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samedi 28 décembre 2013

Non à la charte européenne des langues régionales


Il y a quinze jours, en déplacement en Bretagne, le premier ministre, Jean-Marc Ayrault a annoncé la prochaine ratification de la charte européenne des langues régionales et minoritaires, promise par François Hollande. Encore un mauvais coup de cette mauvaise europe contre les Etats-nations.



Non, mais de quoi je me mêle !

Il est tout de même assez stupéfiant que personne ne se pose la question : pourquoi donc l’UE se mèle des langues régionales parlées dans les pays membres ? Selon le principe de subsidiarité, l’UE serait sensée gérer les domaines dont elle s’occuperait mieux que les Etats (principe contestable sur le fond, mais aussi la forme puisque l’UE est juge et partie). Et comment justifier qu’elle soit mieux à même de gérer la question des langues régionales ? Chaque pays a une culture différente et aussi un rapport différent à la question régionale. Par conséquent, une charte unique est totalement injustifiée.

Et comme le note bien Laurent de Boissieu dans une note détaillée et engagée sur son blog, « en réalité, cette charte a pour objet de permettre la reconnaissance de minorités (ou ‘groupes’ de locuteurs à l’intérieur des ‘territoires’ dans lesquels ces langues régionales sont pratiquées) jouissant de droits collectifs, notamment le ‘droit imprescriptible’ de pratiquer une langue régionale minoritaire non seulement dans la ‘vie privée’ (ce qui est bien entendu le cas actuellement) mais également dans la ‘vie publique’, c’est-à-dire dans les relations avec les administrations et les services publics ».

L’alliance UE – régions contre les Etats

vendredi 27 décembre 2013

L’imposture gaulliste du Front National


Sans doute pas complètement à l’aise avec ce qu’est le parti dont il est le vice-président, Florian Philippot se présente de plus en plus comme gaulliste. Mais comme pour son logo de campagne, où la flamme frontiste semble plus brûler la croix de Lorraine qu’autre chose, cela ne prend pas.



Signe d’un malaise

Tout le ramdam fait par Florian Philippot pour dire que le FN serait un vrai parti gaulliste, qu’il serait un grand rassemblement ouvert aux gens venus de la gauche est sans doute le signe d’une inquiétude tant interne qu’externe. Je n’ai jamais jeté la pierre à des électeurs dont je comprends et partage une partie significative des motivations (refus d’une mondialisation anarchique, rejet du PS et de l’UMP) et je pense même qu’il y a sans doute des personnes non extrémistes dans le parti de la famille Le Pen, qui croient qu’il est la seule voie possible pour changer notre pays dans de prochaines élections.

En revanche, je reste totalement persuadé que la nature profonde du parti mais aussi de ses dirigeants (à part sans doute Philippot) est d’extrême-droite, comme je l’avais expliqué pour des raisons développées dans ce papier. La recherche d’une nouvelle identité doit sans doute être prise comme une volonté de faire oublier une identité réelle, dont l’actualité nous rappelle tous les mois qu’elle est ancrée à l’extrême-droite de l’échiquier politique, que ce soit dans l’héritage idéologique (logo venu des néo-fascistes, Dominique Venner, réminiscences de l’OAS) ou dans une partie des idées.

Plus c’est gros, plus ça passe ?

dimanche 26 mai 2013

Dominique Venner fait tomber le masque du Front National


L’historien d’extrême-droite Dominique Venner, s’est suicidé à Notre Dame. L’hommage appuyé et unanime des dirigeants du parti est un révélateur très éclairant sur la nature profonde du Front National, faisant voler en éclat le mythe de sa normalisation. A bon entendeur…

Un hommage qui a du sens



Comme le rapporte le Huffington Post, les réactions des dirigeants du Front National ont été rapides et unanimes. Sur son compte twitter, Marine Le Pen a écrit « tout notre respect à Dominique Venner dont le dernier geste, éminemment politique, aura été de tenter de réveiller le peuple de France. MLP ». Louis Aliot a exprimé une « pensée émue pour la disparition tragique de D.Venner, défenseur intransigeant et courageux des valeurs de notre civilisation ». Qu’il le considère comme un « défenseur intransigeant des valeurs de notre civilisation » n’est vraiment pas neutre…

