Les
révélations sur les pratiques d’HSBC, qui
aurait détourné pas moins de 180 milliards d’euros du fisc ont de nouveau
démontré à quel point une partie des élites échappe aux impôts malgré la forte
baisse des taux marginaux depuis plusieurs décennies. Mais dans ce débat, les
termes sont souvent mal choisis.
Une
guerre des mots mal engagée
Il est tout
de même frappant que
même Hervé Falciani, à l’origine de ces révélations, persiste à employer le
terme « paradis fiscal ». Pourtant, comme
Eric Hazan l’a si bien démontré dans son livre « LQR », le choix des
mots n’est pas neutre dans le débat public. Et ici particulièrement. Quand
on parle de « paradis fiscal », on sous-entend quelque part que les
autres endroits pourraient être des enfers. Ce faisant, le choix de ce mot
déforme le débat, en incriminant les Etats qui ne seraient pas des paradis et
en présentant les voyoux fiscaux sous le jour flatteur de
« paradis ». Voilà pourquoi, depuis
des années, je me bats pour les appeler des « parasites fiscaux » et
non des « paradis fiscaux ».
Il en va de
même pour le terme d’évasion fiscale, qui pose les mêmes problèmes, de manière
à peine moins subtile. Le terme « évasion » est souvent utilisé pour
les prisonniers qui s’échappent d’une prison. Bien sûr, cela pourrait donner
une connotation négative pour ceux qui s’en rendent coupables. Mais les choses
sont plus compliquées que cela car si on s’en tient à ce raisonnement, cela
implique qu’ils seraient dans une prison, manière de dire que les personnes qui
fraudent leur fisc le feraient pour échapper à ce qui serait alors une
« prison fiscale ». Voilà
pourquoi, ici aussi, il convient de bannir ce terme de notre vocabulaire.
On peut lui préférer le terme de « désertion » et donc de
« déserteur ».
Des
causes et des conséquences
