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samedi 8 mars 2025

Ukraine : ce que révèle le mauvais show de la Maison Blanche

« Cela va faire de la bonne télévision ! » : c’est ainsi que Donald Trump a conclu l’échange avec Volodymyr Zelensky à la Maison Blanche. Si les tensions des dernières minutes resteront probablement dans l’histoire, c’est parce qu’une telle réunion n’aurait jamais dû se passer devant les journalistes. Elle a révélé la prévisible brutalité des États-Unis et de ses dirigeants actuels, les erreurs du président ukrainien, et l’interprétation totalement aberrante de bon nombre de journalistes et de nos dirigeants politiques.


 

Cow boys brutaux et nains médiocres, impuissants et divisés

 

mercredi 26 février 2025

Ce que disent les négociations actuelles sur l’Ukraine

Il y a trois ans, hier, la Russie envahissait l’Ukraine. Une guerre qui a fait des centaines de milliers de morts et dont l’issue semblait lointaine avant l’élection de Donald Trump à la Maison Blanche. Il faut reconnaître que depuis son investiture, les choses avancent vite, avec son flot de déclarations fracassantes et souvent effarantes. Mais l’issue semble proche, ce qui en dit long sur le monde, et l’Europe.


 

La fin des illusions multi-latérales de la globalisation

 

samedi 19 mars 2022

Guerre en Ukraine : l’Allemagne impose encore son agenda à l’UE

 Papier publié lundi sur le FigaroVox

 

Cette crise provoquée par la guerre en Ukraine secoue l’UE. Certains y verront un nouveau moment pour faire progresser l’intégration européenne, Ursula von der Leyen prenant le droit d’interdire des médias. Mais un gros grain de sable devrait paralyser ce projet : l’Allemagne, trop heureuse de l’organisation actuelle, qui lui permet d’imposer son agenda à ses partenaires, sans guère de contestation. Une réalité bien illustrée par les dernières mesures contre la Russie, qui épargnent Berlin et pèseront sur Paris…

 


Protection des échanges énergétiques et réarmement

 

dimanche 27 février 2022

Poutine, enfant tragique de l’Occident

L’invasion de l’Ukraine par la Russie est un évènement sans précédent en Europe depuis une génération. Certes, il y avait eu la Yougoslavie, mais, aussi monstrueuse qu’elle ait pu être, c’était une guerre civile. Ici, nous revenons au schéma classique et historique de l’invasion d’un pays voisin par un autre. L’histoire n’est jamais finie et, malheureusement, le retour du pire est toujours possible.


 

Derrière l’horreur que vivent les Ukrainiens

 

jeudi 25 mars 2021

Le scandale du blocage des phagothérapies (billet invité)

 Billet invité de Rodolphe DUMOUCH, Professeur agrégé de SVT

 

La crise sanitaire a révélé de nombreux dysfonctionnements en matière de santé publique. Songez, en seulement un an, au changement ahurissant de discours officiel et de réglementation sur les masques ; comparez entre mars 2020 et mars 2021. Quels invraisemblables revirements ! Le seul élément stable dans cette cinéscénie grotesque est la remarquable conservation de ce réflexe répressif à 135€, si caractéristique du cerveau reptilien. Toutefois, il est d’autres scandales, en matière de santé, qui sont, justement, éclipsés par la situation. Parmi ceux-ci, le rejet européen, depuis des lustres, d’une technique susceptible d’être une réponse efficace à la multiplication des résistances bactériennes aux antibiotiques, la phagothérapie.

 

Les bactéries sont aussi attaquées par des virus

lundi 27 février 2017

De la Syrie et du Yemen, des poids et des mesures

Bien sûr, ce qui se passe en Syrie depuis trop longtemps est horrible. Cette guerre a fait des centaines de milliers de morts, et a imposé à des millions de personnes de quitter leur maison. Mais le Moyen Orient n’est pas le foyer d’une seule guerre malheureusement : une autre sévit, durement également, au Yémen, dans un silence quasiment complet relativement. Mais pourquoi ?



Géopolitique et mauvaise conscience ?

vendredi 27 novembre 2015

L’Argentine tourne la page Kirchner




La défaite logique du Kirchernisme

Bien sûr, les politiques menées après le défaut et la dévaluation ont sorti le pays de l’ornière, permettant une envolée du PIB par habitant, après avoir touché le fond en 2002. L’imposition d’un défaut aux créanciers du pays, encore remis en question par des fonds vautours aux Etats-Unis, la dévaluation et le protectionnisme ont nourri une croissance dépassant largement le cadre étroit des matières premières, contrairement à ce que répètent des analystes à courte vue. Buenos Aires continue à se passer des capitaux étrangers après s’être brûlé les ailes dans les années 1990 et s’être vu imposer des programmes d’austérité étrangement proches des récents plans Grecs. En fait, c’est la banque centrale qui finance en partie le gouvernement avec de la création monétaire, comme le fait aussi le Japon.



