Cette semaine, C’est à vous à reçu Jean-Philippe Tanguy et Yaël Braun Pivet sur son plateau. Pour ceux qui en douteraient (est-ce seulement possible ?), c’était une illustration particulièrement frappante du biais colossal de cette émission, pas moins marqué que CNews. Pourtant, comme émission du « service public », le pluralisme devrait y être un devoir strictement contrôlé par l’Arcom.
La diversité et le pluralisme, ce n’est pas pour la politique
L’émission préfère les invités de la société civile, sous réserve qu’ils pensent comme eux, permettant de faire des émissions où l’on rit beaucoup, et où l’actualité sérieuse n’est traitée que sous un angle très restreint, et souvent du point de vue de l’anecdote. Une émission qui a tout du somnifère démocratique, évitant tout débat sur bien des questions fondamentales quand cela remet en question la pensée dominante de centre-gauche. Patatras, avec la décision de la cour d’appel concernant Marine Le Pen, C’est à vous, qui invite de temps en temps des politiques, y a vu l’opportunité de remplir son quota minimum d’invités du RN sur le plateau, en invitant Jean-Philippe Tanguy mercredi 8 juillet, avant de recevoir Yaël Braun Pivet le lendemain. Le contraste est extraordinairement révélateur des biais révoltants de cette émission.
Autant l’émission avec Yaël Braun Pivet ressemblait à tous les autres émissions, avec cette légèreté complice et rigolarde de traitement superficiel et biaisé de l’actualité, autant celle avec le représentant du RN s’en distinguait. Plus de rires complices en plateau, sur lequel une chape de plomb était tombé. Pourtant, Jean-Philippe Tanguy présente bien, répondait calmement, et sans le moindre énervement, aux questions pourtant bien superficielles de journalistes qui semblaient marcher sur des œufs. D’un côté, ils semblaient (un peu) se retenir pour ne pas agresser leur invité, tout en étant extrêmement partiaux dans leur questionnement, très marqué par rapport aux invités du bloc central ou du PS. La tension était plus que palpable, au point qu’on se demande s’ils auraient été aussi tendus en recevant Poutine…
Alors, comment ne pas être révolté par la dernière mise en demeure de l’ARCOM contre CNews, en juin ? Les bureaucrates de l’agence osent affirmer « conformément à la jurisprudence du Conseil d’Etat, l’Arcom a étendu le contrôle des obligations des éditeurs en matière de pluralisme au-delà du seul temps de parole des personnalités politiques. L’Arcom s’assure désormais également que l’expression des courants de pensée et d’opinion par l’ensemble des intervenants à l’antenne n’est pas affectée par un déséquilibre manifeste et durable, dans les programmes consacrés à l’information ou y concourant », avant de menacer CNews de sanctions après avoir constaté « une large convergence des points de vue exprimés » par les différents intervenants qui officient sur la chaine d’information.
Cette mise en demeure est profondément choquante. Après tout, les médias d’opinion ne sont pas illégitimes : la presse quotidienne l’illustre depuis des décennies, de l’Humanité au Figaro… Mais surtout, pourquoi un média privé d’opinion est-il attaqué de la sorte alors que le prétendu service public de l’information n’est pas moins biaisé et orienté que CNews, dans un sens différent certes, mais ne représentant pas une proportion plus importante de Français ? Le pluralisme devrait être la priorité de France Télévisions et Radio France. Mais dans C’est à vous, sur la grande majorité des sujets d’actualité, il y a justement une large convergence des points de vue exprimés des intervenants, ce qui est bien plus anormal sur un média prétendument de service public que sur un média d’opinion privé comme CNews.
Il est temps que l’Arcom agisse à l’égard du « service public » de l’audiovisuel, en imposant un véritable pluralisme des intervenants, au sens large du terme, qui devraient représenter la diversité des opinions des Français. Le rappel à l’ordre à l’égard de la promotion de la nouvelle Freebox par Xavier Niel dans une émission qu’il co-produit, trop timide, était bien léger par rapport aux problèmes posés.

Une bonne partie des opinions des français sont simplement inadmissibles et intolérables, on ne peut donc pas en faire la publicité sur le service public. C’est tout à fait normal!
RépondreSupprimerAh ! C'est donc pour ça que vous nous emm...ez sur ce site !
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