America, Laurence Boone, succède à un ancien de la banque Rothschild, Emmanuel Macron. Mais la maison Rothschild conserve des liens avec le gouvernement puisque qu’un ancien membre de son directoire, Christophe Bejach, conseille l’auto-proclamé apôtre de la démondialisation, Arnaud Montebourg. Le premier ministre n’est, lui non plus, pas en reste, puisque parmi les proches de Manuel Valls on compte Jean-François Dubos (patron de Vivendi) et le sulfureux  Stéphane Fouks (Havas Worldwide). C’est de toute façon presque d’un trouble obsessionnel compulsif que souffrent les pontes du PS dès lors qu’il s’agit de se faire conseiller en matière économique. Ainsi, à qui a fait appel Pierre Moscovici pour l’aider à l’élaborer sa loi sur la « régulation » (un bien grand mot …) bancaire ? A Jacques de Larosière, qui conseille également … Michel Pébereau, le patron de BNP Paribas !