Le problème est que Dominique Venner est un intellectuel d’extrême-droite, et pas le moins radical. Il faut lire le long papier de Guy Konopnicki dans Marianne, qui rappelle son parcours, du regret de la défaite des nazis, dans la lignée de son père, membre du parti de Jacques Doriot, à sa participation au putsch militaire de 1961, en passant par sa participation à l’OAS. Il est un fondateur du G.R.E.C.E. (Groupe de Recherche et d’etudes de la civilisation européenne) et contribua à la construction intellectuelle de l’extrême-droite à partir des années 1960, dans ses tendances les plus identitaires.

Laurent de Boissieu, sur son blog, rappelle, que s’il était un opposant farouche au mariage pour tous, il était avant tout un « nationaliste européen racialiste (déjà défendu par les Identitaires) », qui affirmait « il faut bien voir qu’une France tombée au pouvoir des islamistes fait partie des probabilités » et qu’il « ne suffira pas d’organiser de gentilles manifestations de rue pour l’empêcher ». Il n’était pas un souverainiste patriote, mais bien plus un européen occidentaliste défendant la pureté de la race blanche et qui croyait à l’inégalité des races. Un intellectuel très clairement d’extrême-droite.

Pourquoi une telle réaction ?

dimanche 31 mars 2013

Il faut mettre fin aux négociations d’entrée de la Turquie dans l’UE


Contrairement à ses promesses de campagne, Nicolas Sarkozy n’avait que freiné les négociations d’entrée d’Ankara dans l’Union Européenne. Mais avec l’arrivée de François Hollande à l’Elysée, la diplomatie française vient de relancer ce processus qui n’a aucun sens.

La Turquie n’est pas un pays européen

Contrairement au choix de The Economist de mettre le pays dans la section Europe, il faut rappeler ce simple fait géographique et sur lequel on ne pourra jamais revenir : la Turquie ne fait pas partie de notre continent et il est donc aberrant d’entamer des négociations d’entrée. Si Ankara pouvait accéder à l’Union Européenne, pourquoi ne pas accepter le Liban, Israël ou même, rêve de certains, les Etats-Unis ? Intégrer la Turquie changerait la nature du projet européen.

Qui plus est, comme le rappelle Laurent de Boissieu, le Général disait qu’il voulait une Europe européenne, et non une Europe étasunienne. Or, la candidature d’Ankara est largement soutenue par les Etats-Unis, étant donnés les liens qui existent entre les deux pays. Cela reviendrait à renforcer plus encore l’influence de Washington sur cette Europe qui ne semble pas toujours vouloir être européenne. La coopération avec la Turquie passe bien plus par une activation de l’Union pour la Méditerranée.

Enfin, on voit bien depuis trois ans que l’Europe souffre de son manque d’homogénéité. Ajouter la Turquie dans l’UE ne ferait qu’accroître ce problème, en y ajoutant en plus une dimension culturelle importante. En outre, il est bien évident que laisser rentrer un pays de 73 millions d’habitants, où le SMIC est à 400 euros par mois représenterait une immension pression à la baisse sur les salaires de l’UE, sans parler des potentielles conséquences migratoires…

Mettre fin aux négociations

mercredi 27 mars 2013

Lettre ouverte à François Asselineau, bis


Les querelles entre DLR et l’UPR n’ont pas un grand intérêt. Il y a deux ans et demi, je vous avais déjà fait une lettre ouverte, suite à des attaques aussi grotesques que malhonnêtes à l’encontre de Nicolas Dupont-Aignan. Puisque vous persistez, je me résouds à vous écrire de nouveau.

