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dimanche 1 mars 2015

J’Adore : quand Dior se renie



La dernière publicité pour le parfum J’Adore de Christian Dior peut sembler être un détail insignifiant, même s’il s’agit d’un gros succès de cette industrie où la France brille. Mais le message porté par cette publicité est extrêmement paradoxal pour une marque française comme Christian Dior.

De Versailles à Dubai

Dans cette dernière publicité, on y voit Charlize Theron, mannequin et actrice sud-africaine, dans une galerie qui semble représenter Versailles, dire que « le passé peut être beau, une mémoire, un rêve, mais ce n’est pas l’endroit où vivre ». Puis elle grimpe vers le plafond à l’aide d’un drap doré et arrache son collier en disant « et maintenant, il est temps, la seule issue, c’est en haut ». Elle sort alors du décor versaillais par une espèce de trappe, pour arriver sur un toit offrant le spectacle d’une mégalopole sans âme ni identité, qui pourrait être une grande ville chinoise ou plus encore un Dubai doré. Elle poursuit « Ce n’est pas le paradis. C’est un nouveau monde. Le futur est en or. J’Adore. Dior ».

Bien sûr, le seul but de cette publicité est de vendre des parfums. Et on peut penser que la clientèle des nouvelles mégalopoles mondialisées pourrait apprécier que Dior offre leur cadre de vie comme l’horizon indépassable de notre avenir, qui vaudrait plus que la nostalgie de notre passé. Mais le message passé par cette publicité pose doublement problème. D’abord, si Dior est ce qu’est Dior aujourd’hui, c’est justement parce que cette marque a un passé, ancré dans un pays qui a une personnalité, distincte de celle des autres pays, à mille lieues de cette vision d’un futur insipide et sans âme. Il est paradoxal de renier une part si importante de ce qui a fait et fait encore en partie le succès de Dior aujourd’hui.

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