Décidément,
certains média ne retiennent pas les leçons de l’histoire. Le « non »
des Alsaciens au projet de réforme des collectivités locales a
bien entendu était interprété comme un vote de protestation, les citoyens
n’étant pas assez intelligents pour comprendre l’intérêt du projet.
Quand certains
médias n’informent plus
Quelques
journalistes auraient bien besoin de réapprendre ce qu’est la démocratie. En
effet, le
traitement du résultat du référendum sur l’Alsace est trop souvent franchement
scandaleux. Certains se contentent de présenter les choses d’une manière
extraordinairement binaire, vantant un projet de réorganisation des
collectivités territoriales alsaciennes et n’hésitant pas à débiner un peuple,
frileux, conservateur, et incapable de comprendre l’intérêt de la réforme
qu’ils auraient mitonnée.
C’est ainsi
que Caroline
Roux, sur Europe 1, y voit un
contexte « favorable aux forces
de la contestation ». Pour elle, « le pays n’est pas dans la rue, mais il rumine sa colère. Et quand on lui
tend un bulletin de vote, il répond par une gifle ». Alain
Duhamel a également exprimé son mépris du peuple et de la démocratie en
affirmant qu’il ne fallait pas faire de référendum sur un projet de loi sur la
moralisation de la vie publique car les Français y diraient forcément non pour
voter contre Hollande !
En clair,
dans leur esprit, les citoyens ne votent pas de manière intelligente, mais
suivent uniquement leurs pulsions du moment, et comme le contexte économique
est mauvais et que le gouvernement n’est pas populaire, ils auraient bêtement
voté « non ». C’est
le discours habituel de cette élite pleine de morgue et de certitudes, qui
nous avait déjà été servies en 2005, malgré une longue campagne et un intérêt
très fort des Français, dont le vote était parfaitement cohérent (les électeurs
de gauche refusant logiquement cette Europe libérale, au contraire de ceux de
droite).
Une remise
en cause de la démocratie