mardi 14 mai 2013

Bitcoin, ou la folie de la monnaie virtuelle


Le 10 avril, après avoir décuplé en un peu plus de trois mois, le prix des Bitcoin baissait brutalement de 20% suite à un problème de logiciel de l’entreprise qui gère environ 80% des transactions avec cette monnaie virtuelle. Un avertissement sans frais sur les dangers des monnaies virtuelles.

Les monnaies virtuelles, enfants de la banque libre

Les Bitcoins ont été lancés en 2009. Il y en a environ dix millions en circulation et les créateurs ont annoncé qu’ils limiteraient leur nombre à 21 millions. The Economist affirme que le système de création et d’échange est encore plus sûr que les monnaies réelles et que des entreprises normales commencent à les accepter. L’avantage de ces monnaies virtuelles serait qu’elles réduisent les frais de transaction, notamment pour les échanges internationaux, ce qui aide leur développement.



Néanmoins, l’hebdomadaire britannique souligne également que cette monnaie, utilisée anonymement, est aussi largement utilisée par les organisations criminelles. En outre, sa valeur varie de manière totalement irrationnelle et exubérante puisqu’une même unité, qui valait 15 dollars en début d’année, est montée à plus de 200 dollars courant avril. Bitcoin n’est pas la seule monnaie virtuelle : outre quelques monnaies internes à certaines entreprises (Facebook), deux autres entreprises ont lancé des monnaies concurrentes : Litecoin et surtout Ripple, émis et limités à cent milliards par leurs créateurs.

The Economist évoque le possible développement d’autres monnaies, par exemple Visa. On pourrait aussi penser à des entreprises comme Amazon ou Ebay. Naturellement, se pose la question de la réglementation de ces monnaies : une agence étasunienne s’est emparée de la question mi-mars mais ne donne pas de signe indiquant qu’elle pourrait les interdire. D’une certaine manière, il s’agit d’une renaissance limitée des banques libres, qui émettaient leur propre monnaie.

Des monnaies qu’il faut interdire

Bien sûr, les plus libéraux des libéraux s’enthousiasmeront de cette expérimentation du marché, sans la contrainte étatique. Mais sur le fond, ces monnaies virtuelles posent des problèmes qui justifient largement leur interdiction. Tout d’abord, leur conception, garantissant parfois un anonymat complet, peut permettre le recyclage d’argent sale. Ensuite, il s’agit d’un flux monétaire sur lequel l’Etat a moins de maîtrise, ce qui peut faciliter la désertion fiscale des entreprises qui les utilisent.

Mais surtout, la monnaie est un pilier des sociétés mordernes, à la fois unité nécessaire à l’échange, mais aussi unité de compte qui permet l’épargne ou le prêt. En cela, il est difficile de ne pas comprendre qu’il s’agit d’un service public, qui relève éminemment de l’Etat pour garantir la valeur de cette monnaie. Confier cela au marché aboutit précisément aux errements constatés avec Bitcoin, à savoir une variation totalement erratique de sa valeur, qui peut faire du mal aux citoyens.

En outre, l’exemple de Bitcoin amène à se poser la question de qui profite de la création de ces monnaies virtuelles. En effet, les dix millions d’unités créées ne sont pas gagées sur quoique ce soit. Du coup, il faut reconnaître que quelqu’un profite de la création ex nihilo de ces monnaies et l’absence de régulation en ce domaine pose également problème. Bref, rien ne justifie que de la monnaie soit créé de la sorte par des entreprises privées. C’est l’Etat qui doit gérer la monnaie.

L’expérience Bitcoin montre à nouveau tous les dangers du « laisser-faire » en matière monétaire. Non seulement, les marchés seuls sont incapables d’assurer la stabilité nécessaire à la monnaie, mais les bénéfices de la création de la monnaie doivent rester dans le giron public.

