samedi 13 février 2021

Garder raison sur la pandémie

Il y a quinze jours, la France se préparait à un troisième confinement, poussé par la grande majorité des experts et des média, pourtant sans flambée épidémique. Depuis, le plateau épidémique a été confirmé, des signes de repli apparaissant même, démontrant que ce reconfinement n’était décidément pas nécessaire. Pourtant, le climat médiatique reste souvent extraordinairement pesant. Qu’en penser ?

 


Absence de contextualisation et dérapages médiatiques

 

La dernière semaine de janvier avait été bien sombre. En dépit d’une stabilisation du nombre de cas et sans mouvement fort du nombre de personnes hospitalisées, bien des experts de plateau affirmaient qu’il était absolument nécessaire de reconfiner le pays, pourtant déjà très contraint par le couvre-feu à 18 heures. Le variant anglais était alors présenté comme la menace justifiant ce nouveau tour de vis, du fait du nombre de morts outre-Manche. Les deux dernières semaines ont confirmé que cela n’était pas probablement nécessaire. Malgré la saisonnalité favorable au virus, la situation est stabilisée en France, même s’il faut reconnaître que notre pays ne bénéficie pas d’une forte décrue, comme en Italie. Parmi les grands pays européens, il n’y a plus que l’Espagne qui est en difficulté.

 


En effet, chose trop peu soulignée, la Grande-Bretagne, après avoir subi un pic épidémique particulièrement violent, avec plus de 1000 morts par jour une bonne partie de janvier, connaît un fort reflux. Logiquement, c’est le nombre de cas testés positifs, qui a connu un pic le 10 janvier, proche du pic français de novembre, qui a baissé en premier. Il est aujourd’hui 75% plus bas qu’il y a un mois, et surtout, désormais bien inférieur au nôtre, relativisant grandement le danger du variant anglais, dont la substitution et la contagiosité n’a pas poussé le nombre de cas positifs nettement au-delà du pic français… Le nombre de décès a entamé un fort repli avec 10 jours de décalage, laissant d’autant plus espérer une amélioration de la situation que Londres pratique une vaccination de masse des publics sensibles.

 

Ce qui est frappant en examinant les comparaisons entre pays européens, c’est à quel point semble se dégager une logique dans l’évolution de la pandémie. Les pays qui ont subi le plus fort pic à l’automne, France et Italie, n’ont subi qu’un rebond limité en ce début d’année. En revanche, la Grande-Bretagne et l’Espagne, dont le pic automnal avait été beaucoup fort, subissent un pic de début d’année au niveau du pic français de début novembre. L’Allemagne continue à se distinguer par une circulation moindre de l’épidémie, en dehors du pic de décembre. Les chiffres européens ne sont pas tendres pour la France, qui se distingue par la plus mauvaise maitrise de l’épidémie à la rentrée, avec un pic de circulation 50% plus élevé que le second pays européen, l’Italie. Les résultats bien trop tardifs des tests ont probablement lourdement pesé dans ce bilan, en ne permettant pas d’isoler à temps les cas positifs.

 

Bien sûr, le cas britannique a apporté de l’eau au moulin des partisans du confinement serré. Mais, même ce bilan très lourd doit être remis en perspective. D’abord, le pic de cas positifs est comparable au pic de notre pays en novembre, alors même que la saisonnalité devrait être plus forte en hiver qu’à l’automne. Ensuite, point trop souvent oublié, la Grande-Bretagne a une population bien plus à risque que la France et l’Italie. En effet, les britanniques sont sensiblement plus gros que les autres européens, avec une part de la population obèse 30% plus important qu’en Italie et en France, générant ainsi davantage de facteurs de comorbidités menant aux épisodes les plus graves, et mortels de la pandémie. Il est donc important de remettre en perspective le niveau de mortalité outre-Manche.

 

Plus globalement, la présentation des chiffres journaliers reste trop souvent partielle et partiale, se focalisant sur les aspects les plus effrayants (nombre total de morts depuis le début de l’épidémie) ou ne remettant pas en perspective les chiffres, en ne parlant que du nombre de cas du jour. Tout ceci donne l’impression d’un traitement très biaisé de l’information, sans doute pour attirer les clics des internautes. Mais ce faisant, cela contribue à créer une forme de psychose extrêmement pesante. Pourtant, les média devraient parler à notre intelligence, remettre en perspective les chiffres et veiller à ne pas exagérer une menace que tout le monde sait bien trop réelle. Il est tout de même malheureux qu’ils ne titrent pas davantage sur le repli de l’épidémie, certes limité, mais réel depuis une bonne semaine.

 

Bien sûr, le coronavirus a fait bien de plus de morts en un an que les grippes saisonnières. Néanmoins, la dramatisation de l’évolution des variants alors même que le nombre de cas baisse et que la situation s’est nettement améliorée outre-Manche devrait inciter à plus de retenue. Et plus globalement, il serait temps que les média daignent à adopter une communication plus équilibrée sur les chiffres de l’épidémie.

3 commentaires:

  1. https://www.christianvanneste.fr/2021/02/13/le-conservatisme-est-le-defenseur-des-libertes-ii/
    "La bataille a été livrée par chaque Etat, mais la Commission bruxelloise ayant procédé à des achats massifs de médicaments inopérants et dangereux, et les Etats en dehors des compétences et du fonctionnement de l’UE, ayant pratiqué la solidarité hospitalière, il est aujourd’hui réclamé une Europe de la santé, qui commence à fonctionner pour les commandes et les distributions de vaccins, afin d’obtenir les prix les plus bas.(...)
    Le travail, l’effort, le mérite, la valeur de l’argent se dissipent dans un brouillard d’où l’on ne sortira qu’avec plus d’Europe, un budget pour la zone euro, et un transfert accentué de souveraineté."


    Les gaullistes libres pourront alors utilement méditer sur l'inconvénient qu'il y a à aider un européiste militant à s'installer à l'Elysée, par caprice.

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  2. Vous déraisonnez en ne tenant pas du compte du Cov long :
    https://twitter.com/FZores/status/1361373783702003713

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  3. @ Troll de 15h04

    La principale aide à l'élection de Macron en 2017, c'est Marine Le Pen, ridicule au second tour, au point de terminer près de 10 millions de voix derrière lui, malgré le manque d'enthousiasme des Français pour Macron.

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