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lundi 5 octobre 2015

Schengen, Volkswagen : l’Allemagne qui piétine les règles

Cela fait des années que Berlin exige de ses partenaires de suivre ses règles : Pacte de Stabilité, TSCG, accueil des migrants… Pourtant, en quelques jours, l’Allemagne a enfreint deux fois les règles collectives (sur Schengen et avec Volkswagen). Voilà qui en dit long sur les règles de notre époque.



Relativisme teuton sur les règles

Depuis sa réunification, l’Allemagne est assez dure avec les règles européennes. Pour sacrifier son mark, elle avait exigé le respect des critères de Maastricht, imposant une austérité destructrice à ses partenaires européens dans les années 1990, qui avait envoyé des millions de personnes au chômage. Pourtant, au début des années 2000, l’UE avait accepté d’ignorer le non respect par Berlin du Pacte de Stabilité qu’elle avait pourtant demandé de mettre en place quelques années auparavant. Aujourd’hui, on constate que  les pays européens, Allemagne en tête, imposent des quotas d’accueil de migrants aux pays d’Europe de l’Est récalcitrants alors que cela n’augmente que marginalement les quotas, et que Berlin a coup sur coup stimulé puis bloqué l’afflux des migrants, en refermant ses frontières.

Cette insistance de l’Allemagne à imposer à ces pays des quotas est révoltante car les oscillations de Berlin sur la question ont, sans nul doute, empiré les problèmes de la Grèce et des pays d’Europe de l’Est qui forment les frontières extérieures de Schengen. Pire, devant l’envolée des flux, Berlin referme ses frontières, sans respecter les règles européennes, comme le rappelle Eric Conan sur Marianne, et, sans vergogne, elle impose quelques jours après l’accueil de migrants aux pays récalcitrants, sans que ce coup de force ne soit justifié par la moindre raison, cela n’augmentant la capacité d’accueil que marginalement. Bref, dans l’UE, Berlin fait les règles et les impose, sans avoir à les respecter elle-même. Et quelques jours plus tard, on apprend la tricherie massive de Volkswagen, fleuron du pays

La loi du plus fort, habillée en droit

vendredi 25 septembre 2015

L’affaire Volkswagen, concentré de notre époque

L’immense scandale généré par la révélation du trucage des tests anti-pollution par le constructeur allemand n’est pas seulement un fait divers exceptionnel. On peut également y voir une forme de synthèse de bien des dysfonctionnements de nos sociétés actuelles.



La triche, taille XXL

L’affaire est incroyable. Aujourd’hui, le groupe allemand, propriétaire d’une pléiade de marques (Audi, Seat, Skoda, Porsche, Bentley, Lamborghini ou Bugatti), a admis avoir mis en place un logiciel sur les moteurs diesel équipant environ 11 millions de ses voitures dans le monde pour contourner les tests antipollution. Il est fort possible que cette tricherie aille bien au-delà des Etats-Unis, même si c’est là que le pot aux roses a été découvert puisque ces moteurs sont d’abord vendus en Europe. D’ailleurs, le ministre des transports d’outre-Rhin a admis avoir été « informé qu’en Europe également des véhicules équipés de moteurs diesel de 1,6 et 2,0 litres sont touchés par les manipulations dont on parle ». Plusieurs enquêtes ont rapidement été lancées, en Allemagne, en France et au Mexique.



Les conséquences pour le constructeur sont désastreuses. Le groupe risque une amende de plus de 10 milliards de dollars aux Etats-Unis. En outre, cela ne prend pas en compte tous les risques légaux dans un pays qui a la poursuite facile et où les clients pourraient bien porter plainte contre le constructeur afin de monnayer ces fausses promesses. Encore pire, ce scandale pourrait teinter l’excellente image du groupe et de ses marques, facteur clé de leurs succès. Ici, les dégâts sont incalculables. La bourse a réagi vivement, avec un recul du titre de 35% en 2 jours. Son patron a été contraint de démissionner, même s’il faut noter qu’il touchera une retraite de 28,5 millions d’euros et qu’il pourrait doubler ce montant dans le cadre d’un départ négocié, le double de sa rémunération de 2014.

Le voyou qui en vaut 1000 ?