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vendredi 13 juin 2014

Cet euro qui ne nous protège … pas ! (bien au contraire) (billet invité)


Billet invité de L’œil de Brutus

Même les libéraux commencent à taper dur sur la monnaie unique. Certes, Charles Gave et son Institut des Libertés s’étaient attelés la tâche il y a déjà plus de dix ans. Mais le dossier très complet qu’ils ont publié a le mérite d’enfoncer le clou, même s’il souffre évidemment d’un biais idéologique libéral évident, déjà mis en exergue par Laurent Pinsolle (je ne reviens donc pas sur ce point).
Chiffres à l’appui, l’Institut des Libertés nous démontre l’inanité complète et l’absurdité intrinsèque de la monnaie unique. Parmi, ces chiffres et tableaux un seul résume tous les autres : ceux de la croissance.


mardi 3 juin 2014

Quand les libéraux dénoncent l’euro


En 2000, Charles Gave, actuel président de l’Institut des Libertés, disait : « L’euro amènera trop de maisons en Espagne, trop de fonctionnaires en France et trop d’usines en Allemagne ». On peut reconnaître qu’il a vu juste pour le 1er et le 3ème point. Avant les élections européennes, son cercle de pensée a publié un dossier intéressant sur l’euro.
 

 

Un Frankenstein monétaire

Bien sûr, l’Institut des Libertés est un cercle de pensée très libéral, avec toutes les limites que cela implique, mais il faut reconnaître que la critique la plus articulée de la monnaie unique européenne est assez souvent venue de ce camp, même si d’autres ont apporté des contributions fortes depuis, notamment Jacques Sapir. On peut rappeler ici le rôle joué par Maurice Allais dans les débats de 1992 ou encore ceux de Gérard Lafay, Philippe Villin, Alain Cotta ou Jean-Jacques Rosa, ces deux derniers ayant publié de bons livres sur l’euro ces dernières années. On peut également évoquer l’opposition de Milton Friedmann, rappelée dans le livre « Casser l’euro pour sauver l’Europe ». La contribution de l’Institut des Libertés est une pièce de plus à l’édifice d’intérêt général du démontage de ce monstre monétaire qu’est la monnaie unique européenne.

Naturellement, l’argumentation de l’Institut des Libertés a des limites, un biais néolibéral marqué. C’est ainsi qu’il fait de l’Allemagne un modèle avec ses réformes Harz. On aimerait que Charles Gave note que la compression des salaires est une voie sans issue si elle était pratiquée à l’échelle du continent ou qu’il rappelle l’appauvrissement important des classes populaires depuis 10 ans en Allemagne, qui fait que le taux de pauvreté y a augmenté plus vite qu’en France, au point de nous dépasser sur ce sinistre indicateur. De même, il vante les programmes de baisse des dépenses publiques sans noter suffisamment l’effet que cela a sur l’ensemble de l’économie. Enfin, vanter la baisse du poids de l’Etat au Canada depuis les années 1990 sans même rappeler le rôle majeur des exportations de matières premières dans la croissance du pays est un travestissement de la réalité.

L’euro : boulet monétaire