Il
y a 75 ans, le
plus grand homme de l’histoire de France faisait un geste fondateur, emmenant
la France à Londres, pour continuer le combat contre le nazisme. Il y a
quelques jours, Jean-Pierre
Chevènement a pris une décision dans sa lignée, en quittant le MRC dont il
était pourtant la figure tutélaire.
Des convictions et de savoir dire non
La
décision de Jean-Pierre Chevènement est cohérente avec le parcours de celui
qui est un des plus grands hommes de la Cinquième République. Il a toujours été
un homme qui a su dire non quand l’essentiel était en jeu, quittant par trois
fois les ors de la République, portant,
avec Philippe Séguin et Philippe de Villiers le non au traité de Maastricht en
1992, puis
l’opposition au TCE en 2005, et portant ses propres couleurs en 2002 à l’election
présidentielle. Depuis, comme
il me l’avait dit aux universités de rentrée du MRC en 2010, sa stratégie
consistait à être dans le cockpit de l’avion quand il aurait des difficultés. C’est
pour cela qu’il avait soutenu Ségolène Royal en 2007 et François
Hollande en 2012.
Mais
il faut bien constater aujourd’hui que cette
stratégie n’a pas marché. S’il
avait trouvé une oreille ouverte à ses idées en 2007, le président actuel
n’a que faire des idées que Jean-Pierre Chevènement porte depuis des décennies.
Déjà
que la campagne présidentielle en était bien éloignée, le cap eurolibéral
assumé de plus en plus clairement, notamment
avec le pacte de compétitivité et la loi Macron, la
réforme du collège, ou même la politique suivie avec la Grèce mettent la
majorité actuelle en porte-à-faux complet avec tout ce qu’a défendu le lion de
Belfort. Le parti qu’il a inspiré ne souhaitant pas se distancier davantage de
la majorité, il
a logiquement choisi de ce distancier de son enfant politique.
Esprit de résistance contre esprit de clan

