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samedi 13 décembre 2014

Affaire Philippot : le comportement indigne et totalitaire de Closer





Indignité politique

Il y a quelques semaines, je dénonçais la une du même torchon sur le président de la République et sa compagne. Malheureusement, il semblerait que la presse de caniveau semble désormais prospérer en faisant les poubelles des hommes et des femmes politiques, exposés comme de vulgaires starlettes de la téléréalité. Quelle déchéance pour le débat public de voir s’étaler en une de ces torchons les clichés volés du président, de ministres ou de députés ! A quoi se réduit la vie publique quand l’événement de la journée est une violation de la vie privée d’une femme ou d’un homme politique ? Difficile de ne pas y avoir encore une manifestation de ce laisser-faire détestable.

Avant même que la presse de caniveau ne s’attaque aux politiques, je pensais que les sanctions financières devaient être alourdies pour ne pas juste représenter une petite part des profits réalisés... Ce n’est pas parce que les stars gagnent beaucoup d’argent qu’elles ne doivent plus avoir de vie privée. Et cela est encore plus vrai pour notre personnel politique ! Et quelle malhonnêteté crasse de la directrice de Closer qui se plaint d’avoir payé jusqu’à 60 000 euros d’amendes, sachant que le dernier numéro sur François Hollande a doublé ses ventes, à 600 000 exemplaires. C’est bien parce que les amendes ne sont qu’un détail financier que ces publications dépotoirs continuent à agir de la sorte.

« Transparence » totalitaire

lundi 13 janvier 2014

Une pensée pour Valérie T


Je ne souhaitais pas me prononcer sur « l’affaire » dont tout le monde parle depuis vendredi. Je ne pense pas que la démocratie gagne à cet étalage de la vie privée des hommes et des femmes publiques. Mais les derniers évènements de la journée d’hier m’ont fait changer d’avis.



Le prix d’une révélation

Bien sûr, on peut estimer que parce que le président de la République a une compagne logée à l’Elysée et une équipe financée par le contribuable, sa vie privée nous regarde. C’est la thèse qu’a (bien) défendue Périco Légasse sur Marianne. Cependant, la révélation de l’hospitalisation de Valérie Trierweiler vendredi hier après-midi doit nous amener à considérer toutes les conséquences de cette exposition de la vie privée de la classe politique. Quelle est la frontière entre le souci de transparence et le voyeurisme ? Déjà, on pouvait se poser des questions quand tous les membres du gouvernement avaient été amenés à dévoiler leur patrimoine, dont se sont emparés les médias et les humoristes, parfois avec une gourmandise et des commentaires bien peu décents.

Cette révélation a quatre conséquences. D’abord, elle a fait vendre du papier. Ensuite, on peut se demander s’il n’a pas fait sauter plus encore les barrières de protection de la vie privée des politiques. Ceci est gênant car du moment qu’un journal se le permet, tous les autres suivent. Troisièmement, cela complique sérieusement la conférence de rentrée du président de la République, prévue mardi. Ici, cela devient plus grave car cela ridiculise notre démocratie, entrave le fonctionnement de la présidence et on peut légitimement se demander si cela en vaut le prix, même si Closer n’est pas responsable à 100%, puisqu’il ne fait que rapporter ce qui n’était pas rapporté avant.

Mais surtout, cette révélation fait des victimes collatérales, au premier rang desquelles Valérie Trierweiler. Cela vaut-il le coup de mettre en danger sa santé pour exposer la vie privée de son compagnon, même s’il est président et qu’en se comportant ainsi, il a pris le risque d’exposer de la sorte sa compagne officielle ? Aujourd’hui, je ne le pense pas. Personne ne peut sans doute imaginer la souffrance qu’éprouve Valérie Trierweiler (et par ricochet ses proches) du fait de l’exposition à la terre entière de cette affaire. Ce que Closer lui a fait est inhumain et j’espère qu’elle sera bien entourée pour traverser cette douloureuse épreuve. C’est pour cela aussi que j’ai souhaité écrire, pour lui dire tout mon soutien.

Quelles leçons en tirer ?