Cependant, il semble que le gouvernement ait pris un peu trop de liberté avec la planche à billets, poussant l’inflation au-delà des 20%, tout en tentant de nier la réalité en trafiquant les statistiques. En fait, certains ont vu dans les dernières années de présidence Kirchner un reflux d’autoritarisme et de corruption, avec la mort d’un procureur juste avant son témoignage sur une affaire importante. Mais au final, l’alternance qui a été votée démontre non seulement le caractère fondamentalement démocratique du régime déchu (ce qui loin d’être aussi évident au Venézuela), mais aussi que l’Argentine est une démocratie qui fonctionne plutôt bien puisqu’un peuple déçu vote pour l’alternance. Mais, comme le note Romaric Godin dans la Tribune, il ne faut pas s’attendre à un grand soir avec la victoire de Mauricio Macri.

Leçons pour les alternatifs

lundi 28 septembre 2015

De l’Arabie Saoudite, la Russie, l’Iran, la Syrie, Cuba et de l’orwellisation du monde

« Ce fut plutôt un choc pour Winston de découvrir, à propos d’une remarque faite par hasard, qu’elle ne se souvenait pas que l’Océania, il y avait quatre ans, était en guerre contre l’Estasia et en paix avec l’Eurasia. Il est vrai qu’elle considérait toute la guerre comme une comédie. Mais elle n’avait apparemment même pas remarqué que le nom de l’ennemi avait changé », 1984, Georges Orwell (merci au blog d’Olivier Berruyer pour la retranscription)



1984 est sans doute le premier livre de politique que j’ai lu. Dans ce roman, le pouvoir réécrit constamment l’histoire et change d’ennemi, l’Océania affrontant tour à tour l’Estasia puis l’Eurasia, en effaçant toute trace du précédent conflit. Un parallèle troublant avec l’actualité internationale récente.

Des méchants et des gentils

Les dernières années ont de quoi donner le tournis. Il y a deux ans, il était entendu que la Russie, l’Iran et Bachar el-Assad étaient sans doute les pires méchants de la planète. Vladimir Poutine était coupable d’avoir envahi l’Ukraine, l’Iran, de préparer une bombe atomique et le régime Syrien, de massacrer son peuple. Et Cuba était toujours dans les limbes du blocus imposé par les Etats-Unis. Mais en quelques mois, la situation a complètement changé. Cuba a été reconnu par les Etats-Unis. Un accord a été trouvé avec l’Iran, offrant de juteuses perspectives d’affaires. Et le développement de Daech, qui contrôle une large partie de l’Irak et de la Syrie semble devoir imposer aux dirigeants de la planète de se rabibocher avec la Russie, et même en partie avec Bachar el-Assad pour faire barrage aux islamistes.


Ces 180° diplomatiques sont quelques peu perturbants. Même si le pragmatisme peut être une vertu dans les relations internationales (après tout, la Russie communiste a joué un rôle majeur pour battre les nazis), les récentes fluctuations amènent tout de même à se poser des questions sur les choix de nos dirigeants. On pourrait aussi questionner notre rapport à certaines monarchies pétrolières, au premier rang desquelles l’Arabie Saoudite. N’est-il pas inconfortable, a minima, pour ne pas dire très choquant moralement, de voir que tant de dirigeants des grandes démocraties de la planète sont allés à l’enterrement de l’ancien roi d’un pays dont les règles permettent de décapiter, puis crucifier pour un simple délit d’opinion. Ne franchissons-nous pas la compromission avec des valeurs fondamentales ?

La guerre, enjeu de communication

dimanche 17 mai 2015

Refus de livrer les Mistral : la faute de Hollande




Deux poids, deux mesures

Mais comment notre gouvernement peut ne pas se rendre compte du ridicule complet qu’il y a de refuser de livrer des navires commandés par la Russie en 2011, tout en signant en grande pompe une vente d’avions de chasse au Qatar ? A supposer qu’il faudrait juger les régimes des autres pays (ce que le gaulliste que je suis a tendance à largement refuser), la comparaison entre la Russie de Poutine et le Qatar devrait quand même largement tourner en faveur du premier. La Russie, c’est l’Europe, c’est l’allié qui a permis de vaincre Hitler, c’est une démocratie, très imparfaite selon nos standards certes, mais plus proche de notre façon de vivre que la monarchie absolue qatarie, où la charia s’applique.


