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lundi 19 mai 2014

Leur chômage, nos solutions (billet invité)


Billet invité de Thomas Schott

Depuis le tournant libéral du début des années 1980, nos dirigeants, de gauche à droite, mandat après mandat, échouent à résorber le chômage. Mais ont-ils vraiment tout essayé ?

Aux “salauds“ de chômeurs, l’hebdomadaire britannique “The Economist“ offrait en 2010 une solution : « Il y a deux manières de favoriser le retour au travail des chômeurs. L’une est de rendre inconfortable ou précaire la vie de ceux qui reçoivent une allocation chômage. L’autre consiste à faire que la perspective d’un emploi devienne viable et attirante pour les entreprises – comprenez ici une baisse des charges. » Et voilà énoncé la logique des actes.

Il faut sérieusement avoir forcé sur l’idéologie libérale pour soutenir un tel argument car, cette position constitue une transposition purement théorique déterminée par hypothèse : les riches seraient plus entreprenants s’ils payaient moins d’impôts et les pauvres seraient plus travailleurs s’ils recevaient moins de subsides. Or, il est clair que cette façon hyperbolique de formuler les éléments du problème ne contient pas en elle-même le principe de la solution.

Telle est en définitive l’énigme des libéraux : leurs solutions doivent toujours être déduites à partir de situations fictives – l’état de nature chez Hobbes, la fable du troc originel chez les économistes et l’hypothèse de l’efficience des marchés chez les apôtres de l’Ecole de Chicago.

Vers la disparition du travail


samedi 15 février 2014

La contrainte environnementale pourrait-elle retarder, voire remettre à jamais, la fin du travail ? 2/2



Billet invité de Thibault Laurentjoye, suite de la première partie

La double contrainte environnementale

Le poids que l'activité humaine en général fait peser sur l'environnement présente deux composantes : d'une part, la pollution au sens large, et d'autre part, l'épuisement des ressources naturelles.

La forme la plus souvent évoquée de pollution est celle liée à la montée du dioxyde de carbone (CO2) dans l'atmosphère, fréquemment évoquée comme source du réchauffement climatique. La focalisation sur le CO2 présente cependant plusieurs inconvénients. Tout d'abord, elle élude la responsabilité croissante d'autres gaz à effet de serre dans le réchauffement climatique, comme le méthane ou les hydrofluorocarbones. Par ailleurs, elle donne l'impression que le principal inconvénient des gaz émanant des voitures ou des usines se jouerait à des dizaines de kilomètres au-dessus de nos têtes dans la sphère céleste, alors que dès leur émission ils créent des problèmes bien plus proches de nous : irritation et infection des muqueuses respiratoires, risque accrû de cancers, etc. Enfin, l'effet de mode autour du CO2 a permis la création d'un marché des droits à polluer, qui n'a pas tenu ses promesses et a ouvert un nouveau terrain de jeu à la spéculation financière.

vendredi 14 février 2014

La contrainte environnementale pourrait-elle retarder, voire remettre à jamais, la fin du travail ? (1/2)

Billet invité de Thibault Laurentjoye




La théorie de la fin du travail s'oppose légitimement aux thèses productivistes, dont elle pointe et résout les incohérences, en préconisant notamment une diminution progressive du temps de travail. Cependant, la faiblesse de cette théorie vient justement des prémisses qu'elle partage avec la thèse productiviste, prémisses desquelles sont éludées les questions de la pollution et de la rareté des ressources naturelles. Si l'on peut raisonnablement plaider en faveur de la réduction du temps de travail – conjoncturellement pour lisser l'activité et structurellement pour favoriser – la prise en compte de la contrainte environnementale incite à penser qu'un phénomène tel que la fin du travail ne pourra pas se produire au cours du prochain siècle, au moins.

L'oubli des ressources naturelles et ses conséquences