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lundi 4 août 2014

Que penser du sondage de Marine Le Pen ?





La mémoire courte

A première vue, pour ceux qui ne se souviennent que des 17,9% de l’élection présidentielle de 2012, puis des près de 25% réalisés lors des élections européennes, ce résultat semble indiquer que la présidente du Front National poursuit une progression dont on pourrait penser qu’elle ne s’arrêtera jamais, cassant bien entendu toute théorie sur le plafond de verre de son parti, déjà mise à mal par les résultats du 25 mai. Mais cette interprétation, si elle est compréhensible, n’en demeure pas moins un peu rapide et superficielle. En effet, cela revient à complètement oublier les sondages très positifs de l’année 2011 en vue de l’élection présidentielle, qui font grandement relativiser ce coup de chaud estival.

En effet, si on se rapporte à cet article du Figaro de mars 2011, on constate que Marine Le Pen semblait déjà en position de se qualifier au second tour de la présidentielle de l’année suivante, au détriment de Nicolas Sarkozy (Dominique Strauss-Kahn étant encore le favori pour le Parti Socialiste), au point même de déjà arriver en tête d’un sondage Harris Interactive, avec 24% des suffrages, contre 23% à DSK et 21% à celui qui était alors le président sortant. Les sondages de l’automne donnaient fréquemment Marine Le Pen au second tour et au-delà de 20% des suffrages, ce qui contribue à relativiser le score qui lui est attribué par Ifop, même s’il faut bien reconnaître que c’est un nouveau plus haut.

Rien ne change ?

mardi 1 juillet 2014

La caste cannibale (Coignard – Gubert) : le PS et ses meilleurs « ennemis » de la finance (billet invité)


Billet invité de l’œil de Brutus.

L’ensemble des faits relatés ci-après sont extraits de La Caste cannibale  de Sophie Coignard et Romain Gubert (Albin Michel 2013).



Comme Nicolas Sarkozy, pour Dominique Strauss-Kahn la retraite politique forcée s’est muée en juteuse reconversion. Il est ainsi au conseil de surveillance de la Banque russe de développement des régions (BRDR), organisme financier des plus opaques, proche de l’oligarchie russe. L’ancien directeur du FMI a également pris la tête d’Anatevka, rebaptisée LSK (!), une société financière basée au Luxembourg avec bureaux à Genève et à Monaco.

Mais pas besoin d’être retiré des affaires pour cultiver ses liens avec les milieux de la finance. Lorsque l’Elysée a annoncé en juin 2014 plusieurs départs et arrivées parmi les conseilleurs du Président,  François Hollande fait du changement pour ne rien change : un ancienne de Barclays, débauchée de Bank of America, Laurence Boone, succède à un ancien de la banque Rothschild, Emmanuel Macron. Mais la maison Rothschild conserve des liens avec le gouvernement puisque qu’un ancien membre de son directoire, Christophe Bejach, conseille l’auto-proclamé apôtre de la démondialisation, Arnaud Montebourg. Le premier ministre n’est, lui non plus, pas en reste, puisque parmi les proches de Manuel Valls on compte Jean-François Dubos (patron de Vivendi) et le sulfureux  Stéphane Fouks (Havas Worldwide). C’est de toute façon presque d’un trouble obsessionnel compulsif que souffrent les pontes du PS dès lors qu’il s’agit de se faire conseiller en matière économique. Ainsi, à qui a fait appel Pierre Moscovici pour l’aider à l’élaborer sa loi sur la « régulation » (un bien grand mot …) bancaire ? A Jacques de Larosière, qui conseille également … Michel Pébereau, le patron de BNP Paribas !

dimanche 30 juin 2013

DSK, Tapie, Cahuzac : la semaine de la honte


C’est encore une semaine pénible que nous avons traversée, où de nombreuses affaires ont fait la une de l’actualité, donnant l’impression d’un tous pourri inquiétant pour notre démocratie. Dominique Strauss-Kahn, Bernard Tapie et Jérôme Cahuzac sont sortis de leur silence, pour le pire.



DSK : un valet de la finance au Sénat

Mais qu’est-ce qui a bien pu passer par la tête des sénateurs pour inviter Dominique Strauss-Kahn afin d’entendre son opinion sur la crise ? Certes, il a été le patron du FMI, mais cette invitation solennelle à un personnage aussi sulflureux tombait bien mal en pleine audition de Jérôme Cahuzac et alors que Bernard Tapie était entendu par la justice. Elle a néanmoins eu l’intérêt de nous montrer à nouveau (pour ceux qui en doutent encore) que la sociale-démocratie (qui n’a de sociale et de démocratie que de noms) a totalement capitulé devant la finance, oubliant Roosevelt et Keynes.

Le conférencier de luxe a tenu des propos qui tournent le dos aux leçons des années 1930 mais qui siéront sans doute davantage à ses possibles clients. Pour lui, « incriminer la finance dans le désastre économique que nous vivons (…) a pour moi à peu la même pertinence qu’incriminer l’industrie automobile quand on parle des morts sur la route ». Il a fait pesé le gros de la responsabilité de la crise sur les comportements individuels et a qualifié la taxe sur les transactions financières de « vaste illusion » et « que la finance redouble d’innvations qui lui permettraient de (la) contourner ».

Bernard Tapie essaie de se défendre

Cette semaine, l’ancien ministre était entendu par la justice au sujet de l’arbitrage et a été mis en examen. Il a également publié un livre pour se défendre, affirmant qu’il n’avait rien coûté aux contribuables et qu’au contraire, qu’il avait rapporté à la collectivité. Mais ces gesticulations médiatiques ne retirent rien au fait qu’il a obtenu un chèque de 403 millions d’euros (dont 45 de préjudice moral) de la collectivité. Qui plus est, outre la contestation de la voie de l’arbitrage (l’Etat vient de déposer un recours), on peut contester le bienfondé de l’affaire : Bernard Tapie n’avait pas à toucher un centime.

Dans son livre, l’homme d’affaires soutient que Nicolas Sarkozy n’est responsable de rien, qu’il ne serait pas intervenu en faveur de cet arbitrage, mais la ficelle est un peu grosse. Il est tout de même difficile d’imaginer ce chef de l’Etat qui refusait tellement de déléguer qu’il éclipsait tous ses ministres n’ait pas été mis dans la boucle pour choisir la procédure. En outre, on peut toujours questionner les raisons qui font qu’il a reçu si souvent Monsieur Tapie juste avant et après son élection : n’avait-il pas de choses plus urgentes à faire que régler le différend qui existait entre l’Etat et Bernard Tapie ?

Jérôme Cahuzac ne semble rien regretter