19 commentaires:

  1. Le système bitcoin est admirable (et fascinant), mais le problème avec nos monnaies actuelles n’est pas qu’elles dépendent de l’État. L’État peut en abuser, mais affranchir la monnaie de l’État crée d’autres difficultés. Le système Bitcoin en résout certaines très astucieusement, mais ses vulnérabilités augmenteraient exponentiellement s’il devenait vraiment un moyen d’échange généralisé. Et il y a fort à parier que l’État (ou les États) serait vite invité à s’en mêler.

    http://frogonomics.wordpress.com/2013/04/19/o-la-jolie-bulle-ou-laffaire-bitcoin

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  2. -"cette monnaie, utilisée anonymement" "peut permettre le recyclage d’argent sale"
    Certes c'est anonyme mais toutes les transactions sont enregistrées et diffusées publiquement; et la signature des acteurs reste la même. On peut ajouter à ça les renseignements sur les adresses IP. Avec ces infos il est tout à fait dangereux de faire du blanchiment d'argent (c'est tout à fait envisageable de déduire l'identité des acteurs qui se cachent derrières des transactions suspectes avec ces infos).

    -"les banques libres"
    Le danger des banques libres c'est que l'émission monétaire est centralisée. Ici ce n'est pas le cas, la création monétaire est décentralisée. La monnaie est créée pour rémunérer un service : la sécurisation du système - libre à chacun d'y participer.
    La quantité de monnaie créée est strictement déterminée selon une formule mathématique que plus personne ne peut modifier.

    -l'instabilité
    Pourquoi vous avez tronqué la courbe ? Regardez la courbe jusqu'à aujourd'hui !
    http://bitcoincharts.com/charts/mtgoxEUR#rg60ztgSzm1g10zm2g25zv
    C'est la courbe d'un système qui se stabilise autour d'une valeur !!

    Le seul argument contre la monnaie Bitcoin (par rapport au système actuel) n’apparaît pas votre argumentaire : le coût informatique de cette monnaie.

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  3. @Tetef

    Sur 1 mois il me semble que c'est un peu optimiste d'en tirer une loi telle que " C'est la courbe d'un système qui se stabilise autour d'une valeur !! "

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    1. idem pour les adresses IP le blanchiment n'est pas fait par des gamins

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    2. Ce commentaire a été supprimé par son auteur.

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    3. parceque les monnaies conventionnelles évitent le blanchiment d'argent peut-être ?
      vous êtes naif...

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  4. Très convaincant.

    Je signale, par ailleurs, de nouveau un bon article de Xavier Dupret : http://ragemag.fr/emmanuel-todd-europe-bon-gout-raison/

    Emmanuel B

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  5. Moi qui apprécie habituellement vos analyses économiques, je ne suis pas du tout d'accord avec vous, Laurent. Vous multipliez les clichés et n'avez, à mon sens, pas suffisamment étudié le sujet. Ce ne sont pas vos convictions que j'attaque.

    Je ne sais pas si la raison en est que vous êtes le tenant d'une école keynésienne de l'économie par opposition à l'école autrichienne (d'ailleurs je me garde pour l'heure de me prononcer car n'ai pas suffisamment approfondi leur analyse respective) voire à d'autres courants, mais les arguments que vous avancez tiennent difficilement.

    Que cette monnaie expérimentale (qui répond d'ailleurs aux 4 critères d'Aristote qui définissent ce qu'est une monnaie, y compris sa valeur intrinsèque - j'y viens) :
    - soit pour le moment échangeable contre des dollars ou des euro sur des plateformes privées (qui constituent assurément le point faible majeur de l'écosystème Bitcoin grandissant pour des raisons de sécurité et un amateurisme évident, de même qu'il est impensable qu'un seul site, Mt.Gox, s'accapare 80 % des transactions) ;
    - et qu'elle jouisse d'une gestion totalement décentralisée ;
    ne signifie en rien qu'elle est créée par des entreprises privées ! Elle est "minée" par des particuliers grâce à la puissance de calcul de leurs machines, ce qui au passage concourt à la "valeur intrinsèque" du Bitcoin pour peu que l'on considère qu'une puissance cumulée équivalente à celle requise pour chauffer plusieurs de dizaines de milliers d'habitations individuelles ne représente pas le "néant" !

    Vous vous méprenez ainsi grandement lorsque vous parlez de "création ex nihilo" d'unités de Bitcoin "gagées sur rien".

    Quant à l'argument selon lequel le Bitcoin est le paradis exclusif des trafiquants de drogue ou d'armes, il mérite autant de crédit que la critique adressée aux anti-mariage gay d'être homophobes. Désolé.
    Je dirai simplement que le Bitcoin est conçu de manière à éviter au maximum les risques de fraude, ce qui est un tout autre sujet que sa traçabilité, j'en conviens.

