dimanche 13 mars 2016

Ce que révèle le nouveau dopant monétaire de la BCE

La semaine financière et monétaire a été dominée par les nouvelles annonces de la BCE, puis la conférence de Mario Draghi, son président. La réaction des marchés a été volatile, entre l’enthousiasme du début, une déception passagère lors de la conférence de presse, avant de se reprendre le vendredi. Que penser de ces annonces et de ce qu’elle révèle sur la politique monétaire européenne ?



Du pouvoir monétaire et de ce pourquoi il est utilisé

Bien sûr, les annonces de la BCE sont importantes. En faisant passer à 80 milliards d’euros par mois, contre 60 auparavant, la BCE rachète deux fois plus d’actifs que la Banque du Japon, il est vrai pour une économie plus petite. En proportion du PIB, les montants sont désormais comparables, ce qui démontre que la BCE ne fait pas les choses à moitié. La Banque Centrale Européenne rachètera désormais des titres de dette privée, ce qu’avait fait la Fed au plus fort de la crise financière de 2008. Elle a aussi annoncé une autre baisse des taux ainsi qu’un programme destiné à augmenter le montant des prêts bancaires. Tout ceci démontre encore une fois l’étendue des pouvoirs des banques centrales : la capacité d’action de nos dirigeants est bien moins limitée qu’on nous le dit si souvent, d’un point de vue monétaire.

Et c’est bien là tout le problème. N’est-il pas un peu choquant tout de même que Mario Draghi et son équipe puissent annoncer un programme de rachat de près de 1000 milliards d’euros sur une année et de tels choix sur les taux d’intérêts, sans véritablement avoir à rendre des comptes à qui que ce soit, en dehors de tout processus démocratique. Cela ne devrait-il pas être une prérogative de dirigeants démocratiquement élus et qui devraient répondre de leurs choix devant le peuple ? Au Japon, les électeurs ont leur mot à dire sur les choix de politique monétaire, comme l’a montré Shinzo Abe. Cela pose d’autant plus de problème que bien des analystes soulignent que les banques centrales sont sous l’influence des marchés. Ceci montre encore une fois qu’une banque centrale ne soit pas être « indépendante ».

9 commentaires:

  1. Qui veut sortir de l'Union Européenne ?

    Pour répondre à cette question, il faut consulter les 28 peuples, en organisant 28 référendums.

    - Référendum au Royaume-Uni : il aura lieu jeudi 23 juin 2016.

    - Référendum en France : 53 % des Français le veulent. François Hollande va peut-être accepter de consulter le peuple.

    - Référendum en Finlande : les députés finlandais vont peut-être accepter de consulter le peuple. Ce référendum porterait sur le maintien ou la sortie de la zone euro.

    Récapitulons.

    Jeudi 23 juin 2016, il y aura un référendum au Royaume-Uni. Ce jour-là, le peuple décidera de rester ou de sortir de l'Union Européenne.

    Mais il y aura peut-être deux autres référendums.

    En France :

    Une majorité de Français souhaite un référendum sur la sortie de la France de l’UE.

    Une majorité de Français (53 %) souhaite un référendum sur le maintien ou non de la France dans l’Union européenne (UE), à l’instar de celui prévu au Royaume-Uni le 23 juin. C’est l’une des révélations de l’enquête menée début février auprès de 8 000 électeurs dans six pays de l’Union (Allemagne, France, Pologne, Irlande, Espagne et Suède) par l’université d’Edimbourg et le cercle de réflexion allemand D/part.

    http://www.lemonde.fr/europe/article/2016/03/12/une-majorite-de-francais-souhaite-un-referendum-sur-le-frexit-la-sortie-de-la-france-de-l-ue_4881768_3214.html

    François Hollande va-t-il accepter de consulter le peuple français par référendum ?

    Ou alors François Hollande va-t-il refuser de consulter le peuple ?

    Quel suspens ! Mais quel suspens !

    En Finlande :

    Par référendum, le peuple finlandais décidera de rester ou de sortir de la zone euro ...

    … sauf si le parlement finlandais refuse d'organiser ce référendum.

    Alors ?

    Le parlement finlandais va-t-il accepter de consulter le peuple ?

    Ou alors le parlement finlandais va-t-il refuser de consulter le peuple ?

    Devinez !

    Vendredi 11 mars 2016 :

    L’abandon de l’euro a de plus en plus d’adeptes en Finlande.

    L’euroscepticisme gagne du terrain en Finlande. Une pétition signée par plus de 50.000 citoyens, et déposée jeudi 10 mars devant le Parlement, va forcer les députés à débattre de l’éventualité d’un référendum pour que le pays abandonne l’euro.

    http://www.lesechos.fr/monde/europe/021757794054-labandon-de-leuro-a-de-plus-en-plus-dadeptes-en-finlande-1206154.php

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  2. En France l'oligarchie a bien compris le résultat du 29 mai 2005: il n'y aura plus de référendums sur la question européenne. De deux choses l'une soit Mélenchon se décide à un projet de rupture et convainc les français soit ce sera le FN version Marine Le Pen version Philippot.

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  3. "Cela ne devrait-il pas être une prérogative de dirigeants démocratiquement élus et qui devraient répondre de leurs choix devant le peuple ?"

    Herblay, vous êtes grotesque, vous prônez la monétisation des dettes et c'est ce que fait la BCE.

    98% des électeurs ne comprennent rien à l'économie, tout comme vous. Un vote sur la politique des BC changerait quoi ?

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    1. Toi, t'es un comique avec ta remarque sur "les 98% citoyens qui ne comprennent rien à l'économie".

