Affichage des articles dont le libellé est migrants. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est migrants. Afficher tous les articles

lundi 21 mars 2016

Ce que révèle l’effarant accord sur les migrants entre l’UE et la Turquie




Une pure logique de rapports de force

L’accord est le suivant : tous les migrants illégaux arrivés en Grèce seront renvoyés en Turquie, mais pour chaque Syrien reconduit, un Syrien réfugié en Turquie sera accueilli dans un pays de l’UE, dans la limite de 72 000 places. En contre-partie, Ankara devrait obtenir des aides supplémentaires après les 3 milliards d’euros promis par l’UE, les visas vers l’Europe seront libéralisés pour les citoyens Turcs et le processus d’adhésion du pays à l’UE sera accéléré. L’aide de la Turquie pour gérer les flux énormes de migrants n’est pas une aide négligeable. Renvoyer les migrants dans ce pays pourrait être un moyen de réduire les flux qui arrivent en Grèce (environ un million de personnes en 2015, 10% de la population du pays), que le pays, qui a été essoré par les plans européens, n’a pas les moyens de gérer.

Mais cet accord pose de nombreux problèmes. Il montre les failles de Schengen : sans frontières intérieures, les migrants ne dirigent en masse en Grèce puisque c’est une porte d’entrée à toute l’UE et au pays de leur choix, même si cela est moins vrai aujourd’hui avec le retour de certaines frontières intérieures. Ensuite, il est très compliqué, avec son mécanisme d’accueil automatique de Syriens, ce qui devrait imposer un mécanisme d’attribution kafkaïen par pays. Puis, ceci aura un coût pour des pays européens dont les poches ne sont pas pleines. La libéralisation de la circulation des 80 millions de Turcs dans l’UE n’est pas vraiment une idée particulièrement attrayante à l’heure du djihadisme globalisé. Enfin, il est effarant de négocier l’adhésion de la Turquie, qui n’a rien à faire dans l’UE.

Ce faisant, cet accord révèle que cette UE, outre le fait d’être un acide pour les démocraties des pays européens, en imposant des négociations globales kafkaïennes, fait régner la loi du plus fort. Et les plus forts ici, ce sont les Allemands et les Turcs, qui ont pu imposer leur solution aux autres pays européens. Angela Merkel reste la dirigeante de fait de cette tour de Babel européenne, malgré ses prises de position fluctuantes sur la question, et qui ont généré une grande partie des problèmes de l’an dernier, en créant un immense appel d’air qui a encore empiré la situation en Grèce. Et la Turquie a sauté sur l’occasion offerte par les dysfonctionnements de l’UE pour obtenir beaucoup de choses des pays européens. Il est probable que rien n’a été résolu, comme souvent avec cette Europe.


Encore une fois, ce sommet européen n’a rien résolu. Après des montagnes de sommets sur la crise des migrants, après ceux sur la crise de la zone euro, difficile de ne pas comprendre que l’UE est totalement dysfonctionnelle et que c’est cette Europe, qui, outre le fait de créer des problèmes, en empêche directement leur résolution. A quand le clap de fin ?

mercredi 16 mars 2016

Que penser du séisme électoral en Allemagne ?

Lundi matin : coup de tonnerre dans les rédactions parisiennes, avec le succès d’Alternative für Deutschland lors des élections régionales de dimanche. L’extrême-droite serait de retour outre-Rhin, avec 10 à 24% des voix dans trois Länder. Que penser du succès de ce parti ?



Opposition vaine la politique migratoire d’Angela Merkel ?

lundi 5 octobre 2015

Schengen, Volkswagen : l’Allemagne qui piétine les règles

Cela fait des années que Berlin exige de ses partenaires de suivre ses règles : Pacte de Stabilité, TSCG, accueil des migrants… Pourtant, en quelques jours, l’Allemagne a enfreint deux fois les règles collectives (sur Schengen et avec Volkswagen). Voilà qui en dit long sur les règles de notre époque.



