Tout indique
que le président sortant de 2012, battu
par François Hollande, se
prépare à être pour une troisième fois candidat dans trois ans. Mais devant
l’amoncèlement d’affaires et de décisions hasardeuses de sa part, on peut
croire qu’il a déjà perdu ces élections.
Entre
Karachi et Bygmalion
Comme les
affaires n’ont pas empêché Jacques Chirac d’être réélu en 2002 et qu’elles
n’ont pas empêché Alain Juppé de revenir dans le peloton de tête des
personnalités de l’UMP, il est probable que Nicolas Sarkozy et son entourage ne
se préoccupent pas trop du
déluge d’affaires qui s’abat sur lui. Pourtant, les dernières révélations
jettent une ombre préoccupante pour ses perspectives électorales. Certes, l’affaire
Karachi, l’enquête sur le financement de la campagne électorale d’Edouard
Balladur en 1995, est accablante, mais non seulement elle repose sur des
faits très datés et il
semble qu’il n’y ait pas de preuves irréfutables de la culpabilité de celui qui
était à l’époque ministre du budget.
Mais
l’affaire la plus grave est sans doute l’affaire Bygmalion, du financement de
sa campagne de 2012. Il
y a quelques jours, Jérôme Lavrilleux, qui supervisait son financement, a admis
qu’elle avait coûté en réalité 32 millions d’euros, 11 de plus que le plafond
légal de 21, couvert par des fausses factures réglées par l’UMP. Médiapart
avance aujourd’hui un dérapage de 17 millions. De deux choses l’une : soit
il était au courant, et alors il est disqualifié pour non-respect des règles
électorales, soit il ne l’était et cela révèle deux problèmes. Non
seulement, il n’aurait pas été capable de comprendre qu’en réalité le budget
dérapait, mais en plus, il serait un chef qui pousserait ses équipes à lui
cacher des choses importantes, ce qui n’est pas rassurant pour un candidat à la
présidence de la République.
Un pari déjà
perdu ?