Ni russophobie, ni russolâtrie

mercredi 13 mai 2015

Le 9 mai, l’Europe se devait d’être à Moscou




Une insulte à l’histoire

La cérémonie de samedi était l’hommage à la contribution décisive de la Russie à la victoire contre Hitler. Comme le montre Olivier Berruyer sur son blog, chose oubliée aujourd’hui, la Russie est, de loin, le pays qui a le plus contribué à la défaite du nazisme. D’abord, c’est le premier pays par la contribution du sang, avec plus de 20 millions de victimes, 30% des morts de la Seconde Guerre Mondiale. Quand les Etats-Unis ont perdu 400 000 soldats, l’URSS en a perdu entre 8,7 et 13,9 millions ! En 1945, pour 57% des Français, l’URSS était le premier contributeur à la défaite de l’Allemagne, les Etats-Unis pour 20%. L’histoire a été réécrite avec le temps puisque 54% citent Washington et 23% Moscou.

Quelque soit ce que l’on pense du régime de Poutine, l’histoire imposait à la France et sans doute aussi aux autres dirigeants européens de se rassembler samedi, dans un message de rassemblement pour défendre la liberté contre l’oppression du totalitarisme le plus barbare. C’était le moins que l’on pouvait faire pour honorer la mémoire des 80 millions de morts provoqués par le conflit, mais aussi la liberté dont nous avons profité par la suite. Il est difficile de ne pas comprendre, en se rappelant ce qu’a été cette guerre, qu’il était indispensable pour les principaux dirigeants européens d’être présents à Moscou samedi pour honorer cette alliance qui a fait tomber Hitler, comme l’a noté Jacques Sapir.

Deux poids, deux mesures

mercredi 8 avril 2015

Aujourd’hui en Russie, Tsipras met (enfin) la pression sur l’Europe




Les jokers chinois et russe

Coralie Delaume, dans le FigaroVox, puis sur Marianne, se demande « Et si les Grecs préparaient leur sortie de l’euro avec l’aide de… Poutine ? ». Il faut dire que le timing du Premier ministre grec est assez fort : alors qu’il doit payer demain 458 millions au FMI, il est en visite aujourd’hui en Russie, le moyen de signifier aux dirigeants européens qu’il a un plan B au cas où Bruxelles n’accède pas à ses demandes ? Sur son blog, Jacques Sapir souligne aussi l’enjeu géopolitique qui émerge sur la scène européenne. L’économiste en fait le possible « acteur du grand basculement ». Les deux pays ne cessent de souligner leurs liens et leur proximité, y compris dans la lutte contre le nazisme.

En outre, Athènes dispose également d’une carte chinoise dans son jeu. A ce titre, comme le souligne bien Coralie Delaume, la poursuite de la privatisation du port du Pirée est à double tranchant. Bien sûr, elle peut sembler contradictoire pour un parti de gauche radicale, mais elle représente aussi un geste envers la Chine puisque c’est une société chinoise qui en bénéficie. Pour elle, « Athènes a envoyé par ce biais un signal amical à la Chine, à la suite de quoi Pékin s’est empressé de racheter cent millions d’euros de bons à court terme », alors même que la BCE « avait demandé quelques jours auparavant aux banques commerciales hellènes de ne plus acheter de bons du Trésor du pays »…

Plus ferme avec l’Europe ?

dimanche 22 mars 2015

Un nouveau pas vers la fin de l’hégémonie de l’Oncle Sam ?

C’est une annonce qui est passée relativement inaperçue mais qui représente pourtant une nouvelle faille dans l’hégémonie des Etats-Unis, après la décisions de la Chine, de l’Inde, du Brésil et de la Russie de concurrencer le FMI : les 4 principaux européens ont rejoint une initiative de la Chine en Asie.



Washington n’est plus seul

Après la chute de l’URSS, pendant quelques années, les Etats-Unis ont été la seule super-puissance. Et déjà que leur comportement avait été souvent très critiquable pendant la Guerre Froide, soutenant des dictatures militaires contre des démocraties penchant vers Moscou, le fait de se retrouver un peu seul au monde ne les a pas rendu plus responsables, déclenchant des guerres bien plus pour protéger leurs intérêts que par altruisme, faisant des centaines de milliers de morts. Et les Etats-Unis ont aussi la fâcheuse habitude de prendre leurs règles pour les règles du monde, n’hésitant pas à les appliquer par delà les frontières, pour l’impôt, comme pour sanctionner BNP-Paribas.