Relativisme teuton sur les règles

Depuis sa réunification, l’Allemagne est assez dure avec les règles européennes. Pour sacrifier son mark, elle avait exigé le respect des critères de Maastricht, imposant une austérité destructrice à ses partenaires européens dans les années 1990, qui avait envoyé des millions de personnes au chômage. Pourtant, au début des années 2000, l’UE avait accepté d’ignorer le non respect par Berlin du Pacte de Stabilité qu’elle avait pourtant demandé de mettre en place quelques années auparavant. Aujourd’hui, on constate que  les pays européens, Allemagne en tête, imposent des quotas d’accueil de migrants aux pays d’Europe de l’Est récalcitrants alors que cela n’augmente que marginalement les quotas, et que Berlin a coup sur coup stimulé puis bloqué l’afflux des migrants, en refermant ses frontières.

Cette insistance de l’Allemagne à imposer à ces pays des quotas est révoltante car les oscillations de Berlin sur la question ont, sans nul doute, empiré les problèmes de la Grèce et des pays d’Europe de l’Est qui forment les frontières extérieures de Schengen. Pire, devant l’envolée des flux, Berlin referme ses frontières, sans respecter les règles européennes, comme le rappelle Eric Conan sur Marianne, et, sans vergogne, elle impose quelques jours après l’accueil de migrants aux pays récalcitrants, sans que ce coup de force ne soit justifié par la moindre raison, cela n’augmentant la capacité d’accueil que marginalement. Bref, dans l’UE, Berlin fait les règles et les impose, sans avoir à les respecter elle-même. Et quelques jours plus tard, on apprend la tricherie massive de Volkswagen, fleuron du pays

La loi du plus fort, habillée en droit

mardi 29 septembre 2015

Nadine Morano, l’arme anti-Le Pen de Sarkozy ?




Dépasser le FN par la droite


Nadine Morano n’a pas fait dans la demi-mesure en évoquant la présence de terroristes parmi les migrants. Puis, elle a affirmé que la France est un « pays de race blanche », « un pays judéo-chrétien » et qu’elle n’a « pas envie que la France devienne musulmane ». Devant la réaction des autres intervenants, elle est restée droite dans ses bottes : « je suis désolée, c’est un mot (race) qui est dans le dictionnaire, je ne vois pas en quoi il est choquant ». Ce faisant, la députée européenne est profondément démagogique en parlant d’envahissement, et flirte avec la xénophobie en parlant de race blanche, oubliant une partie du pays. Bien sûr, ses propos ont déclenché la polémique, mais il n’est pas intéressant de se demander ce que cela aurait été s’ils avaient été tenus par Marine Le Pen et non elle.

La présidentielle dans le viseur

jeudi 24 septembre 2015

Migrants : le problème, c’est l’Europe




Des méchants et des gentils

Depuis quelques semaines, nous avons droit à une critique de tous les Etats européens : la France, pour son inaction, l’Allemagne, pour son revirement spectaculaire, après avoir été portée au pinacle, les peuples, en général, pour leur égoïsme et leur manque d’ouverture, la Hongrie en particulier, parce qu’elle a le culot de mettre des barbelés à ses frontières, qui sont aussi celles de l’espace Schengen, et plus généralement, les pays d’Europe de l’Est qui refusaient les quotas obligatoires d’accueil de migrants. Le Monde fait d’Orban un « mauvais génie » et voit dans la Hongrie un « verrou de l’Europe ». La Grèce est critiquée pour ne pas tenir ses frontières, ou son mauvais accueil, après avoir vu ses budgets coupés à la hache par l’UE ! Enfin, la Commission a épinglé 19 pays pour non-respect du droit d’asile.

L’UE veut se présenter comme le gentil qui souhaite accueillir les réfugiés martyrisés par les jihadistes en Syrie, dont l’Europe aurait besoin du fait de sa démographie. Mais ceci n’est qu’une propagande destinée à habiller une quête de pouvoir. L’UE est la source de nos problèmes. D’abord, il est fou d’avoir une politique migratoire unique pour des pays aux situations démographiques et économiques aussi différentes. Ensuite, il faudrait admettre que la majorité ne sont pas des réfugiés, mais bien des migrants économiques, comme le montrent les statistiques de Frontex. Ensuite, il est bien évident que l’espace Schengen, en supprimant les frontières intérieures, créé une pression disproportionnée sur des pays qui ont du mal à la gérer (Grèce, Hongrie) et créé un formidable appel d’air avec la position de Berlin.

