Bien sûr, il y a beaucoup de sujets dans une élection municipale, des nombreux services publics que les mairies et leurs services gèrent, des écoles aux transports, en passant, pour partie, par la sécurité. Mais il en est un peu trop oublié dans notre ville, peut-être la plus belle du monde : les règles d’urbanisme pour les constructions neuves, un autre passif au bilan de l’équipe sortante.
Paris n’est pas un champ d’expérimentation pour architecte
Pourtant, notre ville est riche de l’héritage que nous a donné le baron Haussmann, ces magnifiques immeubles qui se suivent dans une magnifique harmonie et une unité qui fait l’unité et la beauté de Paris. Je suis d’autant plus affligé par le laisser-faire architectural qui règne depuis trop longtemps que je sais qu’il existe des règles d’urbanisme, qui peuvent être très contraignantes pour les commerçants. Un commerce ne peut pas faire ce qu’il veut avec la vitrine de sa boutique, et c’est bienvenu, mais les architectes et les promoteurs semblent n’avoir aucune contrainte quand ils construisent un nouvel immeuble à Paris, au point qu’ils peuvent construire des immeubles sans grand rapport les uns avec les autres, à la suite les uns des autres, comme sur l’avenue de France dans le 13ème ou dans le quartier des Batignolles.
Mais pourquoi donc la municipalité n’a-t-elle pas mis en place des règles architecturales très strictes qui auraient pu définir un style néo-haussmannien, cohérent et harmonieux avec les bâtiments de la deuxième moitié du 19ème siècle ? Au lieu du laisser-faire, il aurait été possible de renforcer l’identité de notre ville en s’assurant que toute nouvelle construction devait s’inscrire strictement dans la continuité de l’identité qui a fait que Paris est Paris aujourd’hui. Quel dommage que ces grandes avenues n’aient pas ajouter un chapitre de plus, de nouveaux quartiers qui auraient encore renforcé l’image de notre ville et auraient ancré l’identité haussmannienne dans le présent, tout en la propulsant dans le futur. Là, l’identité de Paris se dilue lentement, petit à petit gommée par un style architectural global et sans saveur.
La municipalité sortante a fait de notre ville un champ d’expérimentation souvent peu inspiré pour les promoteurs et les architectes, qui répètent des partitions déjà vues à Sydney, Londres, Los Angeles, Bangkok ou ailleurs. Quels laisser-faire et acceptation passive et à courte vue d’une globalisation taille unique qui détruit toutes les spécificités historiques pour les fondre dans un tout fade et changeant sans guère d’identité ! Voilà l’héritage architectural misérable que nous laisse l’équipe municipale sortante, qui a balafré notre belle ville par des constructions esthétiquement impersonnelles et sans la moindre cohérence avec le beau patrimoine laissé par le Baron Haussmann. Combien de quartiers défigurés, malheureusement pour longtemps, par l’urbanisme périssable et dérisoire des dernières décennies ?
Même si ce n’est pas mon seul critère de choix, couper avec ce laisser-faire architectural me semble critique. Et marquer une rupture avec la stratégie d’urbanisme actuelle est important pour moi, qui râle depuis si longtemps quand je vois un nouvel immeuble sans aucun rapport avec le passé, ni même avec les autres constructions proches dans le temps. Là aussi, il faut tourner la page.



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