    Je conçois que le fait que cette monnaie (ou devise virtuelle expérimentale si vous préférez) soit régie par le seul marche s'oppose vigoureusement à votre vision de la création et de la circulation monétaire. Mais quand bien même, vos arguments tiennent difficilement la route aux yeux de quiconque s'est intéressé un tant soit peu au sujet. Je vous prie, Laurent, d'approfondir vos recherches sur la question afin de vous forger une opinion plus éclairée.

    Ecoutez Max Keiser qui a été très prolixe sur le sujet (j'imagine vos désaccords nombreux sur la planche à billets ou d'autres questions, mais qu'importe), ou consultez simplement la FAQ du site Bitcoin.org et vous devriez y trouver les réponses que vous n'avez même pas demandées !

    Cordialement,
    Un adhérent de DLR.

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    1. LP est loin d’être le seul à évoquer l'utilisation du bitcoin par les trafiquants.

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    2. Bien entendu, et encore heureux que l'hypothèse de place forte des trafics en tout genre soit avancée concernant le BTC. Mais ce n'est qu'une réalité marginale et, quand bien même elle ne le serait pas, cela n'occulterait pas les potentialités formidables des monnaies décentralisées (je rechigne à dire virtuelles). Et les "banques légitimes" alors, font-elles mieux ?

      N'a-t-il pas été démontré par je ne sais plus quel collectif bien avisé que les grandes banques du monde, au rang desquelles des banques françaises, spéculent sur le prix des denrées alimentaires, faisant crever de faim des habitants de pays où, contrairement à nous, on consacre une part colossale de son budget à l'alimentation ?

      La HSBC n'a-t-elle pas financé les coupeurs de têtes des cartels de la drogue au Mexique ?

      La justice américaine n'a-t-elle pas condamné sans équivoque les agissements odieux (dit autrement, les manipulations truandes aux répercussions généralisées) de grandes banques américaines, mais tout en jugeant qu'elles étaient "too big to prosecute" ?

      Tout ceci est vérifiable.

      Pour l'instant, par comparaison, le bitcoin s'en sort avec les mains plus propres, si vous me permettez l'expression.

      Bien à vous.

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    3. En tout état de cause, ce n'est ni Laurent Pinsolle que je visais, ni son éventuelle partialité. Du reste, je ne suis jamais partisan de la "demi-mesure" : il faut savoir trancher, et en l'occurrence l'avis de l'auteur l'est.

      Mais son article gagnerait indéniablement en qualité s'il laissait transparaître une véritable connaissance du sujet chez son auteur. D'où mon conseil, exprimé avec plus d'humilité que je n'ai pu le manifester, non pas de se ranger à mon avis, mais d'éclairer son opinion.

      Cordialement.

      Mais

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    4. enfin les trafiquants vont pouvoir revendre leur came, ils ne pouvaient pas le faire jusqu'à présent avec les monnaies conventionnelles....
      Bitcoin est certainement créé par le diable

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  6. Le cadastre décentralisé est présenté comme le grand avantage du système bitcoin. C’est aussi sa grande vulnérabilité.

    D’abord, tout repose sur un ensemble de logiciels. Les bases en ont été posées par l’illustre inconnu Satoshi Nakamoto (nul ne sait qui se cache derrière ce pseudonyme), mais il ne semble plus prendre part au projet qui est maintenant mené par diverses personnes. Les logiciels, faillibles, sont améliorés et de nouvelles versions proposées (on en est à la version 0.7). Par qui ? Comment sont-elles acceptées et diffusées ? Le problème n’est pas théorique : il y a quelques semaines, un désaccord est apparu entre les serveurs sur version 0.7 et ceux sur version 0.8, résultant en une bifurcation de la chaîne de blocs. Une intervention des éminences du monde bitcoin a pu sauver la situation. Fort bien, mais on est loin de la démocratie utopique prônée par certains : au lieu d’une sympathique coopérative anarchiste, on voit un système extrêmement complexe gérée par une élite technocratique qui n’est redevable à personne…