La solution, ce sont les Etats

mercredi 16 septembre 2015

Migrants : ce que dit la fermeture des frontières



Des règles et de leur relativité

Il y a quelques jours, on applaudissait la générosité de l’Allemagne, en oubliant sans doute un peu les intérêts bien compris d’un pays au faible taux de chômage, à la population déclinante, et qui peut trouver dans ces migrants une main d’œuvre bon marché pour soutenir sa compétitivité. Mais devant l’afflux des migrants, dépassant le cap des 10 000 sur une seule journée, Berlin a fini par rétablir des contrôles aux frontières pour juguler un flux devenu trop important. L’initiative allemande a été rapidement suivie par l’Autriche, puis d’autres pays d’Europe centrale. Pour l’instant, cela se passe encore dans le cadre des accords de Schengen, qui permettent une interruption temporaire. La Hongrie a annoncé qu’elle allait étendre sa clôture anti-migrant à la frontière de la Roumanie.

Mais ce faisant, la situation devient de plus en plus arbitraire. N’y-a-t-il pas un paradoxe à ce que Berlin s’exonère des règles de l’espace Schengen (même si cela n’enfreint pas les traités), tout en menaçant de sanctions financières ceux qui refuseraient d’accepter des quotas obligatoires de migrants ? Cette Europe consacre la loi du plus fort, qui ose même s’affranchir des règles tout en ne cessant de vouloir en imposer à ses partenaires (que ce soit l’austérité, avec les « plans d’aide » ou le TSCG, et les quotas obligatoires de migrants). Cela est d’autant plus choquant que l’Allemagne avait été la première à ne pas respecter le pacte de stabilité de l’euro qu’elle avait pourtant demandé de mettre en place après Maastricht. Bref, en Europe, les règles allemandes s’appliquent surtout à ses partenaires.

Egoïsme ou simple réalisme ?

dimanche 13 septembre 2015

L'impossible débat sur les migrants et les réfugiés




Les migrants ne sont pas tous des réfugiés

Les subtilités sémantiques ne sont peut-être pas très claires. On parle de sans-papiers, de clandestins, de migrants, de réfugiés… Leurs défenseurs préfèrent le premier terme, quand les deux suivants rappellent que ce sont eux qui se sont mis dans cette position, alors que le terme de « réfugiés » est appliqué à ceux qui sont contraints de quitter leur pays, du fait de guerres ou de persécutions, comme l’avait noté Joseph Macé-Scaron. Mais aujourd’hui, la distinction n’est pas toujours clairement établie. Selon les Nations Unies, depuis plus de quatre ans, ce sont 348 540 Syriens qui ont déposé une demande d’asile en Europe, moins de 10% de l’ensemble des Syriens qui ont quitté leur pays depuis 2012, la grande majorité résidant en Turquie (50% environ), au Liban, en Jordanie, en Irak ou en Egypte.

Mais du coup, ces statistiques nous révèlent que l’afflux des migrants en Europe est loin de se limiter aux réfugiés Syriens, qui ne représentent qu’une part, certes non négligeable, mais même pas majoritaire, de toutes les personnes qui rentrent illégalement dans notre continent. The Economist a repris les statistiques de Frontex, qui a recensé les 330 000 migrants illégaux qui sont arrivés en Europe. Un petit tiers seulement, soit environ 100 000, viennent de Syrie. En clair, quand l’Europe ouvre ses portes, elle n’accueille pas que des réfugiés, mais bien davantage des migrants économiques, ce qui peut éventuellement se comprendre en Allemagne, plus difficilement dans les pays où le chômage est élevé. Plus de 60 000 Afghans sont venus et on compte de nombreuses autres nationalités (Kosovo, Erythrée).

