samedi 10 octobre 2026

Avec la Chine, l’UE démontre (encore) sa nocivité

S’il y a bien un domaine dont l’UE est responsable, c’est de notre politique commerciale. Et normalement, notre poids économique devrait nous donner les moyens de défendre nos intérêts efficacement. Mais avec sa gestion de la Chine, l’UE démontre qu’elle ne nous rend pas plus puissant, mais qu’au contraire, elle nous affaiblit dramatiquement, malgré l’accord annoncé hier, énième faux-semblant.

 


Exportations, importations : deux ambiances

 

D’un côté, le déluge des produits venus de Chine se poursuit, presque partout. L’automobile est emblématique, tant la percée des véhicules chinois est fulgurante : ils se sont déjà arrogés près de 12% du marché européen cet été, le double d’il y a un an. L’invasion des constructeurs japonais était lente et mesurée à côté. La Chine est particulièrement habile avec les sites de e-commerce Shein, Temu et Alibaba, contrôlant l’ensemble de la chaine de valeur, au lieu de se limiter à fournir Amazon ou les grandes marques occidentales comme Zara ou H&M, qui peuvent changer de fournisseurs. Et bien sûr, TikTok a pu s’implanter dans les pays européens sans aucune barrière. On ne compte plus les marchés où la Chine est devenue l’usine du monde, écrasant et détruisant méthodiquement la concurrence étrangère.

 

Quel meilleur exemple que l’industrie des panneaux photovoltaïques, dominée par les pays européens au début du siècle, que la Chine a décidé de récupérer en écrasant nos industriels. Pourtant, sur des installations subventionnées, il était possible de réserver la subvention aux seuls équipements fabriqués en Europe… Mais l’UE a laissé la Chine couler nos industriels et prendre le contrôle d’une industrie stratégique. Déjà alors, la commission avait fait mine d’agir, mais les mesures étaient dérisoires et le rouleau compresseur chinois est passé. Puis, nous avons droit au même cinéma avec les taxes très limitées sur les véhicules chinois, décidées en 2024. Deux ans après, les marques chinoises ont multiplié par quatre leur part de marché, démontrant le caractère dérisoire des mesures prises. Voilà qui pousse à relativiser les annonces d’hier du commissaire européen sur la limitation des exportations chinoises…

 

Mais autant le marché européen est totalement offert aux intérêts chinois, autant le marché chinois est fermé. Il l’était déjà aux importations automobiles, restées totalement marginales, toutes origines confondues. Mais là, sans doute pour compenser la baisse de ses ventes aux États-Unis, la Chine creuse son excédent avec les pays européens, en nous vendant plus, et en nous achetant moins. Nos exportations de spiritueux sont en berne, tout comme les ventes des marques européennes, fabriquées en Chine ou pas. Porsche a perdu deux tiers de ses volumes de vente en quatre ans, expliquant la crise du constructeur allemand. Bref, il est sidérant de constater le grand écart entre un marché chinois de plus en plus fermé aux produits européens, alors que le marché européen semble toujours offert à la Chine.

 

Les chiffres sont frappants puisque les pays européens exportent à peine 200 milliards de produits en Chine, quand ils achètent 560 à 570 milliards de produits à la Chine. Notre déficit dépasse 360 milliards, un milliard par jour ! L’Allemagne parvenait à vendre pour 100 milliards à la Chine à son zénith, la poussant sans doute à s’opposer à toute restriction des ventes de voitures chinoises en Europe, mais depuis, ses ventes ont reculé de 30%, expliquant en partie la crise du pays. Bien sûr, aujourd’hui, la commission européenne fait mine de s’en émouvoir, mais c’était déjà le cas il y a quinze ans avec les panneaux solaires, ou avec les voitures il y a deux ans. On a vu ce à quoi cela nous a mené... La Chine se permet même de nous menacer alors qu’elle nous vend presque trois fois plus que nous lui vendons…

 

L’UE adopte toujours une position complètement folle en matière commerciale. Ce faisant, cela démontre que l’union se fait pas toujours la force. Les intérêts contradictoires nous affaiblissent et nous appauvrissent, permettant aux intérêts étrangers de s’emparer de nos marchés, sans protection ni réciproque. Dès lors, il n’y a pas 36 solutions : il faut sortir de cette UE qui nous appauvrit.

11 commentaires:

  1. Il est de plus en plus évident que les ouvriers chinois sont beaucoup plus performants et compétitifs que les ouvriers français. Il faut donc agir pour changer cette situation et la première chose à faire serait de baisser massivement le SMIC français, augmenter le nombre d’heures travaillées et retarder significativement les départs en retraite!

    RépondreSupprimer
  2. Et après, il faudra s’aligner sur l’Inde, et encore après le Nigéria ? Au moins, merci de montrer le fond de la pensée oligarchiste dans toute son inhumanité. Vous pourriez vivre avec le SMIC chinois en France, vous ? C’est monstrueux de proposer cela : il serait impossible de vivre de la sorte.