Si UE n’a pas permis aux pays européens de peser dans les relations internationales, semblant même les affaiblir plus qu’autre chose, l’ascension économique des pays émergents, au premier rang desquels la Chine, semble devoir redessiner les rapports de force à l’échelle de la planète. Il y a moins d’un an, la Chine, l’Inde, le Brésil et la Russie ont monté une banque concurrente du FMI, dotée de 100 milliards de dollars. Pour être honnête, à moins qu’elle finisse par intervenir en Grèce, si Tsipras voulait enfin desserrer le nœud coulant européen du cou de son peuple, elle n’a pas encore véritablement changé les rapports de force économiques de la planète, mais il s’agissait d’un premier pas.

L’Europe défie Washington en Asie

lundi 2 mars 2015

Chine, Ukraine, pétrole : Washington face à un monde multipolaire

Quelques complotistes obsessionnels voient sans doute dans les derniers évènements une confirmation du fait que Washington et la CIA contrôleraient le monde. On peut penser au contraire que nous assistons à un lent avènement du multipolarisme, déjà en route financièrement.



Effet de ciseaux des comptes chinois

La montée en puissance de la Chine est le signe le plus frappant de ce rééquilibrage du monde. Certes, le yuan ne représente que 2% des paiements internationaux, mais il ne cesse de progresser et a atteint la 5ème place des devises, alors même qu’il ne flotte pas encore tout à fait. Mais un autre événement, pourtant extrêmement significatif, semble être passé inaperçu. De même que les doubles déficits étasuniens marquaient l’utilisation asymétrique du dollar par Washington, le fait que les excédents commerciaux de la Chine progressent encore alors même que sa balance des paiements se dégrade à grande vitesse indique que Pékin souhaite sans doute peser de plus en plus lourd dans le monde.

En effet, théoriquement, la balance des paiements devrait suivre l’évolution de la balance commerciale, qui vient de bondir de 88% en janvier, du fait de la baisse du prix des matières premières. Mais cette évolution est compensée par l’envol des investissements chinois à l’étranger, y compris en France, pour qui le Monde dit : « Bienvenue à l’invasion chinoise ! ». On peut aussi y voir un ralentissement des investissements des multinationales vers un eldorado moins prometteur qu’auparavant. Mais on peut aussi y voir une volonté des dirigeants chinoise de racheter une partie du monde, comme l’avait fait le Japon dans les années 1980, au point de susciter alors une grande inquiétude des pays occidentaux.

Troubles européens et moyen-orientaux

jeudi 4 septembre 2014

Le « parti de l’étranger ». Ce qu’il a été, ce qu’il est devenu (billet invité)


Billet invité de Cochin

Hervé Morin, chantre de l’abaissement de la France


Ce mardi 1er septembre, Hervé Morin, ancien ministre de la Défense, a déclaré sur Europe 1 qu’« il serait incompréhensible que la France livre les Mistral » qu’elle a vendus à la Russie[1]. Une telle déclaration de la part d’un homme qui est l’un des principaux membres de l’UDI montre à quel point les libéraux de notre pays jouent la carte de l’abaissement de la France.

Déjà en 1978, dans son appel de Cochin, qui a gardé malgré les décennies passées toute son actualité, Jacques Chirac avait dénoncé le « parti de l’étranger » oeuvrant continuellement au déclin de notre pays. Comme le savent ceux qui ont un peu étudié l’histoire de France, l’expression de « parti de l’étranger » avait déjà été employée auparavant par les gaullistes. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, le général de Gaulle l’avait en effet utilisée pour dénoncer les communistes, qui se trouvaient alors dans une situation de soumission vis-à-vis de la Russie soviétique.

En 1978 cependant, ce ne sont plus les communistes, pourtant encore puissants, qui sont montrés par Jacques Chirac comme ses principaux adversaires politiques et le principal danger pour l’indépendance de la France mais bien les libéraux rangés derrière Valéry Giscard d’Estaing. Un tel constat reste d’une brûlante actualité et a d’ailleurs des fondements historiques solides.

mercredi 6 août 2014

Ne céder ni à la russophobie, ni à l’angélisme


Le récent krach d’un avion en Ukraine, attribuée peut-être un peu rapidement à des forces pro-russes, a engendré une nouvelle déferlante russophobe, bien illustrée par la de The Economist, d’un manque de mesure effarant. Qu’il semble difficile de débattre sereinement de la Russie de Poutine.