De mauvais procès en mauvais procès

C’est le visionnage d’une de vos conférences à Toulouse avec 20 minutes intégralement consacrées à attaquer Nicolas Dupont-Aignan qui me fait reprendre la plume. Déjà, en novembre 2012, vous vous étiez illustré en publiant sur votre blog un papier, qui dénonçait le gravissime plagiat que Nicolas Dupont-Aignan aurait réalisé en reprenant l’image de copropriété ou syndic au sujet de l’Europe, terme que vous disiez employer fréquemment dans vos conférences.

Par delà le fait que cette image semble assez évidente quand on parle de l’Europe, et qu’il est donc assez ridicule d’en réclamer la propriété, Tythan a montré sur son blog que NDA emploie ce terme depuis plus longtemps que vous… Mais c’est une constante chez vous, dès que l’on a l’audace de dire quelque chose qui ressemble vaguement à ce que vous dites, c’est forcément un plagiat, comme si la terre entière avait les yeux rivés sur vos écrits. Pourtant, on pourrait retourner l’accusation en brandissant les écrits d’il y a 20 ans de Séguin, Chevènement, De Villiers et bien d’autres.

D’ailleurs NDA a pris position publiquement bien plus tôt que vous sur la plupart des sujets européens. Vous agitez aussi la profession de foi présidentielle, qui ne parle pas de l’euro, comme une preuve de duplicité… Mais c’est totalement délirant. Non seulement, nous n’avons jamais varié sur ce sujet, mais je vous signale que la première vidéo de DLR de présentation de nos idées (vues plus de 15 000 fois) est justement sur ce thème là. Sachant que les Français avaient bien en tête ce point précis de notre programme, mais pas les autres, il était logique de développer le reste.

Une vraie différence de vision sur l’Europe

mardi 8 janvier 2013

Gérard Depardieu, symptôme de la dissociété


La polémique n’en finit plus de rebondir au gré des réactions à l’exil fiscal de Gérard Depardieu. Même si on peut penser que ce fait divers prend trop de place dans l’actualité, il est extrêmement symptomatique de l’évolution vers une dissociété, pour reprendre le terme de Jacques Généreux.

Désertion fiscale et conséquences

Tocqueville disait que « préoccupés du seul soin de faire fortune, les hommes n’aperçoivent plus le lien étroit qui unit la fortune particulière de chacun d’eux à la prospérité de tous ». Cette citation démontre bien la connexion qui existe entre tous les membres d’une société, connexion qui semble se dissoudre en partie dans la société d’aujourd’hui avec l’affaire Depardieu, d’une manière proche de celle décrite par Jacques Généreux dans son livre de référence « La dissociété ».

En effet, les discours actuels correspondent au diagnostic de l’économiste. D’une part, un acteur (suivant d’autres personnalités), qui quitte la France parce qu’il estime indidividuellement qu’il paie trop d’impôts, oubliant non seulement que le niveau d’imposition est un choix collectif démocratique (et que le niveau de prélèvement moyen dépasse 40% pour presque tous) mais aussi que ce qu’il a gagné vient en grande partie de cette collectivité nationale à laquelle il ne veut plus contribuer.

Si je pense que son comportement est une forme de « désertion fiscale », pour reprendre le mot également employé par Laurent de Boissieu, certaines critiques, même si elles sont en grande partie légitimes, par leur agressivité, finissent par creuser plus encore un fossé entre les Français, créant un climat finalement néfaste pour tout le monde. D’une part, les plus riches finissent par se sentir stigmatisés, pour ne pas dire plus, ce qui accentue le phénomène de « désertion fiscale ».

De l’autre, la grande majorité de la population assiste de manière stupéfaite à ces départs qu’elle peut juger dignes de la fuite de Varenne. Ce faisant, cela rejoint l’analyse philosophique et politique de Généreux pour qui, « à la limite, la dissociété parfaite tend vers une sorte de fédération dissociée d’hypersociétés (des communautés) ». D’une part des élites mondialisées qui en profitent parce qu’elles en ont les moyens et de l’autre, des peuples de plus en plus hostiles et révoltés.

Cinéma et solidarité