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jeudi 10 septembre 2015

Les quotas de migrants : une affaire de pouvoir, pas d’aide

On peut penser que la photo du petit Syrien mort a provoqué une prise de conscience bienvenue du besoin d’aider les réfugiés Syriens. Mais on peut aussi y voir le cynisme d’une organisation européenne davantage préoccupée en réalité par le fait de gagner du pouvoir plutôt qu’aider son prochain.



Le refus des vraies solutions

Après tout, il aurait été bien plus simple que les ministres européens réunis la semaine dernière donnent chacun un chiffre du nombre de réfugiés qu’ils pouvaient accueillir, que la somme soit faite et qu’ainsi, les pays européens puissent annoncer qu’ils assureront l’accueil des réfugiés qui en ont le plus besoin. Il n’y aurait pas eu besoin de ces débats byzantins dont est coutume cette folle organisation européenne. Il aurait été possible de faire rapide et efficace. Mais, non, plutôt que de simplement résoudre le problèmes, les institutions européennes semblent sauter sur l’occasion et surfer sur l’émotion afin de grignoter un nouveau pouvoir aux Etats membres, en leur imposant des quotas d’accueil de migrants annuels par pays, qu’ils devront respecter, sous peine d’une amende en cas de non respect !

Comment ne pas voir le profond cynisme de la manœuvre de Juncker ? A supposer qu’il soit motivé par les réfugiés, il valait mieux privilégier une solution facile à mettre en place. Sans abandon de la souveraineté, les Etats accueilleraient sans doute davantage de réfugiés. Là, ils doivent abandonner une fois pour toute la capacité de choisir, ou non, d’accueillir des migrants, pour un montant variable (en quelques jours, le quota global a pris 33%...) et une répartition faite par les cerveaux malades de cette commission qui avait conçu les trajectoires de retour de la Grèce à l’équilibre en 2010 et 2012, immédiatement infirmées par la réalité. Il n’y a nul besoin ici d’abandonner à jamais sa souveraineté pour coordonner l’aide aux Syriens. Mais l’UE sait que les crises sont toujours le moyen de pousser ses pions.

Un bureaucratisme totalitaire