Eviter la caricature du grand Satan

Dans certains médias, plutôt anglo-saxons, on semble presque souhaiter une 3ème guerre mondiale pour régler son compte au « dictateur » Poutine. The Economist ne s’embarasse pas de détails en qualifiant son régime d’autoritaire, au même titre que la Chine. Il y a quand même des élections en Russie, même si elles ne déroulent pas de manière idéale. Bien, la Russie a peut-être une part de responsabilité dans la tragédie aérienne, mais, au pire, elle est totalement indirecte et absolument involontaire. Jamais Moscou n’a voulu abattre un avion de ligne. En revanche, il n’est pas inutile de rappeler ici que Washington a voulu, en manipulant les preuves de ses accusations, et en refusant de se plier au droit international, une guerre en Irak en 2003 qui a fait plus d’un million de victimes selon certaines sources. Et la démocratie étasunienne est loin d’être exempte de disfonctionnements majeurs, entre l’élection contestable de Georges Bush en 2000, le rôle effarant de l’argent ou les découpages électoraux aberrants.

Bref, avant de donner des leçons à la Russie, il faudrait quand même être soi-même bien moins critiquable. Bien sûr, la situation en Ukraine n’est pas satisfaisante, mais qui pourrait nier qu’une partie importante de la population souhaite désormais être rattachée à Moscou (comme le référendum en Crimée l’a démontré), ce qui doit tout de même être respecté, que l’autre camp est tout sauf réjouissant (avec de vrais néo-nazis dans la majorité actuelle) et que l’Occident (si tant est que ce concept soit réellement pertinent) a joué avec les allumettes à Kiev, au point d’offrir parfois une couverture médiatique effarante de parti-pris. Enfin, si le Général de Gaulle a eu des mots très durs contre le communisme, il a su avoir une attitude équilibrée avec l’URSS, ni servile, ni hostile par principe. C’est sans doute ce qui manque aujourd’hui à nos dirigeants qui cèdent trop facilement à la russophobie d’une partie des élites.

Mais ne pas être complaisant

dimanche 4 mai 2014

De l’Ukraine et de la Palestine


Jour après jour, la situation se dégrade en Ukraine. L’Est rentre lentement mais sûrement dans une guerre civile, comme le rapporte Jacques Sapir. Certains médias présentent le camp russe comme les méchants face à de gentils urkainiens pro-européens, au mépris de la réalité, mais aussi de toute objectivité.

Deux poids, deux mesures

Imaginons un instant qu’après une brève guerre, la Russie occupe l’intégralité de l’Ukraine, qu’elle la tienne sous sa coupe financière au point de pouvoir l’asphyxier du jour au lendemain, qu’elle construise un grand mur pour se protéger, avec une découpe qui ne suit pas toujours les frontières mais s’enfonce parfois aussi dans le territoire ukrainien, qu’elle développe des colonies de russes dans tout le territoire, dans des zones qui échappent complètement à l’administration ukrainienne, et protégées par des murs, et qu’au final, l’Etat ukrainien n’ait qu’un contrôle limité sur une minorité de son territoire, le reste étant directement administré par la Russie, depuis Moscou, avec une solide présence armée. Le tout étant aggravé par de nombreux morts de part et d’autre, poussant la Russie à des interventions armées.


La responsabilité de l’Europe et des Etats-Unis

samedi 29 mars 2014

Crimée : retour de la Russie, absence de la France (billet invité)


Billet invité de Roger Franchino

Le référendum du 17 mars sur le rattachement de la Crimée en dépit des vociférations occidentales confirme  donc le  grand retour de la Russie  déjà perceptible de façon croissante dans les affaires de l’Iran et de la Syrie.


L’Occident s’en alarme comme s’il fallait s’attendre à un retour de l’URSS  alors  que  c’est la Russie éternelle qui renait des cendres  où l’avait entrainée pendant 70 ans un régime exécrable.
«  la Russie absorbera le communisme comme le buvard boit l’encre » disait De Gaulle.

La Russie aujourd’hui est la 9ème économie mondiale, avec 145 millions d’habitants sur une superficie égale à 30 fois la France, et, membre du Conseil de Sécurité, elle reste la seconde puissance nucléaire derrière les USA.
Naturellement, compte tenu de cela et de son Histoire millénaire , elle aspire à retrouver la place qui fut la sienne sous l’Empire ou du temps de l’URSS.

Faut- il s’en étonner ? Faut-il s’en inquiéter ?

Sur l’affaire de l’Ukraine d’abord.