C’est le
gadget de la fin de mandat de François Hollande, qui
ne serait mis en place qu’en 2018 pour éviter toute perturbation du scrutin de
2017. Mais même si on peut y voir une forme de modernité ou son aspect plus
pratique, le prélèvement de l’impôt sur le revenu à la source pose bien des problèmes.
Impôt et
citoyenneté
Au premier
regard, une
telle réforme peut sembler être de bon sens. Ainsi, les contribuables pourraient
payer au fur et à mesure leur impôt, théoriquement sans mauvaise surprise. Le
paiement progressif éviterait d’avoir à gérer sa trésorerie dans l’année. Les
employeurs, qui collectent déjà les cotisations sociales, ne devraient pas
avoir de problème à gérer en plus la collecte de l’impôt sur le revenu, qui
pèse moins que les premières. Enfin, on pourrait même imaginer que la collecte
de l’impôt en serait fiabilisée et améliorée. Au final, c’est une réforme qui
porte peu à controverse, même
si beaucoup soulignent sa complexité. Mais l’on peut s’étonner d’une mise
en place seulement programmée en 2018.
Pourtant, le
prélèvement à la source pose des problèmes. D’abord, sera-t-il une obligation
qui s’imposera à tous les citoyens ou une option qui s’offrira aux
contribuables ? Ensuite, plus fondamentalement, cette façon de prélever
l’impôt revient à le faire de manière relativement invisible et indolore, sans
que le contribuable ne s’en rende compte. Un moyen commode pour calmer
la révolte fiscale, même si cela est plus du camouflage qu’autre chose.
Mais même
si l’on considère que l’Etat ne dépense pas tant que cela en France, ne
s’agit-il pas d’une nouvelle déresponsabilisation de nos gouvernants et
des citoyens ? Ne peut-on pas penser que le paiement direct de l’impôt peut tous
nous responsabiliser ?
Réflexion
ou communication ?
