lundi 27 décembre 2021

Les mauvais comptes de la 5ème vague

La montée de la 5ème vague fait revivre bien des aspects des précédentes, entre envolée des cas, mesures de restriction, et psychose médiatique qui ne souffre guère de contestation dans bien des grands médias. Nous avons même eu droit à la présentation d’une étude britannique selon laquelle deux doses de vaccins ne seraient efficaces que de 0 à 19% alors trois doses le seraient de 73 à 79%. Comme une impression de lavage de cerveau plutôt que d’un débat démocratique sain et équilibré.

 


Le droit d’être sceptique

 

Je reprends ici le titre du dernier papier de Michel Onfray sur la crise sanitaire, une parole bienvenue alors que la grande machine à laver anxiogène, autoritaire et incohérente du pouvoir, et des médias qui le suivent sur cette question, est enclenchée. Bien sûr, il est naturel d’être inquiété par une crise sanitaire qui a déjà fait plus de 120 000 victimes dans notre pays, alors même que la 5ème vague continue de monter. Néanmoins, pour qui tente de prendre un peu de recul, on peut se demander si les niveaux actuels de mortalité (pas ceux d’il y a un an) ne sont pas finalement comparables à ceux de la grippe saisonnière. Bien sûr, il y a le chaos dans le système hospitalier, mais cela n’incrime-t-il pas surtout les années d’austérité et de suppression de lits, auxquelles Macron a largement contribué (17 900 depuis 2017) ?

 

Tant de choses posent problème avec cette 5ème vague ! Il est assez incroyable d’apprendre que la France a fini par imposer des restrictions aux voyageurs venus de Grande-Bretagne quand le nombre de cas a dépassé le cap des 800 par million d’habitants et par jour. Mais pourquoi alors n’avoir strictement rien fait quand le virus circulait près de deux fois plus vite dans la Belgique voisine ou même aux Pays-Bas ? Pourquoi appartenir à l’UE devrait permettre d’éviter le moindre contrôle à la frontière, même en venant des zones où le coronavirus circule le plus ? Ce choix montre de manière frappante que la gestion de la crise actuelle est finalement bien plus politique que sanitaire. Il n’y a aucune raison sanitaire qui justifie de traiter plus durement les britanniques que d’autres européens. L’UE, c’est la fin des frontières avant la santé.

 

Autre point problématique : le passage du passe sanitaire au passe vaccinal. Passons sur le resserrement continu des contraintes, par leur extension au-delà du calendrier initial, ou le durcissement des règles, malgré les dénis outrés des premiers temps, qui assuraient que ces mesures seraient exceptionnelles ou que jamais au grand jamais le passe serait remis en cause avec la troisième dose, parmi les nombreuses contradictions, pour ne pas dire mensonges, du gouvernement. Les vidéos tournent en boucle et démontrent l’incroyable incohérence de l’exécutif qui semble vraiment avoir tout dit et son contraire, rendant le scepticisme pour le moins naturel et souhaitable, pour ne pas dire autre chose. Mais le passage du passe sanitaire au passe vaccinal ent pose aussi un véritable problème de santé publique.

 

En effet, alors que les jours qui passent soulignent toujours davantage l’efficacité limitée des vaccins à contenir la contamination, n’est-il pas paradoxal de priver de passe une personne qui vient de se faire tester, mais qui ne serait pas à jour de sa vaccination ? Une personne qui n’a pas son shéma vaccinal à jour, mais prudente, et testée très récemment, n’est-elle pas beaucoup moins susceptique de contaminer une autre personne qu’une personne vaccinée il y a 5 ou 6 mois, dont on sait que sa capacité à ne pas être porteuses du variant Omicron aujourd’hui pourrait finalement être proche d’une personne non vaccinée. Pire, sans besoin de se tester pour continuer à aller et venir, elle pourrait être plus susceptible d’avoir des comportements à risque, car rassurée du fait d’être à jour de son schéma vaccinal ?

 

Plus globalement, même si les variants actuels semble plus contagieux que les variants précédents, il est tout de même extrêmement perturbant de constater que les pics de contaminations du passé ont été dépassés presque partout alors que 90% de la population adulte est vaccinée dans le cas de notre pays. Comme je le pointais il a quelques semaines, cela amène à fortement questionner l’efficacité des vaccins pour réduire la circulation du virus, même si on peut reconnaître une forte efficacité sur les cas graves. On peut noter que le vaccin AstraZeneca semble au moins aussi performant que les autres pour réduire les cas graves tant la mortalité reste relativement un peu plus contenue en Grande-Bretagne au regard du niveau de la circulation du virus par rapport à beaucoup d’autres pays européens.

 

La semaine dernière, France 2 s’est emparée d’une étude de l’Imperial College de Londres pour affirmer (un peu vite), que deux doses ne seraient pas du tout efficaces (0 à 19%) quand la troisième dose permettrait de passer, miraculeusement, à une efficacité de 73 à 77%. Un argument qui vient à point nommé pour motiver les Français à faire une troisième dose, mais qui semble un peu incroyable : comment un vaccin pourrait être totalement inefficace à deux doses et l’être à 73% à la 3ème ? Bien sûr, des scientifiques pourront toujours souligner que c’est le principe des rappels, encore qu’il semble instinctivement surprenant de pouvoir tomber à 0%. Ensuite, pour avoir lu l’intégralité de l’étude publiée sur le site de l’Imperial College de Londres, quelle ne fut pas ma surprise de ne pas retrouver ces chiffres !