    De plus, le schisme fut évité parce qu’il était involontaire. Mais le risque de schismes voulus et malveillants est sérieux. Il suffit qu’une fraction suffisante du réseau décide de faire bande à part et de jouer selon de nouvelles règles : rien ne les empêchera. L’investissement nécessaire n’est pas bien grand : vue la taille actuelle du réseau, il suffirait de quelques millions de dollars. Et il n’est pas nécessaire de dépenser cet argent : les programmeurs astucieux savent très bien pirater des ordinateurs et exploiter leur puissance de calcul en masse. Je ne parle même pas des attaques provoquées non par l’appât du gain, mais par la méchanceté pure : les sites sur lesquels s’échangent les bitcoins ont été victimes d’attaques « denial of service » pour des raisons qui sont peu claires. Un système décentralisé est vulnérable parce que personne n’a suffisamment intérêt à investir les ressources nécessaires pour le protéger.

    olaf

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    1. "L’investissement nécessaire n’est pas bien grand : vue la taille actuelle du réseau, il suffirait de quelques millions de dollars."

      Totalement faux. Quelques chiffres actuels du réseau Bitcoin :Network Hashrate (PetaFLOPS) <=> 1088.65

      Maintenant si on va voir la puissance du top 500 des super ordinateurs au niveau mondial (http://www.top500.org/list/2012/11/), vous vous rendrez compte que le réseau Bitcoin est actuellement plus puissant que la totalité du top 500 en cumulé.

      Ajoutez y le fait que le mining connait une révolution avec les ASICS, et votre crainte n'est pas aussi probable que cela.

      J'ai présentement la flemme de m'étendre sur le reste de vos propos, mais vous devriez réviser votre "savoir", car il y a encore des lacunes.

      Comprendre réellement Bitcoin prends du temps, et beaucoup de réflexion.

      Bonne recherches ! :)

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  7. Mais qu'est-ce que ça peut vous faire ? C'est quoi cette manie d'interdire. Vous croyez que c'est l'épicier du coin qui transforme ses euros en Bitcoin ? Il savent très bien les risques et le principe. Laissez-faire !

    Quant au côté "blanchiment" c'est absurde, votre argent sale même s'il passe par bitcoin reste sale, le blanchiment c'est faire passer l'argent par un organe (comme une entreprise) qui établit des faux clients pour justement donner un caractère légale à une fasse transaction. Là vous retirez vos Bitcoins votre argent il est toujours sale... et si vous achetez avec, c'est la même chose qu'avec votre cash sale au coin de la rue.

    Moi je pense que cette monnaie est absurde car basée sur rien. Un Goldcoin (ou Silvercoin) serait génial et capable de détruire les monnaies étatiques, mais le Bitcoin adossé à rien...

    Mais je ne vois pas au nom de quoi les Etats interdirait Bitcoin, je ne vois pas au nom de quoi les Etats s'arrogerait le droit d'être les unique créateur de monnaie (avec les banques).

    Non ce n'est pas à l'Etat de créer la monnaie, pas seulement du moins. La création monétaire doit être libre. Vous aurez des monnaies étatiques sans planche a billet, des monnaies étatiques avec planche a billet, des monnaies d'entreprises, des monnaies basées sur l'or, sur l'argent, les gens alors se mettront rapidement a s'intéresser à la monnaie et choisiront bien mieux que les politiques, technocrates et grands banquiers la monnaie qu'ils veulent utiliser et celles qui de fait doivent mourir.

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  8. Toute ces monnaies sont des pièges de complexification ou celui qui sait ou le plus malin ou le plus retors gagne .La monnaie ne doit être qu'un outil qui permet d’éviter de transporter son cochon quand nous voulons l’échanger contre une paire de weston . Il ne doit pas y avoir de spéculation sur celle ci qui pour le coup est de la monnaie de singe .
    Si nous ne voyons pas pourquoi l’état ne peut interdire celle ci nous ne voyons pas non plus pourquoi il ne l'interdirait pas l'etat c'est nous et cela n'a rien a voir avec la Liberté .

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  9. Bonjour,

    Sans être expert, je pense qu'il y a un défaut dans votre raisonnement : "C’est l’Etat qui doit gérer la monnaie."

    Il n'y a aucun contrôle démocratique sur la BCE, et encore moins sur la FED...