      La question n'est pas de savoir ce que comprennent ceux qui sont des spectateurs impuissants, sans pouvoir (cf. le résultat du vote au référendum de 2005 bafoué): les citoyens, mais de savoir ce que comprennent et quels sont les résultats obtenus par ceux qui détiennent le pouvoir.

      Alors, de deux choses l'une, soit les politicards, comme Hollande, Sarkozy et Cie, ne comprennent rien et ils se contentent de servir, sans états d'âme, les intérêts des puissants et ceux leur propre caste, auquel cas ils doivent dégager, soit ils y comprennent quelque chose et, c'est pire, car ils font quotidiennement la démonstration de leur incompétence et ils doivent dégager.
      Dans les deux cas, une seule solution pour eux : prendre la porte.

      J'ajoute que, pour ce qui concerne les électeurs, il y a une chose qu'ils ont comprise, c'est que les politicards au service des puissants se foutent de leur g.....

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  4. Il est surprenant que l'on puisse confondre une certaine coopération des peuples européens avec les traités sur l'Euro: le CERN, Airbus Ariane n'ont pas attendu la monnaie unique...On voit très bien nos les Républicains ,nos Socialos(?)et leurs alliés verts ou rouges tenter par sondage interposé tenter de semer la confusion et dire quitter l'Euro ,c'est quitter l'Europe!!!!Voilà le vrai danger: nous ne souffrons pas de la coopération Européenne mais au contraire de la rivalité née de l'Euro. Soyons clairs si nous voulons progresser..

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  5. @ BA

    Merci

    @ Anonyme 1

    Le FN bloque tout changement et on peut douter de son discours, fluctuant, sur l’Europe, comme bien d’autres questions

    @ Anonyme 2

    Je prône la monétisation de la dette publique, pas des dettes privées… Parce que la politique monétaire a autant d’influence, elle doit être dans le cadre démocratique, et donc du ressort du gouvernement, pour permettre des débats incluant cette question, avec des votes à l’Assemblée sur la politique monétaire.

    @ Anonyme 3

    D’accord

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  6. Comment agissent les puissants pour réussir à capter les richesses produites en mettant la main sur le pouvoir politique et en le conservant ?

    Si vous voulez disposer d'un éclairage intéressant sur leurs méthodes et la servilité de leurs majordomes (les politicards)aux Etats-Unis, la situation étant identique à celle notre pays, lisez sur le site lescrises.fr "le mouvement illusoire" de Bernie Sanders, par Chris Hedges.

    DemOs

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  7. Jacques Sapir, citation : « De fait, et on peut le voir dans les chiffres, la croissance dans la zone Euro a été bien plus faible que dans les pays de l’Union européenne qui ne sont pas membre de la zone Euro. Il y a eu, de 2000 à 2015, un écart d’environ 1% par an, soit un écart de plus de 17% sur l’ensemble de la période. C’est un fait, et un fait considérable. »

    http://russeurope.hypotheses.org/4792

    Ce qui signifie que la construction bancale de l’euro a encore plus besoin que d’autres de quantitatives easing pour simplement survivre. En réalité on ne fait que retarder la disparition du malade qui serait intervenue dès 2012 sans le « whatever it takes » de Mario Draghi.

    Saul

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  8. Les biffins et la Banque Centrale Européenne.

    Samedi 12 mars 2016 :

    Patrick a été menuisier puis maître-chien. Aujourd'hui il est biffin. C'est le nom donné à ceux qui vendent des objets trouvés dans les poubelles.

    http://www.francetvinfo.fr/economie/crise/crise-de-la-dette/quand-l-interieur-des-poubelles-devient-une-mine-d-or_1356907.html

    Pendant que les biffins fouillent les poubelles, la Banque Centrale Européenne injecte 80 milliards d'euros par mois dans le circuit bancaire.

    Je dis bien : 80 milliards d'euros par mois.

    Problème : cet argent reste en haut, dans le circuit bancaire. Cet argent ne redescend pas en bas, dans l'économie réelle.

    Mais la BCE s'en fout.

    La priorité, ce n'est pas les pauvres.

    La priorité, c'est sauver les banques de la faillite encore quelques mois de plus.

    La seconde mesure phare est un recalibrage de son programme de rachats de dettes publiques – l’assouplissement quantitatif, ou quantitative easing (QE) en anglais. Lancé en mars 2015, celui-ci consistait jusqu’à présent en des rachats de 60 milliards d’euros mensuels de titres de dettes, essentiellement publics. Désormais, ces achats se monteront à 80 milliards d’euros par mois. Et ils seront élargis à d’autres types d’actifs, à savoir des obligations d’entreprises de bonne qualité, c’est-à-dire les mieux notées par les agences de notation.

    Objectif ? Augmenter les crédits distribués aux ménages et entreprises. Le QE fonctionne en effet de la manière suivante : en contrepartie de ses rachats de dettes publiques aux établissements bancaires, la BCE « crée » de la monnaie en créditant les lignes de dépôt des banques dans ses livres de comptes. « Pour ces dernières, les créances sont donc converties en argent frais, ce qui gonfle leurs réserves et leur permet, en théorie, de distribuer d’avantage de crédit, à un taux plus faible », explique Patrick Artus, chef économistes de Natixis, dans son ouvrage La Folie des banques centrales (Ed. Fayard), coécrit avec la journaliste Marie-Paule Virard.

    http://www.lemonde.fr/crise-de-l-euro/article/2016/03/10/la-bce-devoile-un-nouvel-arsenal-de-mesures-pour-soigner-l-economie-europeenne_4880480_1656955.html

    « En théorie », explique Patrick Artus.

    « En théorie », expliquent tous les économistes du monde.

    « En théorie », expliquent tous les neuneus qui détruisent la France depuis mai 1974.

    Mais dans le monde réel ?

    Dans le monde réel, de plus en plus de biffins fouillent les poubelles.

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