Heureusement
que les Echos sont là pour nous
révéler quels sont les vrais problèmes de notre pays. Le
quotidien économique nous informe : « Exil fiscal : les départs multipliés par 3 en 5 ans ». La
persécution fiscale dont seraient victimes les plus riches les pousserait à
fuir notre pays…
Le tout petit
bout de la lorgnette
Ce n’est pas
la première fois que certains
médias s’inquiètent de manière dramatisante de l’exil fiscal des riches
Français. Mais en 2015, comme
en 2010, pour qui met un minimum en perspective les chiffres, on constate
qu’il n’y a pas de quoi fouetter un chat, même fiscalophobe… Le court papier
des Echos, d’abord intitulé « Impôt :
les départs à l’étranger des plus aisés s’accélèrent », si on en
croit l’adresse URL, est drôle sans le vouloir. D’abord, dire que les départs
ont été multipliés par 3 en 5 ans est assez ridicule quand on se souvient que
cela fait du creux de la crise économique le point de départ de l’analyse,
moment peu propice aux coûteuses expatriations ou aux départs en aventurier…
Pire, nous
sommes sur « des
rythmes de hausse bien plus rapides que pour le nombre global de Français qui
s’expatrient (+6% par an en moyenne) » ! Surprise ! Il
est plus facile pour les cadres sup globalisés de partir à l’étranger que pour
la caissière ou l’ouvrier… Car la population en question est bien
identifiée : en
2013, 3744 départs à l’étranger de contribuables au revenu fiscal de référence
supérieur à 100 000 euros. Mais est-ce surprenant pour un pays avec tant de
multinationales (PSA, Renault, L’Oréal, Carrefour, LVMH, Danone…) ou de grandes
écoles dont les étudiants se voient offrir de telles opportunités ? La
marche en avant de la mondialisation explique ainsi cette augmentation.
Un phénomène dérisoire
