dimanche 12 avril 2026

EU Inc. : le nouveau piège antisocial supranational de l’oligarchie

Ce n’est pour l’instant qu’un projet, mais il mérite une opposition radicale et déterminée. Il y a moins d’un mois, Ursula von der Leyen a annoncé la volonté de créer un nouveau cadre juridique pour créer une entreprise, permettant d’opérer dans les 27 pays de l’UE. Mais derrière la communication de la commission, difficile de ne pas voir tous les problèmes que poserait une telle innovation.

 


Un dangereux doigt dans l’engrenage

 

Voici un exemple parfait de la logique des petits pas mis en place par les fédéralistes pour grignoter du pouvoir pour l’Union Européenne au détriment des États-nations. Ce 28ème statut qui serait donné aux entreprises pour leur permettre d’opérer d’un seul coup dans tous les pays de l’UE est un nouveau ver dans le fruit de ce qui reste de nos souverainetés. Bien sûr, l’argument est assez habile, à savoir favoriser le déploiement des starts-up à l’échelle du continent. Mais il est bien court. Après tout, jusqu’à présent, toutes les start-ups qui ont voulu se déployer sur le continent parviennent à le faire. Il n’est pas si compliqué que cela de faire des affaires dans toute l’UE tant le laisser-passer et le laisser-faire y règnent. Après tout, les GAFAM parviennent à vendre l’essentiel de leurs services depuis la seule Irlande, comptablement.

 

En clair, il n’y a pas de véritable besoin. Et si ce statut était mis en place, il permettrait tout autant à des entreprises chinoises ou états-uniennes de se déployer dans l’UE rapidement qu’à des entreprises européennes. Bien sûr, ce serait plus simple de n’avoir à s’enregistrer qu’une seule fois et pas 27, mais ce faisant, les pays perdraient une partie de leur capacité d’action sur l’entreprise en l’absence d’entité nationale. La commission nous promet que cela n’aurait pas d’impact fiscal ou social, puisque les règles nationales continueraient à s’appliquer. Mais ce faisant, elle occulte les deux éléphants dans le magasin de porcelaine. Le premier, c’est que ce statut européen pourrait faciliter les mécanismes d’optimisation des multinationales qui pourraient choisir les règles les moins-disantes depuis l’îlot européen.

 

Bien pire, c’est potentiellement le premier pas vers de nouvelles règles européennes, règlementaires, sociales ou fiscales, qui pourraient s’imposer aux règles nationales, pour toutes les entités qui s’enregistreraient dans le nouveau cadre européen. Pas besoin de faire une révolution ici, mais plutôt, petit à petit, créer de nouveaux droits pour les entreprises enregistrées dans ce cadre européen, au fur et à mesure, en accélérant à chaque crise, au nom de la compétitivité et de la croissance. C’est la porte ouverte à une forme particulièrement pernicieuse de déconstruction des droits légaux, sociaux et fiscaux nationaux. Car nos entreprises peuvent invoquer la concurrence déloyale de l’Asie ou de l’Amérique (orchestrée par une UE qui ne protège pas) pour demander de nouvelles déconstructions de nos droits.

 

Voilà pourquoi il est essentiel de s’opposer à ce nouveau projet de la commission européenne, loin d’être aussi anodin qu’annoncé. Nous sommes peut-être sur le type de réformes aussi fondamentales que la création d’un marché unique, la création d’une monnaie unique, ou la prise de pouvoir de la Cour de Justice. Dans les mécanismes de renforcement des pouvoirs de l’UE et sa construction dans certains domaines sur un modèle fédéral, il y a des moments qui représentent des cliquets fondamentaux, qui permettent l’accélération de l’agenda fédéraliste dans la durée. Le statut EU Inc est un de ces cliquets, et même s’il était conçu d’une manière relativement anecdotique aujourd’hui, il faciliterait une accélération de la déconstruction des droits réglementaires, sociaux et légaux de nos États à l’avenir.

 

En tout cas, il sera intéressant de voir si des partis comme LFI, au nom des droits sociaux et fiscaux, ou le RN, au nom de notre souveraineté, s’en emparent. Normalement, il devrait être vent debout contre cette innovation et tout faire pour la bloquer. S’ils ne faisaient pas, cela montrerait qu’ils ne représentent pas une vraie rupture, et qu’ils satisfont un peu trop de cette UE si détestable.

1 commentaire:

  1. C’est une excellente idée vu que cela permettrait de rendre les entreprises beaucoup plus indépendantes de l’influence des gouvernements des différents pays.

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