    La Fed est une banque centrale indépendante : ses décisions ne sont pas sujettes à l'autorisation du Président des États-Unis ou d'une autre partie du gouvernement fédéral, elle ne reçoit pas de budget du Congrès, et les mandats des gouverneurs sont beaucoup plus longs que ceux des élus fédéraux. Le gouvernement peut cependant exercer un contrôle : l'autorité de la Fed est définie par le Congrès et celui-ci peut exercer son droit de surveillance (congressional oversight). Les membres du bureau des gouverneurs, y compris le président et le vice-président, sont nommés par le Président des États-Unis et confirmés par le Sénat. Le gouvernement nomme également les hauts fonctionnaires de la banque et fixe leur salaire. Toutes les banques commerciales autorisées à exercer en dehors d'un seul État sont obligatoirement membres de la Réserve fédérale régionale où se trouve leur siège et détiennent des parts dans celle-ci, ce qui autorise ces banques à élire une partie des membres du bureau de chaque Réserve fédérale régionale

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  10. @ Olaf

    Merci pour toutes ces précisions.

    Pour moi, la monnaie doit être exclusivement du domaine public.

    @ Tétef

    Sur l’argent sale, c’est The Economist, pourtant favorable aux monnaies virtuelles, qui l’évoque. Ce n’est pas parce que les opérations sont enregistrées qu’elles sont vertueuses. L’anonymat et les parasites fiscaux permettent d’échapper au contrôle démocratique.

    Non, avec les banques libres (cf papiers que j’y ai consacrés), l’émission monétaire n’est pas centralisée. Et c’est bien le problème. Je crois que la création monétaire décentralisée pose de gros problème. Même si le cours est stable depuis un mois, cela ne change rien à l’instabilité depuis le démarrage.

    @ Emmanuel B

    Merci

    @ Boeub

    Je suis clairement proche des idées de Keynes.

    Sur la création de la monnaie, certes, elle se fait sur la base de la puissance de calcul des particuliers, cela me semble une unité de mesure totalement arbitraire et qui n’a absolument rien à voir avec ce qui devrait les bases d’une monnaie. Pour moi, une monnaie est un bien public qui doit être administrée par l’Etat, via sa banque centrale, sous l’autorité d’un gouvernement élu. Qui garantit la valeur des Bitcoin : rien de concret d’un point de vue valeur (une monnaie repose aussi sur la capacité de l’Etat à lever des impôts).

    Je n’ai jamais dit que Bitcoin était le paradis exclusif des trafiquants de drogue. Vous déformez totalement ce que j’ai écrit. J’ai juste dit que cela « peut permettre le recyclage d’argent sale ». Cela est totalement différent. C’est ce que dit The Economist, qui semble pourtant favorable aux monnaies virtuelles.

    Globalement, je n’ai pas du tout la même vision de la monnaie. C’est pour cela que j’ai fait le parallèle avec les banques libres (relisez les papiers que j’avais écrit, que j’ai mis en lien). J’ai une vision beaucoup plus centralisatrice et étatique qui ne permet pas d’accepter de telles expérimentations.

    Que les autres banques aient fait n’importe quoi, je l’écris depuis 2008. Mais c’est justement la raison pour laquelle je suis partisan d’un contrôle étatique beaucoup plus strict.

    @ JP

    Sur la monnaie, la leçon des deux dernières décennies, c’est justement qu’il ne faut pas laisser faire. Vous pouvez lire mes papiers sur la banque libre, en liens.

    @ Patrice

    D’accord

    @ Raphaël

    Je suis bien d’accord. Je trouve totalement anormal que la Fed et la BCE soient indépendantes. Je pense que c’est le gouvernement qui doit décider in fine, comme je l’écris depuis le début sur mes blogs.

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  11. Les limites et les defaults du Bitcoin exposés honnêtement sur le site français.

    http://www.bitcoin.fr/pages/Les-d%C3%A9fauts-de-bitcoin#main

    Ce qui pourrait être intéressant ce serait d’expérimenter une monnaie fondante avec internet. Par exemple on crée une banque mutuelle en ligne et à intervalles réguliers un pourcentage serait prélevé automatiquement sur tous les comptes et "detruit" voire reparti egalitairement. Plus on dépense plus on est récompensé. Si on trouve les informaticiens et une base assez importante de volontaires on pourrait juger sur pieces (c'est le cas de le dire) du potentiel de la monnaie fondante.

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