Il faut le
lire pour le croire. Mais pouvait-on attendre autre chose de la part de la
bible des élites globalisées que cette
véritable déclaration d’amour aux investisseurs activistes qui secouent les
comités de direction des grandes entreprises, pour
qu’ils donnent toujours plus aux actionnaires ?
Secouer
le cocotier capitaliste
Pour The Economist, ces investisseurs
activistes seraient le remède contre « les
investisseurs paresseux » et imposeraient un sain contrôle aux
comités de direction endormis : « les
activistes remplissent un vide de gouvernance qui frappe les entreprises
cotées. Une part grandissante des actions est dans les mains d’investisseurs
paresseux. Les fonds indiciels et les fonds d’échange copient les mouvements du
marché et, typiquement, s’intéressent peu à la manière dont les entreprises
sont gérées ». L’intervention grandissante des investisseurs
activistes fait que « les
fonds de pension sont forcés d’avoir un point de vue et deviennent beaucoup
plus actifs et regardent beaucoup plus vers le futur ».
Ce sont ces
fonds qui poussent les entreprises à donner toujours plus aux actionnaires, que
ce soit par des
rachats d’action ou autres moyens. C’est ainsi qu’Apple a remis en question
son refus des dividendes et a lancé un
vaste programme de rachat d’action. C’est
ainsi également qu’IBM consacre deux fois plus d’argent aujourd’hui à racheter
ses propres actions plutôt qu’à investir en recherche et développement. De
manière sans doute pas si étonnante, l’entreprise voit son chiffre d’affaire
reculer et même
The Economist reconnaît qu’il y a
sans doute un lien de cause à effet. Ce sont aussi ces investisseurs qui
poussent à des ventes de filiales, des fusions ou à des restructurations
sauvages…
Le nouvel
excès du capitalisme actionnarial ?
