C’est une
charactéristique marquante de notre époque : en cas de crise, les chômeurs
sont sommés de déménager pour trouver un emploi, y compris hors de leur pays, l’apprentissage
des langues étrangères devenant alors indispensable. Cette injonction à la
mobilité est révélatrice.
La course
à la mobilité
Bien sûr, comme
le montrent Emmanuel Todd et Hervé Le Bras, la France est aussi le produit
de la mobilité sur notre territoire, qui apporte un brassage qui fait que notre
pays est ce qu’il est aujourd’hui. Cependant, les choses ont bien changé, ne
serait-ce que depuis vingt ans. Dans les années 1990, on faisait encore souvent
toute sa carrière dans la même entreprise. L’apprentissage
des langues étrangères, même si on peut encore le regretter, restait quelque
peu accessoire. Chaque entreprise gérait en général l’intégralité de ses
affaires dans chaque pays où elle opérait. De manière plus anecdotique, on
pouvait être diplômé d’une école de commerce en passant seulement trois mois à
l’étranger.
En seulement
vingt ans, nos sociétés ont profondément évolué. La mobilité professionnelle
devient désirée, les entreprises souhaitant « aérer » leurs équipes
par des personnes ayant travaillé ailleurs, et à l’étranger. On reste moins
longtemps à son poste. Les bureaux clôts laissent de plus en plus leur place à
des espaces ouverts où les salariés n’ont même plus forcément une place
assignée. On
apprend les langues étrangères de plus en plus tôt, comme
le fait la majorité actuelle. Les services généraux et clients des
entreprises sont de plus en plus délocalisés vers des pays à bas coûts. De
manière plus anecdotique, il faut passer près d’un an à l’étranger pour obtenir
son diplôme d’école de commerce.
Le sens
de cette course
