C’est un immense paradoxe, à
une époque où le chômage est si élevé. Le Capes, et donc la carrière de
professeurs, n’attire plus les jeunes, comme
le montrent les résultats des admissibilités au cru 2015. Voilà qui en dit
long sur la dégradation de la condition de professeur.
A
la recherche des professeurs
Les chiffres de la session 2015 sont
effarants : « en
lettres modernes, on compte 1 455 admissibles pour 1310 postes proposés. Si
l’on regarde du côté des lettres classiques, c’est encore plus dramatique, avec
114 admissibles pour 230 postes. En anglais, ce n’est guère mieux : il y a 1481
admissibles pour 1225 postes à pourvoir. (…) Au Capes externe de maths 2015,
seulement 1802 candidats ont été déclarés admissibles pour 1 440 postes
proposés. Si l'on reproduit en 2015 le taux de reçus parmi les admissibles de
2014, moins de 800 candidats (793) devraient être admis et 697 postes devraient
rester vacants ». En clair, si le niveau de sélectivité de 2014 est
maintenu, ce n’est pas moins de la moitié des postes qui pourraient ne pas être
pourvus.
Pire, il ne faut pas oublier que la sélectivité
est sans doute moins importante qu’avant, ce qui signifie qu’outre le fait de
manquer de professeurs (ce qui rend plus difficile les remplacements), leur
niveau pourrait baisser. Et ce n’est pas nouveau car, en
2011, le nombre de candidats était 80% plus bas qu’en 1997 ! Pire,
selon la DARES, « 300
000 nouveaux enseignants doivent être recrutés entre 2012 et 2022 »,
256 000 pour simplement remplacer les départs à la retraite, et
44 000 pour faire face à la hausse du nombre d’élèves et améliorer notre
« taux
d’encadrement dans le premier degré et l’enseignement supérieur parmi les plus
bas des pays de l’OCDE ». Aujourd’hui, la France manque de
professeurs. A quand le recours à des étrangers, comme dans la médecine ?
Mal
payés, mal considérés, mal respectés
