Un Munich
linguistique
Dans
quelques années, on nous expliquera que, comme
en Allemagne, pour que notre recherche soit compétitive, il faut publier seulement
en anglais. Du coup, mieux vaudra alors abandonner purement et simplement notre
langue dans l’enseignement supérieur pour que nos chercheurs prennent
l’habitude de l’anglais. Puis, pour que nos étudiants soient compétitifs en
anglais, on commencera à enseigner dans cette langue au lycée. Sur plusieurs
décennies, on peut imaginer un mouvement qui verrait l’anglais remplacer lentement
mais sûrement le français à l’école, compétitivité
oblige.
Puis, nos
cinéastes pourraient également tourner de plus en plus souvent nos films en
anglais, meilleur moyen pour les exporter. Devant la progression du niveau, nos
médias nationaux pourraient alors passer progressivement à l’anglais, de
manière à s’addresser à une plus large audience à l’international, seuls les
médias régionaux conservant alors le français, à moins que les langues
régionales l’y remplacent alors...
Et les multinationales, qui ne demandent rien de mieux que de limiter
leurs coûts et simplifier leur logistique, seront alors ravies de pouvoir
communiquer en anglais…
L’internationalisme
des imbéciles