Gros oublis et Intérêts bien compris

jeudi 10 septembre 2015

Les quotas de migrants : une affaire de pouvoir, pas d’aide

On peut penser que la photo du petit Syrien mort a provoqué une prise de conscience bienvenue du besoin d’aider les réfugiés Syriens. Mais on peut aussi y voir le cynisme d’une organisation européenne davantage préoccupée en réalité par le fait de gagner du pouvoir plutôt qu’aider son prochain.



Le refus des vraies solutions

Après tout, il aurait été bien plus simple que les ministres européens réunis la semaine dernière donnent chacun un chiffre du nombre de réfugiés qu’ils pouvaient accueillir, que la somme soit faite et qu’ainsi, les pays européens puissent annoncer qu’ils assureront l’accueil des réfugiés qui en ont le plus besoin. Il n’y aurait pas eu besoin de ces débats byzantins dont est coutume cette folle organisation européenne. Il aurait été possible de faire rapide et efficace. Mais, non, plutôt que de simplement résoudre le problèmes, les institutions européennes semblent sauter sur l’occasion et surfer sur l’émotion afin de grignoter un nouveau pouvoir aux Etats membres, en leur imposant des quotas d’accueil de migrants annuels par pays, qu’ils devront respecter, sous peine d’une amende en cas de non respect !

Comment ne pas voir le profond cynisme de la manœuvre de Juncker ? A supposer qu’il soit motivé par les réfugiés, il valait mieux privilégier une solution facile à mettre en place. Sans abandon de la souveraineté, les Etats accueilleraient sans doute davantage de réfugiés. Là, ils doivent abandonner une fois pour toute la capacité de choisir, ou non, d’accueillir des migrants, pour un montant variable (en quelques jours, le quota global a pris 33%...) et une répartition faite par les cerveaux malades de cette commission qui avait conçu les trajectoires de retour de la Grèce à l’équilibre en 2010 et 2012, immédiatement infirmées par la réalité. Il n’y a nul besoin ici d’abandonner à jamais sa souveraineté pour coordonner l’aide aux Syriens. Mais l’UE sait que les crises sont toujours le moyen de pousser ses pions.

Un bureaucratisme totalitaire

mercredi 9 septembre 2015

De l’injonction d’accueil des migrants et des classes populaires




Du devoir d’accueil des réfugiés

Dans l’immense majorité des médias, la question est entendue, et le traitement de l’information est sans la moindre nuance. On peut le comprendre, humainement. Après tout, il s’agit d’une expression de solidarité humaine bien compréhensible pour qui voit la photo du petit Syrien de trois ans mort sur une plage. Si la machine à émotions tourne à plein, je crois qu’elle le fait de manière sincère, tripale, primaire en un sens. L’actualité charrie depuis des mois les horreurs commises par Daech et, dans le passé, les guerres ont provoqué des exodes où des réfugiés ont pu compter sur l’accueil d’autres pays. Dimanche, 66 artistes ont lancé un appel à « tendre la main aux réfugiés », les grands médias développant longuement les gestes de solidarité de citoyens français à l’égard des réfugiés.

Pourtant, les rassemblements de dimanche n’ont pas attiré grand monde. Parallèlement, se développe un discours de dénonciation de l’égoïsme et du repli. D’abord, ont été visés les Etats qui ne laissent pas les frontières grandes ouvertes (Laurent Fabius se permettant de critiquer la Hongrie pour poser des clôtures, comme si les frontières de Schengen ne devaient pas exister). Puis, ceux refusant les quotas obligatoires de la Commission (comme s’il était nécessaire de passer par Bruxelles pour fixer un chiffre). Se développe peu à peu une critique de ces classes populaires réticentes à l’accueil des migrants (même à droite, avec Jean-Paul Delevoye). En effet, les sondages semblent indiquer clairement que le degré d’acceptation de l’accueil de ses populations croît avec la condition sociale.

