jeudi 28 septembre 2017

Alstom-Siemens, STX : le nouveau bradage de notre industrie



Quand la France se laisse désosser par l’étranger


Bien sûr, comme toujours, des montages complexes permettent de promettre des fusions d’égaux et des promesses de maintien de l’emploi sont faites. Mais comme dans toutes les opérations des dernières années, nous savons bien qu’il y a toujours un acheteur et un acheté. Et c’est l’acheteur qui décide, et qui, généralement, n’hésite pas à démanteler brutalement celui qu’il a acheté pour en prendre le contrôle, dans un oubli complet des conséquences, notamment pour les salariés. Ces derniers ne sont que la variable d’ajustement de la voracité d’actionnaires toujours moins encadrés par la volonté publique, ou plus globalement, par les intérêts nationaux d’une filière industrielle.

Après Péchiney, Arcelor, Lafarge, Alcatel, la filière énergie d’Alstom et les prises de participation inquiétantes au capital de PSA, d’Areva ou de certains projets d’EDF, l’état poursuit dans la logique d’abandon de notre industrie à l’étranger avec le projet de rapprochement d’Alstom, réduit au ferroviaire, avec la filiale de Siemens. Même le Monde évoquait « un TGV qui battrait pavillon allemand », ne semblant avoir guère de doute sur l’issue d’une telle alliance. Il faut croire que les dirigeants français se fichent de cette prise de pouvoir de l’Allemagne, justifiée ou pas, la seule chose qui compte pour eux étant sans doute les sommes qu’ils toucheront du fait de ce rapprochement.

Pire, après avoir fait mine de vouloir nationaliser STX pour protéger nos chantiers navals des conséquences d’un rachat par Fincantieri, voilà que la France met à nouveau de l’eau dans son vin et finit par autoriser Fincantieri à prendre le contrôle de la majorité de STX, alors que les chantiers français n’avaient nul besoin d’être rachetés tant ils fonctionnent bien aujourd’hui. Pourtant, il est évident que FIncantieri n’aura aucun intérêt à laisser les choses en l’état et que ses dirigeants n’auront de cesse d’aspirer notre savoir-faire et le transférer autant que possible en Italie plutôt que de laisser un pôle français aussi fort qu’aujourd’hui et qui pourrait remettre en cause l’autorité venue de l’Italie…


19 commentaires:

  1. Comme l'a évoqué Adrien Quatennens dans un tweet il me semble nécessaire d'envisager à l'égard de toute notre classe dirigeante non pas simplement une sanction d'ordre politique mais aussi une sanction d'ordre juridique parce que le Code pénal envisage dans des articles de sanctionner tout ce qui porte atteinte à l'intérêt national. On est en droit de se poser la question si leur gestion du pays ne relève pas aussi de la trahison des intérêts du pays. Une proposition à méditer, soumettre à des juristes spécialisés si vous en connaissez vous et votre formation politique l'UNC ainsi que toutes les autres formations politiques patriotes-souverainistes. Le sujet est trop important pour refuser des contacts avec la France insoumise du moins ceux d'entre eux qui sont vraiment sensibles à cet aspect des choses.
    Rappelez-vous qu'à la Libération beaucoup de citoyens ont été frappés de peine d'indignité nationale pour leur comportement durant l'Occupation. Toute proportion gardée ne faut-il pas envisager des sanctions semblables?

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    1. Nos dirigeants français ne font rien qui soit contraire au Traité Européen qui en l’occurrence fait foi. Le Traité Européen étant ultra-libéraliste, permet ce genre de chose et ne protège rien. Eh oui nous sommes en Europe ! Temps de retrouver notre souveraineté peut-être si nous voulons survivre en tant qu'Etat français ?

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  2. On va finir par l'avoir notre monde et marché du travail français fondés sur le tertiaire précaire ! A une poignée le travail hautement qualifié et aux autres de s'arranger de la dégradation des tâches intermédiaires et de se recaser sur du tertiaire précaire ! J'en viens à avoir des pensées diaboliques du type pourquoi pousser ma progéniture à bosser à l'école si c'est pour finir dans une filière poubelle à vocation précaire ?
    Bonne journée
    Sylvie

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    1. Comme je suis d'accord avec vous ! Nous avons commencé à bien avancer dans le domaine. Déjà, à la différence des Allemands nous avons préféré favoriser la tertiarisation de notre économie dès les années 90. En pensant que cela moderniserait la France, pays ultra intégré dans je ne sais pas quoi, tout révolutionné, prêt pour l'an 2000.
      Enfin, vous m'avez compris plein d'arguments très enthousiastes mais bien fumeux quand même. Résultat : 20 ans plus tard on nous dit quoi ? Les services à la personne (aide-ménagère, soutien scolaire etc...) sont un gisement d'emplois. OUI mais comme vous le dites précaires. L'auto-entrepreneur ? Même combat ! etc..etc...Donc on est entrain d'effacer gentiment mais sûrement toutes les nuances de l'emploi pour aboutir à une situation manichéenne : les hautement qualifiés d'un côté (bien payés, bien formés qui pourront se rattraper aux branches) et les autres.
      Bonne journée
      L'Anonyme du Jour

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    2. Sylvie et l'Anonyme du jour

