Hier, la
motion de censure déposée par l’opposition suite à la seconde utilisation de
l’article 49-3 par le gouvernement pour faire passer la loi Macron, n’a
logiquement pas abouti. L’occasion d’un combat dérisoire de postures au
lieu d’un véritable débat de fond sur le contenu de cette loi.
Je
communique donc je suis
Cette loi
est l’occasion d’une mascarade de débat. Voici
une majorité « de gauche », donc théoriquement moins encline au
laisser-faire et au laisser-passer, qui fait ce que la précédente majorité, de
droite, n’a pas osé faire, comme sur
le travail du dimanche. Des « socialistes », en nom seulement,
déconstruisent certains acquis sociaux historiques, comme le repos de fin de
semaine ! Mais la loi Macron n’est pas seulement une affaire de fond. C’est
aussi une manœuvre destinée à réduire l’espace politique des Républicains en
vue de 2017, en les poussant à une surenchère idéologique. Et
il est difficile de ne pas voir dans la théâtralisation de l’usage répété de
l’article 49-3 un moyen de combattre l’image un peu trop molle et pas assez
résolue du président de la République par rapport à son adversaire de 2012.
Mais le bal
des hypocrites est généralisé. Ce débat est aussi un
révélateur des priorités des frondeurs en carton du PS. S’ils étaient
véritablement choqués par ce projet, ils voteraient la motion de censure, comme
en 1962, quand la majorité d’alors s’était disloquée sur le projet d’élection
du président de la République au suffrage universel. Les
rebelles de papier du PS semblent préférer le confort de leurs investitures aux
idées qu’ils prétendent défendre. Mais les ex-UMP, néo-Républicains, ont
aussi un sacré culot de déposer une motion de censure sur un
texte qui prolonge dans une large mesure les réformes de Nicolas Sarkozy.
S’y opposer parce qu’il ne va pas assez loin, comme certains osent le dire, est
le comble du ridicule sachant qu’il va plus loin que ce qui avait été fait de
2007 à 2012.
Un
système à bout de souffle