Un deux poids deux mesures

samedi 5 septembre 2015

L’idée effarante de quotas de migrants




Mais pourquoi a-t-on besoin de quotas ?

Bien sûr, tous ceux qui oseront critiquer cette idée devront sans doute subir un procès en inhumanité, pour ne pas dire autre chose. Malgré tout, quand on parvient à dépasser l’émotion, cette idée devient effarante. D’abord, quel est le besoin de ces deux chefs d’Etat de demander un quota de migrants obligatoires à l’UE ? Ne pourrait-il pas bien plus simplement dire qu’ils s’engagent à en recevoir un certain nombre, sans devoir passer par des quotas obligatoires ? N’aurait-il pas été plus simple que les chefs de l’Etat qui le souhaitent se réunissent, annoncent tous un chiffre, dont la somme totale aurait montré que l’Europe prend sa part à l’accueil des réfugiés ? Pourquoi donc les deux pays les plus importants ont besoin de passer par un quota fixé par l’UE, soit, en fait, en bonne partie par eux-mêmes ?

Bien sûr, on peut dire que c’est le moyen d’imposer à ceux qui ne le souhaitent pas d’accueillir des réfugiés, mais, dans le contexte actuel, on ne voit pas comment cela pourrait davantage les pousser à le faire. La seule chose que cela risque de produire, ce sont de nouvelles discussions sans fin et acrimonieuses, sur un sujet où cela n’est peut-être pas ce qu’il y a de mieux. Alors qu’il suffirait que les chefs d’Etat se réunissent aujourd’hui et donnent chacun un chiffre, ce qui serait un geste fort. L’idée même d’un quota obligatoire est révoltante car elle va dans le sens d’un monde dirigé par un droit qui dépasse les volontés démocratiques des peuples, comme l’avait bien analysé Jacques Sapir. Enfin, dans un espace Schengen sans frontières, n’est-il pas un peu illusoire de fixer des quotas par pays ?

Humanisme et démocratie

jeudi 3 septembre 2015

Les raisons des flux de migrants

La crise des migrants provoque un déluge de bons sentiments, qui en vient même à toucher l’UMP. Mais on oublie un peu trop souvent de se demander quelles sont les, nombreuses, raisons de ces flux avant de se poser la question de ce qu’il faut en faire aujourd’hui.



Mondialisation, interventions militaires et Europe

Bien sûr, les immenses écarts de richesse entre pays jouent un rôle majeur dans l’attraction qu’exercent les pays dits développés pour les populations des pays pauvres. L’idée d’un salaire minimum à plus de mille euros par mois représente forcément un rêve attirant pour qui gagne un ou deux euros par jour. En outre, la révolution technologique des dernières années a sans doute contribué à davantage répandre l’information et à rendre ce rêve plus proche pour les populations des pays les plus pauvres. En outre, comme l’a démontré Joseph Stiglitz dans « La grande désillusion », nous avons soumis ces populations à l’horreur des marchés, des fluctuations dérégulées du cours des matières premières, qui peuvent ruiner en un instant les paysans d’Afrique et d’ailleurs. Pas étonnant que nos pays les attirent.

Mais il y a un facteur un peu trop oublié par les commentateurs : le rôle joué par les interventions militaires  des dernières années, qui ont profondément déstabilisé le Moyen Orient et l’Afrique. La Libye est aujourd’hui un pays clé pour les passeurs, conséquence d’une intervention dont on comprend aujourd’hui qu’elle était une erreur car elle a semé un chaos sans doute encore plus cruel pour les populations locales que ne l’était Khadafi. Et les interventions des Etats-Unis en Afghanistan ou en Irak ont créé un terreau plus que favorable au développement de l’état islamiste et ses terreurs, qui poussent les populations à fuir leur pays. Nos pays (et en premier lieu Washington) portent donc une part de responsabilité dans les désordes de ces parties du monde, qui expliquent en partie les flux de migrants actuels.

