La
couverture médiatique de
la grève à la SNCF est effarante. Elle
se contente trop souvent de montrer un
cortège d’usagers exaspérés, en évoquant, au mieux, de manière très superficielle,
les raisons de cette mobilisation. Pourtant, cela mérite un traitement plus
équilibré, comme l’a
bien noté Jérôme Leroy dans Causeur,
où il s’en prend à France Inter,
ironie de l’histoire…
L’oubli du droit de grève
Bien
sûr, les
grèves peuvent créer de grosses perturbations pour les usagers,
particulièrement quand ils n’ont pas de substitut, ou qu’ils se retrouvent
contraints d’utiliser leur voiture en subissant bouchons et coût élevé de
l’essence. Cela est d’autant plus problématique quand il y a le baccalauréat ou
que des demandeurs d’emplois ratent des entretiens suite aux perturbations,
comme certains médias s’en sont émus. Néanmoins, il
faut noter que la SNCF a mis en place un dispositif particulier pour faciliter
la tâche des bacheliers et Benoît Hamon confirmait cette semaine sur RTL
qu’il n’y avait pas plus de retard que les années précédentes (même s’il faut
reconnaître que les critères ont été assouplis cette année). Et puis, on passe souvent son baccalauréat
à proximité.
Mais
il faut noter deux choses. D’abord, comme
me l’ont indiqué des lecteurs, il n’est pas possible pour les grévistes de
faire la grève du zèle (où les usagers n’ont pas à payer), ce qui serait un
moyen de faire des grèves populaires. Ensuite, et cela est insuffisamment
rappelé, il
ne faut pas oublier que les jours de grève ne sont pas payés. La
protestation des salariés de la SNCF a un coût qui n’est pas négligeable pour
tous les grévistes. Par exemple, la défense de leurs idées va peut-être
engloutir le budget vacances de ceux qui y participent. Pour les moins payés,
elle imposera des privations dans les prochains mois. Et puis, ceux qui
dénoncent la grève oublient également que le droit de grève est un acquis
important, un marqueur démocratique majeur.
Une vraie question de fond