    Et soit dit en passant, c’est idée d’un apauvrissement volontaire est absurde économiquement : la France en serait terriblement appauvrie, le PIB baisserait, remontant le poids de la dette. La solution, ce sont des écluses avec le monde extérieur, pas une fermeture, mais des écluses pour permettre des échanges raisonnables sans pour autant ouvrir à tout va et abandonner des pans entiers de notre économie.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Dans ce cas si les ouvriers français sont et resteront beaucoup plus chers que les ouvriers chinois, quel est l’intérêt de fabriquer en France? Ce sera alors beaucoup plus logique de tout fabriquer en Chine!

      Supprimer
    2. 1° Si vous ne payez pas les travailleurs français à hauteur des prix des logements et des produits vendus en France, vous ne pourrez plus vendre ces logements ou produits en France.
      Pour payer un travailleur français comme en Chine, il faut commencer par proposer aux familles françaises des logements à 1300€/m² qui est le prix médian en Chine, au lieu des 2500€/m² (prix médian en France). Etes vous prêt à une chute de 50% du marché immobilier ?

      2° Votre obsession sur le niveau de salaire des travailleurs (et non pas des ouvriers, vu qu'en France il n'y a presque plus d'ouvriers) est paradoxale quand on pense que de nombreux pays pratiquent des salaires médians bien supérieurs à la France, et n'ont pas de difficulté particulière dans la compétition internationale

      Supprimer
    3. Solution simple: ils pourraient loger dans des dortoirs de l’entreprise, comme en Chine.

      Supprimer
    4. Si les travailleurs logent dans les dortoirs de l'entreprise, le logement subira une baisse encore plus importante, correspondante à la réduction ultérieure de la demande
      Je vous assure que la plupart des français aisés (dont le patrimoine est en majorité immobilier), vont se retrouver d'un coup beaucoup moins aisés.

      Supprimer
  3. Anonyme 10oct 11h57
    "plus performants et compétitifs que les ouvriers français"

    Cher Monsieur les ouvriers français ne représentent plus que 3% environ de la population.
    je ne crois pas que vos mesures changeraient grande chose à la situation dramatique de la France.
    La classe ouvrière a disparu en France

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Vieux proverbe français: "A laver la tête d'un âne on y perd sa lessive". Inutile donc de raisonner l'anonyme francophobe qui ne jure que par la Chine sans même réaliser que s'il vivait dans ce pays il aurait tôt fait de se retrouver dans un camp de rééducation. Ce qui d'ailleurs vu son cas serait parfaitement inutile comme le dit le proverbe français.

      Supprimer
  4. @ Anonyme 19h

    Pourquoi les Japonais et les Suisses choisissent de produire leur nourriture localement, alors qu’ils pourraient se fournir beaucoup moins cher ailleurs. Appliquer la logique du moins partout et tout le temps conduirait forcément à un alignement par le bas dans les pays occidentaux. Voilà pourquoi il faut des écluses commerciales pour éviter cela

    @ Anonyme 20h

    Nous sommes plutôt entre 11 et 12% des emplois dans l’industrie. Et il en faudrait plus. Et même si c’est une faible proportion des emplois, nous ne devons pas y céder car cela touche l’agriculture et aussi une partie des emplois de service

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. HERBLAY
      votre 11% d'emploi dans l'industrie comporte un bon pourcentage de techniciens, ingénieurs, administratifs, vendeurs, managers etc
      les ouvriers sont autour de 3%

      Bien sûr qu'il en faudrait davantage. Mais je vous rappelle que
      1° les grands planificateurs de notre économie ont longtemps cru à la transition de l'industrie vers les services (erreur de Fourastié)
      2° La politique de la demande pratiquée depuis des décennies a encouragé le capital à investir dans les phases finales de la structure productive : les services, la distribution, le logement, la consommation,... tous les secteurs qui bénéficient directement des nombreuses allocations versées par l'état. (erreur de Keynes)
      3° les aides à l'industrie, ciblés vers les industries à actionnariat français, a permis à celle-ci de végéter même sans être compétitives. A titre d' exemple, Renault est totalement absent de deux marchés clefs comme Chine et USA (les deux premières économies mondiales), où par exemple une marque de qualité comme BMW réalise la moitié de ses ventes (32% en Chine et 17% aux US) (erreur à la soviétique)

      Supprimer
  5. On est surtout toujours dans le mythe de la concurrence libre et non faussée (mais à la fin l'Allemagne déclare la directive anticonstitutionnelle ou s'en fait exempter comme pour le cas recent de la montée en puissance de l'ESMA si cela ne lui convient pas). Évidemment si on a pour but en tant que société de faire concurrence à la Chine sur son terrain la solution est facile sur le papier, moins dans la réalité en démocratie quand on n'est pas à quelques millions on près. Voir des ultralibéraux appeler à s'aligner économiquement sur la Chine comme Glucksman appelait à embrasser les idées de Mao cela fait froid dans le dos comme convergence des luttes.

    RépondreSupprimer