On
peut penser que la photo du petit Syrien mort a provoqué une prise de
conscience bienvenue du besoin d’aider les réfugiés Syriens. Mais on peut
aussi y voir le cynisme d’une organisation européenne davantage préoccupée en
réalité par le fait de gagner du pouvoir plutôt qu’aider son prochain.
Le refus
des vraies solutions
Après tout, il
aurait été bien plus simple que les ministres européens réunis la semaine
dernière donnent chacun un chiffre du nombre de réfugiés qu’ils pouvaient
accueillir, que la somme soit faite et qu’ainsi, les pays européens
puissent annoncer qu’ils assureront l’accueil des réfugiés qui en ont le plus
besoin. Il n’y aurait pas eu besoin de ces débats byzantins dont est coutume
cette folle organisation européenne. Il aurait été possible de faire rapide et
efficace. Mais, non, plutôt que de simplement résoudre le problèmes, les
institutions européennes semblent sauter sur l’occasion et surfer sur l’émotion
afin de grignoter un nouveau pouvoir aux Etats membres, en leur imposant des
quotas d’accueil de migrants annuels par pays, qu’ils devront respecter, sous
peine d’une amende en cas de non respect !
Comment ne
pas voir le profond cynisme de la manœuvre de Juncker ? A supposer qu’il
soit motivé par les réfugiés, il valait mieux privilégier une solution facile à
mettre en place. Sans
abandon de la souveraineté, les Etats accueilleraient sans doute davantage de
réfugiés. Là, ils doivent abandonner une fois pour toute la capacité de
choisir, ou non, d’accueillir des migrants, pour un montant variable (en
quelques jours, le quota global a pris 33%...) et une répartition faite par
les cerveaux malades de cette commission qui avait conçu les trajectoires de
retour de la Grèce à l’équilibre en 2010 et 2012, immédiatement infirmées par
la réalité. Il
n’y a nul besoin ici d’abandonner à jamais sa souveraineté pour coordonner
l’aide aux Syriens. Mais l’UE sait que les crises sont toujours le moyen de
pousser ses pions.
Un
bureaucratisme totalitaire