 

Plus globalement, le tableau présenté par France 2 est un torchon scientifique. De quelle efficacité s’agit-il ? La contamination, la réduction des cas graves, des hospitalisations ou des morts ? Et quel est le moment de référence après les 2 doses, ainsi qu’après les 3, étant entendu qu’il est bien évident que le panel des triples vaccinés a généralement eu sa dose il y a peu de temps (6 à 48 jours selon les tableaux de l’étude) alors que ceux qui n’en ont eu deux ont eu leur dernière dose il y a beaucoup plus longtemps (entre 141 et 178 jours pour les principales cohortes). En fouillant dans l’étude, il semble que deux doses (administrées en moyenne il y a près de 6 mois), ne protègent bien qu’à hauteur de 0 à 20% du variant Omicron, contre 55 à 80% pour trois doses, dont la dernière a été administrée bien plus récemment. En outre, l’ensemble du texte semble très prudent et évoque des régressions, qui impliquent qu’il s’agit sans doute de modellisation, et non de données scientifiques dures, en clair, des évaluations à affiner.

 

A minima, les journalistes auraient dû préciser tous ces détails, mais également l’intervalle présent dans le texte de l’étude. Il n’autait pas été inutile non plus de préciser que de nombreuses études préliminaires concluent à la moindre dangerosité d’Omicron. Autre cas effarant, Darius Rochebin, l’interviewer complaisant de Macron il y a peu, s’est aussi illustré en donnant la parole à un professeur qui soutient que « l’efficacité de la dose de rappel est magique, absolument spectaculaire ». Pourtant, des études commencent à souligner une efficacité de courte durée, l’étude présentée a été publiée par The Lancet, discrédité il y a 18 mois pour une étude largement bidonnée, et elle porte sur Israël, dont la confiance dans la 3ème dose semble toute relative alors qu’ils passent déjà à la 4ème… Bref, trop de média semblent ne choisir que la part la plus anxiogène de l’information, ainsi que celle la plus alignée avec l’agenda sanitaire ce pouvoir, qui les arrose d’argent à quelques mois des élections… Absolument révoltant !

 

Tout ceci n’incite pas à la confiance, et légitime complètement le scepticisme de Michel Onfray. Merci à lui et à tout ceux qui défendent un modèle de société moins autoritaire, où le pouvoir respecte les citoyens et ne cherche pas à les infantiliser, comme Mathieu Slama. Cette crise aura au moins eu le mérite de révéler une partie de la nature de ce régime oligarchiste, qui prend les citoyens pour des imbéciles, se permet toutes les contradictions, et semble bien peu regardant à l’égard des libertés publiques.

7 commentaires:

  1. "alors que 90% de la population adulte est vaccinée dans le cas de notre pays"

    Euh... ça sort d'où. Vous êtes nul ! Onfray le connard en citation, et puis quoi encore ? Ce trou du cul toutologue ferait mieux de fermer de salopard ignare en science. Il est écoeurant.

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    1. Voilà d'où ça sort, bouffon :

      https://solidarites-sante.gouv.fr/grands-dossiers/vaccin-covid-19/article/le-tableau-de-bord-de-la-vaccination

      Au 27 décembre, 91% des personnes de 18 ans étaient entièrement vaccinées (deux doses).

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    2. Personnes de 18 ans et plus voulais-je dire.

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    3. Faux et de toute façon, il faut une vax mondiale.

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    4. https://covidtracker.fr/vaccintracker/

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    5. @Anonyme illettré du 27 décembre à 22:13

      Faudrait d'abord apprendre à lire les sources avant de prétendre répondre... 76.5% des Français ont reçu toutes les doses requises selon covidtracker. Mais ce chiffre englobe des enfants et adolescents, pas seulement les adultes. Pour ta gouverne, en 2021, les 0-19 ans étaient à 23,9 de la population totale.

      Si l'on prend en compte exclusivement les adultes, comme le précisait Laurent, ce sont bien 9 personnes de 18 ans et plus sur 10 qui avaient reçu au moins deux doses aux alentours de la troisième semaine de décembre. Les graphiques de la vaccination par âge, plus bas sur la même page de covidtracker, le montrent sans aucune ambiguïté : tous les adultes sont au moins à 90 % de vaccination complète, soit deux injections, à l'exception de la tranche des 30-49 ans, qui dépassait cependant les 88 % fin décembre.

      Donc, sur ce point Laurent Herblay ne s'est pas trompé. Point.

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  2. Un intellectuel a le droit et même le devoir d'être sceptique, et si Onfray se contentait de se dire opposé à la vaccination des enfants, je le comprendrais. A vrai dire, je n'ai pas d'avis tranché sur la question. Ce qui me gêne dans son papier, c'est un certain nombre de sous-entendus sur les vaccins du genre : « autant d’effets secondaires pour un vaccin, ça n’est pas normal. Je ne dis rien de plus. » On aimerait au contraire qu'il en dise plus et qu'il clarifie sa position : est-il toujours favorable aux vaccins contre la covid ? L'article lu, on se pose la question.

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