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vendredi 1 août 2014

Manuel Valls, le premier ministre qui insulte la France (billet invité)


Billet invité de l’œil de Brutus.

Dans l’hystérie médiatique qui a entouré le crash du vol MH17 en Ukraine puis celui d’Air Alger au Mali, le discours de Manuel Valls à l’occasion de la commémoration de la rafle du Vel d’Hiv a été peu relevé. Pourtant, il hautement significatif de sa conception de l’histoire et de la France, et au-delà, des conceptions et de l’idéologie qui sont les marquants du PS[i].


Le premier ministre s’est exprimé ainsi :
"Oui, la France était à Vichy. Et elle était à Paris. Là, des gens, des personnages hargneux, animés des pires préjugés théorisaient la supériorité de certains hommes sur d'autres hommes, et appelaient à la 'haine du juif'. Ils croyaient en une patrie pure, purifiée, fantasmée, en la prétendue nécessité de la régénérer et de chasser les ennemis qui se cachaient en son sein.[ii]"

Cette formulation des responsabilités de la France dans la Shoah va bien au-delà de tout ce qui a pu être déclaré par autorités politiques française. Il prolonge certes le discours, déjà en amplement ambivalent pour la France, de Jacques Chirac du 16 juillet 1995. Mais celui-ci imputait la responsabilité de la rafle du Vel d’Hiv à l’Etat français de Vichy, non à la France, et rappelait aussitôt que la « France n'a jamais été à Vichy. Elle n'est plus, et depuis longtemps, à Paris. Elle est dans les sables libyens et partout où se battent des Français libres. Elle est à Londres, incarnée par le Général de Gaulle. Elle est présente, une et indivisible, dans le cœur de ces Français ».

Or, pour Manuel Valls, « la France était à Vichy », même s’il précise aussitôt après dans son discours qu’elle était à Londres. A son sens, donc, la France est divisible. Cela en dit long sur sa conception de l’Histoire et de la France.