      On vous dira que si vous ne voulez pas devenir précaire et une variable d'ajustement sur le marché du travail : Formez-vous ! Je vous le dis par expérience. Ancienne employée dans une société de logistique qui a été totalement restructurée, je me suis retrouvée dans la charrette des remerciés. Juste titulaire d'un bac G entrée après son obtention dans le monde de l'entreprise, j'ai gravi les échelons via le monde du travail. Et quand je me suis retrouvée à la porte comme vous le dites bien dans vos commentaires, à part des boulots administratifs de base à mi-temps (saisir au kilomètre des données, être au service courrier etc...quand vous étiez assistante de direction, cela fait mal)ou du travail à temps plein précaire. Et la formation professionnelle continue en France c'est une catastrophe ! Vous cotisez ainsi que les employeurs et au final vous n'êtes jamais prioritaire ou votre projet n'entre pas dans les plans de reconversion. Si je n'avais pas accepté un mi-temps dans un cabinet comptable à compiler, envoyer des bilans comptables, des plans comptables et encore des choses de ce genre, jamais je n'aurais pu accéder à une formation. En fait, je l'ai intégralement payée de ma poche et ce petit boulot à temps partiel a servi uniquement à ce financement.
      Donc bienvenus dans le précarisation bien amorcée du onde du travail !
      Clairette

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    3. Tertiarisation de l'emploi = fracturation du monde l'emploi = création de postes hautement qualifiés contre postes bassement qualifiés = disparition progressive des tâches intermédiaires = Constat terriblement vrai et en action !
      Petite précision : l'Allemagne ne fabrique quasiment plus industriellement parlant, elle a basculé dans l'industrie de l'assemblage, de la finition et de la réparation. Donc emplois industriels de plus en plus déqualifiés. Néanmoins, à la différence de la bêtise française, en basculant sur ces créneaux, elle conserve de l'industrie.

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  3. Je tiens à ajouter donc préciser que quand je parle de classe dirigeante il ne s'agit pas seulement de classe politique mais aussi économique celle des dirigeants d'entreprises tel Patrick Kron et toute la direction d'Alstom qui, part confort personnel, ont vendu à des intérêts étrangers les activités stratégiques de leur entreprise. De leur responsabilité, notamment, toute la filière électronucléaire est sous tutelle américaine. Voir le documentaire diffusé lundi sur LCP, et le livre de Jean-Michel Quatrepoint "Alstom, un scandale d'Etat".

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  4. Et on se plaindra encore dans les medias du depart des ingénieurs francais pour l'étranger. Mais que va-t-il rester comme postes à pourvoir en France? Tout cela est plus qu'inquiétant...

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  5. D'ailleurs vous n'avez rien à vous reprocher personnellement, puisque vous avez voté pour la candidate souverainiste en 2017.

    Si tous les Français avaient fait comme vous, Herblay, en votant pour la candidate souverainiste, les décisions les plus récentes que vous mentionnez auraient été différentes.

    Vos avez donc bien raison de protester contre la bêtise de vos concitoyens.

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    1. Il n'y avait pas de candidat souverainiste au 2ème tour.

      Ivan

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  6. A Lille certains s'imaginent que le chantier du doublement de la ligne 1 du métro confié à Alstom sur du matériel Siemens (la ligne en place) va enfin progresser (il a pris déjà beaucoup de retard)

    Je crois qu'ils rêvent.

    Ivan

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  7. En fait, il y a beaucoup plus de rachats de sociétés allemandes par la France que l'inverse :

    http://bfmbusiness.bfmtv.com/monde/non-les-allemands-ne-rachetent-pas-toutes-les-entreprises-francaises-c-est-le-contraire-1265243.html#utm_campaign=Echobox&utm_medium=Social&utm_source=Twitter&xtor=CS2-30&link_time=1506526607

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    1. Il y'a beaucoup de capital en France vu la financiarisation de notre économie. On a pas d'idées, mais on a de l'argent. Par contre il me semble qu'aucune de ces entreprises allemandes rachetées ne soit un fleuron industriel national.

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    2. Il y a de nombreuses entreprises de taille intermédiaire qui sont florissantes en Allemagne, contrairement à la France qui est clivée entre très grosses entreprises et TPE.

      Mieux vaut de nombreuses ETI que quelques grandes grosses entreprises dont quand une se casse la figure met sur le carreau des milliers d'employés, les œufs dans le même panier et toussa...

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  8. @ Cording

    On en vient à se poser la question en effet

    @ Sylvie, L’Anonyme du jour, Clairette

    Très juste

    @ Anonyme 11h10

    Merci Ivan de rappeler qu’il n’y avait pas de candidat vraiment souverainiste au second tour, tout juste une Tsipras d’extrême-droite, qui préférait capituler en pleine campagne

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    1. Mais oui, mais oui. Les excuses habituelles pour éviter de reconnaître la bêtise et la trahison des "Ivan" et autres Herblay.

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    2. On se dédouane comme on peut, n'est-ce pas, Herblay ?

      Et encore, ce n'est que le début, même pas 6 mois de règne.

      Comme autres conséquences de vos choix et préconisations de mai, nous aurons aussi les excuses officielles en Algérie (avec les effets prévisibles sur les minorités irascibles bien connues) et la poursuite de la fuite en avant vers l'UE : visiblement, le candidat que vous avez choisi de laisser passer est bien décidé à tout faire pour transférer plus de pouvoir à Bruxelles.

      Je n'aimerais pas être à votre place.

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  9. Pour ceux qui lisent l'allemand : la commission européenne aurait bien aimé mettre son grain de sel dans le projet de gazoduc Nordstream 2 pour le torpiller, mais le conseil de l'Europe vient d'annoncer que cette affaire concerne uniquement les entreprises privées associées, et qu'elle n'est pas de la compétence de l'UE !

    http://www.spiegel.de/wirtschaft/soziales/europaeische-union-darf-sich-nicht-in-nord-stream-2-pipeline-einmischen-a-1170589.html

    Les allemands vont pouvoir souffler. On constate une nouvelle fois que l'Allemagne n'hésite pas, oh blasphème, à défendre son intérêt national même contre l'UE, et parfois avec succès.

    Ivan

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