Mais les pays européens ont également une grande part de responsabilité, à travers ce projet funeste qu’est l’UE. D’abord, la mise en place de l’espace Schengen porte sans doute une grande part de responsabilité dans ces flux. En supprimant toutes les frontières intérieures, les pays européens ont supprimé des filtres qui permettaient de gérer les mouvements de personne. Les migrants savent aujourd’hui qu’ils n’ont qu’une frontière à passer et qu’après, ils peuvent se déplacer assez librement. Ce faisant, cela pousse les migrants à viser les points faibles de cette frontière commune, créant une pression insoutenable pour la Grèce ou la Hongrie, dont la réaction est légitime. Enfin, les discours sur les quotas ou sur les besoins d’immigration ne sont qu’un encouragement officile à la venue des migrants.

Que faire de ces flux de migrants ?

mercredi 2 septembre 2015

L’indécente critique de la Hongrie

Dimanche, le ministre des affaires étrangères Français, surfant sur l’émotion des morts de migrants, Laurent Fabius, a critiqué la Hongrie, qui « ne respecte pas les valeurs communes de l’Europe » pour avoir érigé une clôture à sa frontière avec la Serbie. Une critique profondément indécente.



Communication bien pensante à courte vue

Il est tout de même effarant qu’un ministre d’un pays l’UE critique un autre pays de l’UE pour simplement mettre une séparation à sa frontière, d’autant plus que ce pays est un des pays qui est une des frontières de l’espace Schengen. D’abord, on peut penser qu’un ministre Français n’a pas à se prononcer sur la façon dont un autre pays gère sa frontière. Que dirait-on si un ministre Hongrois critiquait l’organisation de notre frontière avec la Grande-Bretagne ou la Suisse ? En cela, le ministre Hongrois des affaires étrangères a eu bien raison de répliquer : « au lieu (de porter) des jugements choquants et infondés, on devrait plutôt se concentrer sur la recherche de solutions communes pour l’Europe ».


Peut-on encore débattre d’immigration ?

samedi 29 août 2015

Migrants : l’effarant angélisme d’un ex-ministre UMP

Bien sûr, la découverte des dizaines de corps dans un camion autrichien est révoltante. Sans doute par humanisme, certains prônent plus de générosité dans l’accueil des clandestins. Jean-Paul Delevoye y a joint sa voix de président du Conseil Economique Social et Environnemental.



Ouvrez, ouvrez la porte aux migrants !

Le discours de Jean-Paul Delevoye était proprement stupéfiant. La secrétaire nationale d’Europe Ecologie Les Verts n’auraient pas parlé différemment, au point que Daniel Cohn-Bendit s’est dit fan de lui juste après. Etonnant tout de même de la part d’un ancien ministre UMP, dont Chirac avait poussé la candidature à la présidence du RPR en 1999. Alors que le gouvernement actuel tient un discours moins angélique, refusant les quotas de la commission européenne, Delevoye réalise l’exploit de dépasser la gauche par sa gauche sur cette question des migrants ! Nous avons eu droit à tout le discours internationaliste culpabilisant que l’on trouve dans la bouche de la gauche de la gauche, et que Jean-Claude Michéa dénonce en notant que le clandestin a en fait remplacé l’ouvrier comme figure tutélaire ultime.

Jean-Paul Delevoye a dénoncé « les peuples (qui) se crispent sur le rejet de l’autre (…) l’égoïsme national, le racisme ». Il a dénoncé la charité déclinante des Français, dont 64% se disaient favorables à accueillir les réfugiés du Kosovo en 1999, 54% les chrétiens d’Irak en 2014 et 32% en 2015, et la construction des murs aux Etats-Unis, en Hongrie ou Israël. Et les Etats étant impuissants face à la libre-circulation des capitaux, des marchandises ou des hommes, il appelle à un meilleur logement des clandestins, soutient que « nous sommes tous responsables les uns des autres », que le Liban a accepté d’accueillir l’équivalent de 30% de sa population en réfugiés et « parce que les Etats ne maitrisent plus leurs frontières, il faut donc gérer les flux ». Veut-il donc accueillir 20 millions de clandestins en France ?

Plus d’ouverture, c’est plus de morts