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mardi 20 octobre 2015

Cannabis, transaction pénale : l’effarant laxisme du gouvernement




Double sens judiciaire

Bien sûr, l’objectif officiel de la loi Taubira est de « désengorger les tribunaux et sanctionner plus vite. Les petites infractions et les délits passibles de moins d’un an de prison sont concernés ». Depuis le 15 octobre, certains délits sont tranchés contre un paiement comptant trois fois moins important, sans passage devant les tribunaux. Les médias évoquent plusieurs délits relativement mineurs : la consommation de cannabis, qui est passible d’un an de prison et 3800 euros d’amende « des peines rarement appliquées, après des mois d’attente pour être jugés », les graffitis, qui coûteront jusqu’à 1250 euros au lieu de 3750, ou la conduite sans permis ou sans assurance.  Bref, à première vue, on peut penser que c’est du bon sens de sortir de tels délits de la lourde machine judiciaire pour l’alléger.

En effet, on peut penser qu’il n’est pas inutile d’alléger les procédures pour les délits mineurs et permettre un meilleur traitement des délits plus importants et des crimes. Mais cette présentation des choses n’est pas suffisante. Car qui apparaît aussi avec cette réforme, c’est le très fort allègement des peines maximales pour les délits mineurs : plus de prison, une division par trois des amendes maximales. Bien sûr, il semble que les peines maximales n’étaient que cela, maximales, et qu’en pratique, les peines prononcées par les tribunaux n’étaient en général qu’une petite fraction de ces maximums. Cependant, quel message envoie notre société en divisant par trois les amendes maximales pour ces délits ? Diminuer les peines maximales ne revient-il pas à relativiser inutilement la gravité de ces délits ?

Du sens de ces transactions