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vendredi 1 août 2014

Argentine : le choix juste et logique de ne pas payer les fonds vautours

Papier publié en avant-première sur le FigaroVox

Comme on pouvait s’y attendre depuis le jugement de la Cour Suprême des Etats-Unis en faveur du fond vautour NML Capital, l’Argentine a refusé d’obtempérer et de payer 1,5 milliards de dollars aux deux fonds vautours suite à l’échec des négociations avec eux.





Une situation complexe

Bien sûr, l’Argentine a une part de responsabilité. Après tout, les titres en question ont été émis à New York à l’époque et sont donc soumis à la législation étasunienne, ce qui explique en partie l’impasse dans laquelle se trouve le pays. Mais, même si cela n’est pas totalement faux, parler de « défaut » de l’Argentine est un peu réducteur, comme même Standards & Poors le suggère en ne parlant que de « défaut sélectif ». En effet, les fonds NML et Aurelius n’ont jamais prêté 1,5 milliards de dollars à l’Argentine, qui refuserait de payer aujourd’hui ce qu’elle leur devrait légitimement. Après le défaut de Buenos Aires sur sa dette en 2001, ces fonds ont racheté des créances du pays dont ils réclament aujourd’hui le paiement, en s’appuyant notamment sur le fait que certaines créances ont été émises aux Etats-Unis pour attirer les investisseurs de l’époque.

Personne ne semble savoir à quel prix les fonds vautours ont acheté ces créances. Ils pourraient parfaitement les avoir rachetées à 10 ou 20% de leur valeur nominale du fait du défaut de 2001 et vouloir maximiser le retour sur investissement en en obtenant 100% au lieu des 30% que l’Argentine a accordé à 97% de ses créanciers qui l’ont accepté quelques années après. Si leur attitude n’est pas illogique (après tout, le seul objectif d’un fond est de faire un maximum de profits), cela pose un problème de différenciation du traitement des créanciers, comme l’Argentine l’a plaidé, en vain, auprès de la Cour Suprême des Etats-Unis. En effet, si certains fonds parvenaient à obtenir 100% de la créance originelle, les autres créanciers ne pourraient-ils pas se retourner contre Buenos Aires et demander un traitement similaire, ce que le pays ne peut pas assumer ?

De la politique et de la justice