Il y a huit jours, la France, et le monde, se réveillaient, ébahis devant les images des casses et des pillages commis la veille, jusque tard dans la nuit, par des groupes souvent très organisés. Le bilan des manifestations du 24 octobre laisse un goût d’autant plus amer qu’il montre qu’il était parfaitement possible de ne pas laisser nos rues et nos commerçants à l’abandon face aux pilleurs.
Des amateurs irresponsables
Je soutiens pleinement tous les mouvements de protestation des étudiants sur l’état désastreux de notre système éducatif, ou des Gilets Jaunes qui manifestent pour le pouvoir d’achat, les services publics et la démocratie. Mais je condamne fermement les actes de violence de ces hordes de barbares. Et je regrette que la France, après dix ans de Macron, soit non seulement incapable de les en empêcher, mais aussi de les arrêter et les condamner, pour une grande majorité. Notre pays semble à l’abandon. Non seulement les ferments de la barbarie ont prospéré pendant les mandats du résident de l’Élysée, mais nous semblons avoir perdu la capacité de les canaliser, les empêcher, et les sanctionner. Malgré la relative priorité donnée au budget du ministre de l’intérieur, notre force de maintien de l’ordre semble largement affaiblie, trop souvent incapable de maîtriser ces hordes de barbares et pilleurs.
Voilà qui ajoute une ligne au lourd passif de la macronie. Le 17 octobre, c’est le bilan de Macron, Darmanin, Retailleau et Nunez. Les deux premiers sont au pouvoir depuis 2017, le second ayant été ministre de l’intérieur pendant 4 ans et demi, jusqu’en décembre 2024, et depuis ministre de la justice, cela le met en première ligne quand on fait le bilan de notre sécurité. Si Bruno Retaileau n’a pas été ministre de l’intérieur aussi longtemps, on peine toujours à se souvenir ce qu’il a apporté concrètement à notre sécurité par son action, par delà des postures sans guère de conséquences. Quand on revient au 17 octobre, le manque d’anticipation est aberrant. Comment les services de renseignement pouvaient minorer ce que représentait cette journée, alors que le mouvement des lycéens faisait tache d’huile, était rejoint par tous les syndicats, et que les Gilets Jaunes se réveillaient avec une essence bien plus chère qu’en 2018…
Tout était réuni pour un mouvement d’ampleur, et avec cela, toutes les actions violentes auxquels nous sommes habitués depuis 2018. Comment Laurent Nunez a pu laisser 14 brigades de CRS sur 56 au repos ce jour là, dont 7 sur 10 dans la zone Sud, qui englobe Marseille, comme le rapporte cruellement le Canard ? Le ministre est un incapable, et la macronie ne peut pas rejeter la faute sur les failles du renseignement intérieur : ce sont eux qui ont nommé ses responsables, lui ont attribué ses moyens et l’ont réorganisé. Cette faillite, c’est celle de la macronie. Après un tel fiasco, Laurent Nunez aurait du partir, d’autant plus qu’il a été nommé en juin 2017 à la tête de la DGSI, notre renseignement intérieur, avant de devenir secrétaire d’État auprès du ministre de l’intérieur en octobre 2018, lors des Gilets Jaunes, avant de prendre le poste de préfet de police de Paris, puis de devenir ministre de l’intérieur en octobre 2025…
Bref, voilà un ministre beaucoup trop impliqué dans la politique de maintien de l’ordre depuis plus de neuf ans pour ne pas pouvoir être démis de ses fonctions au sortir d’un tel fiasco, traumatisant pour beaucoup trop de Français, et qui a une nouvelle fois abîmé l’image de notre pays. Malheureusement, en macronie, c’est l’irresponsabilité qui semble la règle. Les ministres ne partent pas après avoir échoué dans leur mission, mais bien plus en fonction des petits calculs politiciens du résident de l’Élysée et des ambitions personnelles des uns et des autres, pour offrir le hochet tant convoité à un ambitieux. Mais que pouvions-nous attendre venant de celui qui a jugé bon aller au concert de Céline Dion le 16 octobre, avec Hélène Arnault, dans un nouveau moment Louis XVI et Marie-Antoinette, avant de quitter la France ?
Mais après les
résultats désastreux de PISA, les tensions sur le budget, et la
hausse des taux d’intérêt de notre dette publique, ce fiasco sécuritaire complète
la fin crépusculaire de la macronie. Comment
imaginer que les Français mènent au second tour un responsable de ce fiasco ?
Il est temps de tourner la page de ce bloc central pseudo-raisonnable, qui
échoue sur tout, et notamment à nous protéger.

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