samedi 28 novembre 2020

Loi Sécurité Globale : Macron toujours plus autoritaire et illibéral

Les récentes violences policières auraient déjà dû permettre l’enterrement de l’article 24 de la loi Sécurité Globale votée à l’Assemblée il y a une semaine. Pour l’instant, le gouvernement annonce une commission qui sera chargée de réécrire l’article qui a suscité tant d’oppositions. Mais toute la gestion du ministre de l’intérieur et du préfet de Paris devrait poser la question de leurs démissions.

 

Calculs politiciens et violences encouragées

 

Bien sûr, le métier de policier est très difficile, mal reconnu et ils doivent absolument être protégés des violences commises contre eux. Mais rien ne justifie certains des actes commis lors de la manifestation place de la République, puis le passage à tabac particulièrement violent d’un producteur de musique. Plus globalement, ces graves dérapages devraient tuer dans l’œuf le projet si contesté d’article 24 puisque ce sont des vidéos qui ont permis de faire la lumière sur ces agissements. Sans la vidéo surveillance, la version mensongère des policiers qui ont tabassé le producteur aurait été beaucoup plus difficile à contester, parole contre parole. Et sans les films réalisés place de la République, certains agissements auraient sans doute pu être couverts et non sanctionnés. Jamais il n’a été aussi clair que la liberté de filmer est un élément clé de l’état de droit, un véritable contre-pouvoir aux violences.

 

Dès lors, alors que Gérald Darmanin n’a jamais démontré qu’il y avait besoin d’une nouvelle loi pour punir les harceleurs de policiers qui postent des films sur Internet, l’article 24 devrait être purement et simplement supprimé. En effet, des avocats pointent que les forces de l’ordre seraient juges et parties avec une telle rédaction, ce qui montre bien que l’objectif est de restreindre la possibilité de filmer les forces de l’ordre, point éminemment troublant après l’affaire Benalla…

 

Cette loi et cet article ont surtout pour objectif de servir la ligne plus droitière du gouvernement, qui cherche à définitivement asphyxier les Républicains pour 2022. Mais ce faisant, ce projet pose de nombreux problèmes. D’abord, il faut se méfier des lois de circonstances, passées après une recrudescence des violences dans notre pays cet été, et de nouveaux actes terroristes, surtout quand la loi doit être examinée si rapidement et sans laisser assez de place pour le nécessaire débat démocratique. Le report en janvier du vote, après avis de la commission, est ici une bonne chose.

 

Plus globalement, cette loi illustre une nouvelle fois le caractère volontiers autoritaire et illibéral de cette majorité, cette « maladie infantile du macronisme » pour Jack Dion. Sans les violences commises cette semaine, elle aurait sans doute été adoptée par l’Assemblée la semaine prochaine ! Pourtant, la mobilisation a été très vigoureuse et large contre ce projet de loi, et notamment l’article 24. Dans le Monde, Christophe Deloire, président de Reporters Sans Frontières, a pointé les inquiétudes du Conseil des droits de l’homme de l’ONU. Les média se sont mobilisés en masse contre l’idée avancée par Gérald Darmanin d’une accréditation des journalistes pour aller sur une manifestation, imposant un premier recul au gouvernement. En outre, comme le pointe La Quadrature du Net, cette loi comporte de nombreuses dispositions (drones, reconnaissance faciale…), qui nécessiteraient un débat beaucoup plus approfondi, en laissant du temps aux élus, aux média et aux citoyens de s’emparer du sujet.

 

Et derrière cette loi et ces aggressions, se pose tout de même la question des violences policières. Si nous restons extrêmement loin de la situation étatsunienne, Emmanuel Todd, peu suspect de sarkozysme, pointe dans son dernier livre que les manifestations des Gilets Jaunes ont été réprimées avec une dureté inédite depuis plus de soixante ans, et souligne a contrario la retenue des forces de l’ordre lors des émeutes des banlieues de 2005, qui avaient occasionnées beaucoup moins de blessures, malgré un déchainement de violences et de dégradations très fort. Les actes commis par ces policiers, même s’ils restent évidemment marginaux, ne sont-ils pas encouragés par la doctrine de maintien de l’ordre de la hiérarchie ? Ceci pose la question de la responsabilité du préfet Lallement, et donc logiquement celle de sa démission, trop rapidement écartée par le ministre après de tels incidents.

 


Anne-Sophie Lapix a aussi eu raison d’évoquer celle de Gérald Darmanin tant les dernières semaines le mettent également en cause. Le ministre de l’intérieur, mélange du pire de Sarkozy et de Macron, remplit-il correctement sa fonction ? Pour un homme en charge de la sécurité des Français, n’est-il pas un peu trop adepte des coups de communication, des ordres et contre-ordres, sur l’accréditation, ou la liberté de filmer les forces de l’ordre ? Son arrogance, illustrée jeudi par le fait d’avoir dit que Rémy Buisine n’aurait pas souhaité parler à l’IGPN, ce que l’intéressé a démenti immédiatement, démontre une légèreté à mille lieues de ce que devrait être un ministre de l’intérieur. Gérald Darmanin n’incarne pas du tout l’ordre républicain, mais une forme de roublardise arrogante qui me semble totalement incompatible avec l’autorité, la retenue et le sérieux qui devraient aller avec une telle fonction.

 

Si Macron gagne du temps avec cette commission qui a mis le feu à sa majorité, c’est un moyen un peu trop commode pour épargner ses équipes. Et cela est d’autant plus vrai que les deux dernières semaines ont donné un bien mauvais visage à notre pays, entre violences policières inacceptables, et dérives légales davantage dignes de régimes profondément illibéraux et autoritaires.

4 commentaires:

  1. Est-ce bien de Gaulle qui qualifiait l'ONU de "machin" ?

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  2. Mais pas lui qui aurait dit que pendant les décennies à venir, il ne faudrait accorder absolument aucune attention à tout ce qu'elle dit...

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