Le
patron du cabinet de conseil Roland Berger, Charles-Edouard Bouée, vient de
sortir un livre « Confucius et les
automates », qui revient sur les prévisions de son cabinet, selon
lequel 3 millions d’emplois seraient ménacés dans notre pays, alors
que plus de 5 millions de Français recherchent un travail !
Les
conséquences de l’automatisation
Dans
l’absolu, l’automatisation
peut avoir de grands bénéfices. Elle peut épargner aux hommes des emplois
durs. Elle permet aussi d’améliorer la productivité, et donc la richesse de la
société, qui peut être investie dans une meilleure protection sociale, par
exemple. Le patron de Roland Berger souligne qu’elle pourrait continuer à
progresser du fait de progrès techniques permettant aux automates de
communiquer entre eux, étendant leur champ d’action. Pour lui, « si
on ne croit qu’au capitalisme pur, et donc à l’efficacité absolue, l’usine doit
être sans ouvriers. Ce qui n’empêche pas d’avoir des êtres humains pour
superviser le tout. Mais cela représente beaucoup moins de monde, d’où la
disparition d’emplois ».
Il pense
même qu’il pourra y avoir des relocalisations. Mais il pose la question de « qu’est-ce
qu’on va faire avec sept milliards de personnes ? (…) Comment va
s’effectuer la redistribution ? Par l’impôt négatif (sorte de revenu de
base) ? Dans l’abondance, il
va bien falloir redistribuer la richesse. Il va falloir que les
ultra-riches acceptent cette redistribution, sinon on se dirige vers des troubles
sociaux majeurs » du fait de la disparition d’emplois et des
révolutions technologiques. Il pose la question intéressante du contrôle de
notre avenir, dominé par des grandes entreprises, mais où « ni
les gouvernements, ni les salariés, ni même les citoyens n’y ont trouvé leur
place » et de la détermination des règles du jeu et notamment du
chômage de masse. Faut-il démanteler Google, comme cela se dit en Allemagne ?
Les
dangers du laisser faire
