L’anarchie financière à l’œuvre
Marianne a été le premier grand média à relayer l’information avec Médiapart, avant que Le Monde ne finisse par y consacrer un court papier assez neutre. L’information est d’importance puisqu’Eurex, filiale de Deutsche Börse, a lancé aujourd’hui un outil de spéculation sur la dette publique française. Hervé Nathan et Philippe Cohen l’expliquent sur Marianne 2 : cet outil permettra de parier sur la hausse ou la baisse des taux des bons du Trésor français.
Bien évidemment, cet outil utilise l’effet de levier puisque dix mille euros permettront d’en parier cent mille. Cela semble totalement hallucinant à un moment où de si nombreux économistes évoquent la fin de l’euro. En effet, le montant de capital nécessaire semble bien faible en cas de restructuration… Selon les deux journalistes, l’Agence France Trésor, que Nicolas Dupont-Aignan avait épinglée dans son avant-dernier livre, a donné son aval à ce nouvel instrument de spéculation.
Il est proprement sidérant de constater que Nicolas Sarkozy laisse encore faire cette spéculation qu’il dénonce pourtant depuis quatre ans. Où est la moralisation du capitalisme ? Où est le nouveau Bretton Woods ? Dire qu’il a eu le culot de dire hier qu’il allait demander une renégociation des statuts de la BCE, comme en 2007, alors qu’il n’a rien fait ! Même François Hollande a demandé à l’Allemagne d’annuler l’introduction de cet outil spéculatif.
Le protectionnisme, oublié de la campagne